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Les Ailles de Cefar ombrager nos Autels.
Tout révère à genoux votre auguftc ouiflànce.
Mais des Miniftres Saints craignez la violence,
Un orgueil dangereux failît les plus abjects.

HERODE.

Mon afpecr va lui fèul aflïïrer mes projets.
Quoiqu'un zélé indifcret olè encor entreprendre,
Rendons tous les honneurs que j'ai promis de rendre.
Suis moi. Viens, & Cachons de quel œil aujourd'hui „
Uîaël ya me voir entre Cefar & lui.

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ACTE IV

SCENE I.

SALOME, THARFS.
T H ARE'S.

VOtre prudence eft grande , & dans cette efl-
treprife
Oiii, Madame, je vois que tout vous favorife.
L'honneur de préiïder à ces libations
Semble fonder encor mes accusations;
Puifqu'en un tel deflein , la Reine en apparence
N'eût pu charger que moi de cette préférence.
Mais fur le point d'agir , malgré moi retenu ,
Je fèns un mouvement qui m'étoit inconnu.
Le crime m'épouvante en fc montrant fi proche.

SALOME.

Donnez moins de croiance à ce fècret reproche,'
Tharès, un vain remords lui-même fe détruit;
La vertu n'eft fouvent qu'un nom qui nous feduit.
Lui facrifiez-vous Pefpoir qui vous anirrie?
L'éclat des grands projets en dérobe le crime.
Songez-vous quels fermens engagent votre foi?
Quels puifians intérêts vous attachent à moi?
Que même en reculant votre chiite eft certaine î

THARE'S.
C'eft en trompant le Roi qu'il faut perdre la Reine.

Du

Du feu de fbn amour Tes yeux toujours remplis
De mon cœur déguifé vont percer les replis.
Quelle ame à fes regards ne fèroit point ouverte l
Son redoutable aspect peut achever ma perte.
Mais à vous obéir me voilà réfolu.
De vos ordres fur moi l'Empire eft abfolu ,
Et fur de votre main je fers votre vengeance;
Mais;aidez-moi du moins, & que votre préfence..,

SALOME.
Oui, je vous fbûtiendrai dans un pareil effort j
Et préfente en effet pendant votre rapport,
Du projet jufqu'au bout conduifant le myftere',
Je fçaurai prudemment & parler, & me taire-
Allez, voir Mariamne, & furprenez, fa foi,
Qu'elle fe rende ici. Tel eft l'ordre du Roi.
Ce n'eft point nous flatter d'une efperance vainc.
H erode par mes foins inftruit, qu'avec la Reine
Vous avez eu tantôt un fecret entretien,
De tout notre projet ne doit foupçonner rien.

SCENE II.

SALOME.

MAis moi-même à mon tour quelmouvement me
prefle.»
D'où vient.. Ah ! fans vouloir l'imputer à foibleffc
Un grand cœur que conduit le crime ou la vertu
Au point d'exécuter eft toujours combattu.

SCENE III.

If Théâtre s'ouvre ,& far la porte du Temple qui n'efi féparée du Palais d'Herode que par un vCfiibule, en voit avec plusieurs drapeaux & trophées les Aigles Romaines , & dans l'enfoncement un AutA paré pour un- facrifice.

HERODE, SALOME, Suite du Roi ou s4Jfî(lans au Sacrifice.

HERODE à Salme.

AInfi donc tout eft prêt pour ce grand facrifice..
Du Pontife facré je prens far moi l'office;
Son refus m'offènçoit ; mais fës auguftes droits
Ne peuvent être mieux que dans les mains des Rois»
A l'honneur de Cefar rendons un jufte hommage ».
Et fi du Dieu vivant les Héros (ont l'image,
De la Divinité rapprocher leurs vertus,
Ce n'eft que révérer les dons qu'ils en ont eus.
Le Ciel.. . Mais quoi ! tout prêt à ceindre la Tiare
Je ne fçais quel efprit de mon ame s'empare.
Que cet effroi fècret & ce faififlement
Comme un augure heureux confacre ce moment»
Rende plus vive encor la fblendeur immortelle.

SALOME.
Qu'attendons-nous, Seigneur?
HERODE.

Mariamne vient-elle ï J Sur fon retardement ne puis-je être éclairci.

SALOME.
Tharès fêul vous en peut informer. Le voici,

SCENE IV.

HE RODE, S AL O ME, T HARE'S,

Affiftuns.

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THARE'S. A vos genoux j'apporte ici ma tête , Puniffez-moi, Seigneur, que rien ne veuî arrête.

HERODE. Que vois-je l O Ciel ! quoi donc? SA LOME.

Parlez; de quels remords?
T H A R E' S.
Ne craignez point de moi de criminels efforts.
Mais d'attenter fur vous dès qu'on me croit capable
Ce foupçon feul furfit , je fuis affez coupable.

HERODE.
Cefle de te répandre en des difeours fi vains.

THA RE'S,
Vous fçavez quelle Fête & quels honneurs divins,
On alloit célébrer pour un tribut trop jufte;
Que dans le cours pompeux d'un facnfice augufte
Ifraèl par votre ordre aux pieds de fes Autels
Devoit rendre à Ccfar des refpeds immortels.
Par une trahifon de plus loin préparée
On vouloit que chargé de la Coupe facrée ,
Et par-là déguifant un horrible attentat,
Ce fût ma propre main qui vous la préfentât
De fucs empoilonnés par moi-même remplie .
Vale çélefle & pur , mais tout enfemble impie;
Dont vos lèvres à peine auroient touché le bord

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