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AARON.

Ses drapeaux ont paru, Madame; le Grand-Prêtre
S'c difpofi: à venir recevoir (es (èrmens,
Et fera bien-t6t place à vos embraflemens.

JOCABEL.
Et comment, 6 mon Fils ! avec tant de miracles
Du Père d'Ifraé'l accorder les oracles?
Sur ce qu'il a prédit eft-ce donc à Memphis
Qu'il faut chercher la gloire annoncée a les Fils ,
Et que de nos Tribus aux travaux condamnées,
Se doivent accomplir les hautes deftinées i
Memphis, quoique nous offre un jour fi folem nel,
N'eft pour nous que le lieu d'un exil éternel.
Aux progrès d'Ofàrphis, Ciel! puis-je reconnoître
Ces auguftes deffeins pour qui tu l'as fait naître?
A ces honneurs promis , ouvrage de tes mains ,
Un triomphe profane ouvre-t'il les chemins?
Je fens à tant de gloire accroître mes allarmes;
J'arrofe malgré moi fes lauriers de mes larmes;
Et quel que foit Fefpoir dont vos vœux foient flattés,'
Je crains bien moins nos maux que les profperités.

AARON.

Quoi, Madame , aujourd'hui votre foi s'intimide
Dans ces mêmes (entiers où Ion zélé vous guide;
Et ne (entez-vous pas par quels enchaînemens
Dieu conduit à leur fin ces grands évenemens?
Les moyens qu'il employé ont des faces di verfes. <
Tout nous mené à (on but, la gloire & les traverses.
Hé, quoi! de (à promefle eli-il quelque garant
Plus fur que le deftin d'un jeune Conquérant
D'un Hébreu notre elpoir, notre unique défence?
L'Eternel à vos (bins confia (bn enfance.
Si depuis qu'en vos mains on remit ce tréfbr,
Le Ciel n'a pas voulu lui révéler encor

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A A R O N. N e portons point fi haut nos regards curieux.' Des décrets du Seigneur l'ordre échape à nos yeux. Dès que l'efprit humain ofè en demander compte; Qu'un orgueil inquiet jufques-là nous furmonte ,,, L'homme reçoit le prix de fon effort altier , Et forti du néant, y rentre tout entier.

JOCABEL rA vos confiais, mon Fils, c'eft à moi de me rendre. Mais du Peuple en ces lieux, quels cris fe font entendre?

AARON.
C'eft Ofârphis, bien-tôt difïipant votre ennui...;

JOC ABELàfarf.
Jufte Ciel! tout mon fang fe trouble devant lui.

SCENE V.

JOCABEL, OSARPHIS, AARON, IS E R 1 D E, fuite d'Ofarphis.

OSARPHIS après avoir fait Jîgne à aux
de fa fuite de Je retirer.

C'Eft vous, c'eft Jocabel ! Dans ma douleur a-
mere
Le Ciel plus doux pour moi me rend une autre mère.
Si Thermutis n'eft plus, du moins dans mes douleurs,
Qui lui ferma les yeux peut efluyer mes pleurs.

JOCABEL.
Dans ce cruel devoir que j'ai verfé de larmes!
Par vos vertus , Seigneur , j'ai conçu vos allarmes»
Je fçais en de tels coups tout ce que l'on rcffent,

Et ce qu'éprouve alors un cœur reconnoiflant.

OSARPHIS.
Sa mort m'a dérobé le fruit de ma victoire.
Le Ciel n'a pas voulu dans le cours de ma gloire
Que des Peuples vaincus, des Rois humiliés,
Je puifle dépofer la dépouille à (es pieds.
Mais je puis m'acquitter d'un refpeft légitime.
De la Reine pour vous je fçais la haute eftime ,'
Et rendre à vos vertus leur véritable prix,
C'eft honorer (à cendre & calmer mes elprits.

JOCABEL.
Ah ! Seigneur, les grandeurs que le Ciel vous dif-

penie^ Vos triomphas, Ces dons, voilà ma récompense. Et quel objet pour moi plus doux , plus glorieux Pourriez-vous en effet préfenter à mes yeux? S'il eft quelqu'autre vœu qu'au Ciel mon amc z

dreffe, Vivez, honorez-moi d'une égale tendreflë; Contente pour tout bien de rappeller le cours Des foins que m'a coûté le fàlut de vos jours ,' Laiflèz en liberté ma joye & mes allarmes, Etfouffrez mes confiais, & quelquefois mes larmes.

OSARPHIS. Ah! des tranfports fi chers,ces pleurs verfés pour moi, Vosconfeils , font autant de gages de ma toi. Je ne fcai.... mais les foins d'une amitié fi pure , Ufuruent dans mon cœur les droits de la nature; Et l'honneur qui m'attend ne fcauroit me flatter Qu'autant que ma tendreffc en peut mieux éclater.

. A A R O N. Dans ce nouveau degré de gloire & de puiflance Portez ailleurs, Seigneur, votre reconnoiflance. Parmi tant de hazards & de périls prclîans , Eh ! qu'auroicnt fait pour vous nos fecours impuif

fansj.

Ce n'eft point au combat vos troupes animée»,
Ni vos propres efForts,c'eft le Dieu des Armées,
le Souverain des Rois, le fèul être immortel,
C'eft le Dieu des Hébreux, celui de Jocabel,
A qui doit Ofarphis, fa gloire & fa défence:
,Vos conquêtes, Seigneur , annonçoient la puif-

fànce, Par lui les Nations ont péri fous vos coups: .Vous fèrviez les deflèins, il combattoit pour vous.

OSARPHIS. 'Aron, qu'olêz-YOus dire?

AARON.

Ah! fur ce grand myftére, Si Jocabel & moi nous avons fçu nous taire , Si jufqu'à "vous encor il ne s'eft point tranfinis; Sur nos lèvres, Seigneur, le doigt d'un Dieu fut mis; Et cette vérité dont votre ame s'étonne Pour fè faire écouter vous attendoit au trône. Et vous parlant du ton dont elle parle aux Rois , Va dans un fi beau jour reprendre tous fes droits.

OSARPHIS. t Du*culte d'Ilraël j'ai percé les myftéres. Je fçai de votre Dieu tout ce qu'ont dit vos Pères; Que dans les tems marqués dans fes décrets divers j Un feul mot de fa bouche enfanta l'Univers; Fit mouvoir à fbn gré là puiffance fècrette; Que la terre, dit-il, fe faffe , elle fut faite. Le jour perça la nuit. Adoré des humains, V Aftre qui luit fur nous fut un jeu de fes mains; Sa voix forma des cieux l'éternelle ftruéture, Etdufein du néant fit fortirla nature. Mais de pareils difcours demandent d'autres tems: Aron vous aura dit quels exploits éclatans, Déjà m'avoient fournis toute l'Etyopie , Sous quels débris là gloire étoit enfevelie. icba de tant d'efforts le redoutable ccueil,

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