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SCENE VI.

HARIAMNE, S O ES ME.

MARIAMNE. ". '.

x\ Infi ce nouvel ordre eft remis à SoèYme?

SOESME. Et je l'accepte auffi pour vous rendre à vous-même. Seul je vous ai perdue, & mon zélé indiferet N'a pu vous dérober un dangereux fecret. Source de tous vos maux , j'arme votre colère. Il falloit vous fervir mais je devois me taire. Vous voyez quels périls vont vous environner. Herode prévenu pourroit me foupçonner; Profitons des momens qu'à ma garde il vous laifTe ,"p Pour dérober vos jours au malheur qui vous preffe. J'olè encor concevoir cet elpoir glorieux. Mais fans perdre uninftant il faut quitter ces lieux; Finir en vous fauvant le cours de tant d'allarmes , Et fous un Ciel plus doux confier tant de charmes. Le Parthe du Tyran eft l'ennemi couvert, Il vous offre un azile à vos ayeux ouvert. Je puis de ce Palais ménager la fortie. De ce premier péril une fois garantie , A votre iureté par tout je puis pourvoir.

MARIAMNE. Obéiflez au Roi ; c'eft là votre devoir, Soèfme , & ne chargeant que moi de ma dpfFcnfc.

Bb

Abandonnez un foin dont ma vertu s'ofFenfe.
De fes maux Mariamne envifageant le cours
De fà feule innocence attend tous fes fécours.
Mais tournez vos efforts du côté d'Alexandre ,
Et s'il fe peut du moins....

SCENE VII.

MARIAMNE, SOESME, P H OE D I M E.

MARIAMNE.

IX H! que viens-tu m'apprendre? Parle, que fait mon Fils f je ne crains que pour lui.

P H OE D I M E. Tout un Peuple en fureur le prend fous fon appui , Refte de tant de Rois qu'en lui chacun contemple.

MARIAMNE. Hé que prétendent-ils î

P H OE D I M E.

Ils le mènent au Temple;
Et fans doute, Madame , aux pieds de l'Eternel
Vont fe lier entr'eux d'un ferment folemnel
Pour fauver de l'orage une tête fi chère ,
Venger l'honneur du Temple , & les pleurs d'une

Mère;
Et ces grands intérêts entre leurs mains remis
Vont rejetter l'effroi parmi vos ennemis.

SCENE VIII.

MARIAMNE, SALOME;

SOESME, PHOEDIME,

A L C I M E.

A L C IM3..

J 'Exécute à regret ce que l'on mé. commande;
Le Roi veut vous entendre & le Confeil vous mande.

MARIAMNE.

Hé bien j'y vais montrer la fille de vos RoTs,
L'héritière du Sceptre. Inftruite de mes droits
Dans quelque extrémité que le fort m'ait réduite ,'
Je fçais que je ne dois compte de .ma conduite
Qu'au grand Dieu d'Ifraèl, qui prêt à me venger
Seul du haut de fon Trône a droit de me iuger.
Je tiens de lui le mien, non de la tyrannie.
Mais parmi des foupcpns indignes de ma vie ,'
Je dois à ma famille, à tout l'Etat, à moi,
Le foin d'en garantir & ma gloire, & ma foi.

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ACTE V

SCENE PREMIERE.

MARIAMNE, ALCIME' MARIAMNE.

A

Quelle épreuve encor prétend-t-on me réduire?

ALCIME.

Madame , c'eft ici que je dois vous conduire, J'en ai reçu moi-même un ordre exprès du Roi. j'obéis. Tout le refte eft un fecret pour moi.

MARIAMNE. "A prolonger mes maux, quelle haine obftinée Sulpend encor la mort où l'on m'a condamnée? Pardonne-moi, Grand Dieu ! feul Juge fouverain; Si j'ai vu mon Arrêt avec une oeil ferain; Si je porte au tombeau l'orgueil de ma naiflance; Tu fçais que j'y defcends avec mon innocence; Que mes jours ont coulé dans les pleurs, les regrets. Je ne veux point percer tes auguftes fccrets; Mais le fangde Juda que l'injuftice opprime Va détendre du Trône , & faire place au crime.

SCENE II. Mariamne, Alexandre;

ALCIME.
ALEXANDRE. "...;

S2j N vain de votre mort on dreflê les apprêts.
Pour défendre vos jours nos amis (ont tout prêts;
Venez ; efperez tout de, leur vaillante efcorte.
Le Peuple du Palais vient d'affieger la porte,
Et de vos ennemis jufqu'ici triomphans
Je fçaurai réprimer....

MARIAMNE.

Non , je vous le défais. Profitez feulement, mon Fils, de ma difgrace. Songez à prévenir le coup qui vous menace. Il en eft déjà tems , le Roi trop inhumain •S'eft aux plus grands excès applani le chemin. Vous avez en ceslieux une fiere ennemie. Tous mes malheurs , mon Fils, les crimes de fa vie Lui font de votre perte une néceffité , Et par elle à fon gré l'orage eft excité. Que dis-je? ici mon ame à foi-même rendue, £orte dans l'avenir plus fûrement fa vue. Tous nos derniers momens font des momens facrés. Je vois auprès des miens meurtris & maflacrés, tt ma place, & la vôtre, ofez la reconnoître. s iWaut que le malheur du fang qui vous fit naîtra V ous coûte les horreurs qu'il entraîne après foi, .vivez digne de lui, mais mourrez comme moi»

Iîb ii]

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