페이지 이미지
PDF

Où des Rois mes ayeux s'alla brifer l'orgueil,
Seul efpoir de Tharbis s'eft rendue à mes armes,
Prémices d'une paix qui finit tant d'allannes.
Son hymen doit bien-tôt en ferrer les liens:
Je l'époufe, & le Ciel joint fes Etats aux miens;
IJJc arrive en ces lieux & dans vos mains remifc..;

JOCABEL.
Aux vœux d'Amenophis depuis long-tems promife ,
Au joug d'un autre hymen croit-on la difpofer!

OSARPHIS.
Sur la foi des traités on peut s'en repofer.
Dans votre appartement il eft tems de vous rendre.
Chargez.vous des honneurs qu'elle a droit de pré-
tendre.
Et moi fuivi d'Aron je vais dans cet inftant
Me préfenter aux yeux d'une Cour qui m'attend.
Heureux fi déplorant le trépas d'une mère
Je répands ma douleur dans les bras de Ton frerê!

JOCABEL.
Ah! craignez bien plutôt que fes prétentions
Ne replongent l'Egypte en fes diflentions;
Qu'appuyé de Phanés fon aveugle imprudence
N'écoute trop un fang pour l'indépendance.

OSARPHIS.
S'il croit avoir pour lui l'avantage des Loix,
L'Egypte en moi du moins voit le Fils de fes Rois:
C'eft peu que de leur Trône excitant mon audace ,
L'Ombre de Thermutis y marque encor ma place,
Fier du débris pompeux de cent murs abattus
Un grand cœur peut compter fes droits par fes ver-
tus.

En du premier Afie.

[graphic][merged small]

SCENE I.

THARBIS, ISMENE.

THARBIS.

C*E S T ici le Palais où je fus amenée ,
Où dans le doux efpoir d'un augufte hyme-
née,
D'une pompeufe Cour j'attachois tous les yeux.
Déjà l'Egypte entière en rendoit grâce aux Dieux J
Mais chère Ifmene, hélas ! la fortune contraire
M'enleva tout à coup cet efpoir & mon père;
Scn trépas imprévu changea tousies traités ,
Et les troubles derniers en furent excités.

ISMENE.
Dans ce même Palais, ainfi donc la fortune
Jette encore à vos pieds une foule importune?
Le Ciel vous y d'efline aux honneurs louverains \
Il vous unit au fort du plus grand des humains ,
Par vous cent Rois vaincus lortent de l'efclavage».
D'une éternelle Paix vous devenez le gage ,
Lorfcjuc de Thermutis en époufant le Fils . . .

THARBIS.
Tu ne mç parjes point encor d'Amenophis»
A l'offre de fa main crois-tu qife deftinée,~
Ondifpofé de moi quand je me fuis donnée;
Que bravant leur pouvoir tant de fois attefté ,
Je démente les Dieux qui me l'ont préfenté?
Mevoici dans Memphis : j'ignore encore Ifmene *
Ce qu'y prétend de moi le Deftin «qui m'ameac;
Mais du moins ne crois pas que mon cœur combattu]
Jufqu'à trahir ma gloire abaiffe ma vertu-
Quelques maux que fouvent un noble orgueil s'apr

prête,
On ne m'obtiendra point à titre de coniquête. . J
Je fçaurai m'affranchir d'un injufte pouvoir r
Et ne connoître ici de loi que mon devoir*
Ne crois pas toutefois qu'un aveugle caprice
Aux exploits d'Ofarphis fafle quelque injuftice;
Que mes reflèntimens régnent aflez. fur moi
Pour ne lui rendre pas tout ce que je 1m doi_.
Toi-même juge mieux dutrafportqui m'anime.
La haine en moi pour lui n'ôte rien àl'eftime.
Cette même fierté , pour te dire encor plus,
S'applaudit de fa gloire, & croît par fes vertus.

I S M E N E.
A l'hymen d'Ofarphis par le fort réfervée.
Songez que fur fes pas dans Memphis arrivée;
le Héros doit bien-tôt vous conduire à l'Autel.
Qu'attendez-vous ?du moins panez, chez. Jocabel.

THARBIS.
J'yconfens ; mais envain tout fléchit devant ell« ,
Ne croispas qu'en ces lieux foumife à fa tutelle >
J'aille lui déférer par delà mon devoir.

SCENE II.

THARBIS, OSARPHIS,
I S M E N E.

[ocr errors]

OSARPHIS.

1 N Peuple impatient brûle de vous revoir, Madame, & fon amour vous place au rang fuprêmcr Mais je ne veux devoir votre main qu'à vous-même. Ain/î que dans Seba , maitrefle dans Memphis, C'eft à vous d'ordonner du deftin d'Ofarphis.

THARBIS. De tels difcours, Seigneur, ont droit de me lurpren

dre. Par tout ce que je vois j'ai peine à les comprendre. Le fort qui fur vos jours jette un nouvel éclat, Ne me livre en ces lieux qu'en victime d'Etat. Du Fils de Thermutis je fçai quelle eft la gloire. Mais eût-il à fon char enchaîné la victoire , Cette gloire pour moi n'eft qu'un titre odieux S'il netaut confùiterni Tharbis, ni les Dieux.

OSARPHIS. Madame, à votre hymen le Ciel vient de Ibufcrire. C'eft lui feul qui vous ouvre un chemin à l'Empire , Et vous devez laifler aux vulgaires Amans Le foin de confulter ces fecrets fentimens, Ces penchans dont fbuvent le retour eft funefte. Le deftin nous unit : la vertu fait le refte.

THARBIS.

Et c'eft cette vertu qui dans les changemens
D'un cœur tel que le mien régie les mouvernens;
Qui dans le trille état où le Deftin me livre,

[ocr errors]
« 이전계속 »