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SCENE IV.

CSARPHISjPHANE'S, ASAPH,

ydjfifians de la Cérêmenie.

PHANFS.

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Igné Fils de nos Rois la mort Je Thermutis, & nos Loix fouveraines De fes vaftes Etats , te remettent les Rênes. Mais de la Royauté quand tu ceins le Bandeau , ^ Autant que là fplendeur connois-tu fbn fardeau î Ne crois pas qu'abufes du pouvoir qu'elle donne , Tous les cœurs à l'envi volent autour du Thrône, Ni que le Ciel au Sceptre attache un bien fi doux, C'eftfbuvent un prélent que nous fait fon courroux. A ce fùperbe joug mefure au moins tes forces. La Couronne n'a plus de puiflantes amorces, Pour qui de mille foins juftement combattu , Veut autant que lès droits confulter fà vertu. Je vais te revêtir de la grandeur fûpréme. Maître d'un Peuple entier, deviens-le detoi-mêmii Songe que l'équité doit régler tes confèils; Qu'entre ton peuple & toi les devoirs (ont pareils; Que le Ciel vous a fait dépendre l'un de l'autre. Ta puiflànce te lie , & ton droit eft le nôtre , Et cet ordre facré d'une immuable loi, Ne peut agir fur nous , s'il ne règne fur toi. Il doit te rendre tel que l'Egypte l'efpere. Tu n'en es point le Roi, fi tu n'en es le père , Et pour en reunir les titres glorieux , .Tiens à nous d'une main & de l'autre à nos Dieux.

Voilà le Livre faint, c'eft la Loi de l'Empire i
Où de ces mêmes Dieux la Majefté refpirc ,
Où leur efprit repofe & Ce plaît d'habiter ,
Jure-moi d'y foufcrirc & tle l'exécuter.

OSARPHIS.
Oui, par le Ciel auteur de nos deftins profpcres;
J'efpere d'obéir à la Loi de mes Pères:
Je liai que le premier je dois m'y conformer.

P H A N E'S.
Selon l'ufâge au Temple il faut le proclamer.
Mais pour le faire encor fous de plus faims auf'

. pices; Pour rendre à tes projets les Dieux toujours pro-;

pices, Daigne entendre nos cris ; un Hébreu dans ces murs i Enfant d'un Peuple vil, & d'efclaves obfcurs, Y doit de là valeur confacrer la mémoire, Et de (à Nation y rélever la gloire , Humilier l'Egypte, & par de grands exploits Maickr impunément fur la tête des Rois: Aveclui de fon Dieu, tel fut, dit-on, le paâe; Ordonne qu'on en fafle une recherche exacte , Que fes jours immolés diflîpent notre effroi. Voilà ce que ton peuple exige encor de toi. Par ce fanglant tribut viens confirmer ta gloire ,' ) Etfàtisfairc aux Dieux auteurs de ta victoire.

OSARPHIS. Je feai que fur la foi des Prêtres d'Ofîris ,' D'une vaine frayeur Pharaon fut furpris. Une fanglante loi par lui-même ordonnée," De tout Hébreu naiflant tranchoitla deftinée i Et tel, dont la pitié l'eut fouflrait à la mort, Sur lui, (ùr tous les fiens en détournoit le fort. Le Nil vit en courroux dans fès flots moins perfides i Les Pères & leurs Fils devenir homicides; Une Mère éperdue à ces objets nouveaux,

D'une tremblante main les plongertlans les eaut.
Un peuple tout entier cédoit à la difgrace.
Et c'étoit en effet en éteindre la race,
Si bien-tôt Pharaon rejettant lès terreurs,
N'eut lui-même arrêté le cours de tant d'horreurs.
Et qu'a fait Ifraël à fes fûperbes Maîtres .'
Ne le fouvient-on plus de l'un de fes ancêtres,
Que jadis parmi nous le fort avoit jette
Entre Hebron & Sichem jeune efclave acheté?
Que ne peut la vertu dans le cœur qu'elle infpire
Il approcha vos Rois, il gouverna l'Empire ,
D'une longue famine il détourna le cours.
Hé, quel fut pour les liens le prix de fes fècours!
On n'a point encor mis de bornes à leurs peines.
L'injufte autorité les accabla de chaînes ,
Elle aigrit leur mifere , à des tourmens nouveaux
Ajouta le mépris pire que les travaux.
Mais dans leurs maux toujours quelque efpoir Ce re-
trouve ,
Et tout femble fervir un Dieu qui les éprouve:
Sans que la main qui tient chacun d'eux abattu ,
Tente leur patience oulafle leur vertu.

PHANE'S.
Toi-même contre toi quelle pitié t'infpire?
Parmi ce peuple enfin ton ennemi refpire.
A l'ombre de ce Trône en fecret élevé ,
C'eft peut-être en ton fein que tu l'as confèrvé.

OSARPHIS.
Le Dieu du Ciel, ce Dieu qui marche fur les nues
Ouvre à tous lès confeils des routes inconnues.
Dès qu'il voudra fauver cet Hébreu du trépas,
Par quels efforts, comment l'arracher de fes bras t
Le Ciel d'ailleurs veut-il de pareils facrifices? _
Quoi, de mon règne ici , ceferoient les prémices:
Sur la foi d'un Oracle ardent à m'engager
Dans le lâng innocent je pourroisme plonger?

PHANE'S.
Efces Dieux dans leurs décrets refpefte la colère.
Garde-toi de vouloir en percer le myftére.
Songe, dans le pouvoir dont ils t'ont revêtu,
Que le criint les fert autant que la vertu.
OSARPHIS.

Ne fonde point ici la Sa.ge(Te éternelle,
Et d'accord avec toi, fi ce n'eft avec elle,'
Miniftres des Autels , c'eft à toi de feavoir
Qu'elle eft de tes pareils la gloire & le devoir.
Ce n'eft point lùr leurs pas que l'orage doit naître i
A l'efprit feul de paix ils Ce font reconnoître;
Un zèle toujours pur animant leurs projets,
Doane aux Rois des leçons & l'exemple aux Sujets.
De tes defieins, crois moi ; j'entrevois lemyllire,
Et quant à cet avis que tu crois fàlutaire,
Sans en faire l'objet d'un plus long entretien,
Je ferai mon devoir; fbnge à remplir le tien.

PHANE'S.
Ah '. je Içaurai du moins prévenir ta vengeance;

SCENE V.

AMENOPHIS; PHANE'S:

P H A N E'S.
Ui, P*ince, tout dépend de notre intelligen-i

0

ce;

Et fans doute Ofârphis prêt à nous foupçonner,
A quelque coup d'éclat peut fe déterminer.
Vous fcavezdequel oeil lui-même il envi fage
Cet avis de nos Dieux, ce terrible préfage....

AMENOPHIS. Je refpire, Phanés. Ton iile & tes fecours Sçauront de mes malheurs interrompre le cours.' Ah ! fans prendre pour loix fon rang ni fon audace Va de l'Oracle au peuple annoncer la menace. Le peuple en fon effroi ne connoit plus de frein: De riniufle Ofarphis peins-lui le cœur d'airain , Ofé-lui donner même une ame Ifraëlite. Et moi de mes amis j'affemblerai l'élite. Du moins je puis au nombre oppofer la vertu.' L'efpoir dans un grand cœur ne peut être abattu i "] Et ces extrémités dont tu me peins l'image > Avec elles toujours portent leur avantage. Non , qu'en aveugle ici je cherche à m'expolèr; Mais on peut tout ,Phanés,quand on peut tout ofêiv

PHANES. ïx fuccès ne dépend que de votre prudence....' Vous connoiflez la Cour, combien fà dépendance..";

AMENOPHIS.
De l'orgueil d'Ofarphis déjà la Gour Iç plaint.
Autant qu'elle l'admire, autant elle le craint.
Trop de gloire luipefe, & laflant fon hommage
D'un pouvoir tyrannique offre à fes yeux l'image.
Que fcais-je ? fous ce joug qu'elle porte à regrec
Peut-être mon malheur l'attendrit en îecret.
Tout doit favorifer le zélé qui le prefle.

PHANE'S.
Le Ciel vous aflura des vœux de la Princefle:
Moi-même ici pour vous j'en reçus les fermens:
On fçaitquel noble orgueil entre fes fentimens ,
Quelles hautes vertus Tharbis eut en partage ,
Elle eft chez Jocabel , fans tarder davantage ,'
Seigneur, il faut le voir.

AMENOPHIS.

Ofèrois-je penfèr >

Qu'entre le Trône &moi fon cœur pût balancer?

PHANE'S,

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