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PHANE'S. N'en Joutez point, fidèle à fa première flame .. » Mais la voici, Seigneur, je vous laiûe.

SCENE VI.

THARBIS, AMENOPHlSv

AMENOPHIS.

Ah! Madame, Quel que (bit le traité qui voua offre en ces lieux, Je ne puis vous y voir fans rendre grâce aux Dieux. Mes pleurs, mon défefpoir , mes regrets, mes aL

larmcs Dans ce moment tout cède au pouvoir de vos char-'

mes: î'enoppofe l'aipecl au deftin irrité. Mais, hélas ! Jocabel a-t-elle mérité D'être de vos projetsTeule dépolîtaire? Cet hymen que rompit la mort de votre Père y Ne vous a-t-il de moi laiilé nul fouvenir? De mes propres malheurs venez-vous me punir? l'excès de mon bonheur excita feull'orage. Mes cruels ennemis en prirent trop d'ombrage: Au bruit de cet hymen, on les vit éperdus, Ils craignirent vos droits dans les miens confondus 3; Ah! de quels déplaifirs j'ai fenti les atteintes! Ce Palais doit encor retentir de mes plaintes. Aux Autels de nos Dieux mescris furent portés ï] \ J'implorai leur juftice.& l'honneur dès traités; J'ofai femer le trouble & crus dans ma difgrace Pouvoir de mes amis intérefler l'audace. Mais je fus jufques-là perfecuté du fort,

Oii'on ne me permit point d'aller chercher la mort," Ni de remettre un cœur dans les bras de la gloire Plein de mon defefpoir & de votre mémoire.

THARBIS. Prince, raflurez-vous. Je n'ai point oublié Par quels lermens mon cœur au vôtre étoit lié. Les Dieux dans mon malheur foutiennent mon courage , Et pour les conjurer d'achever leur ouvrage, De joindre nos deftins par des nœuds immortels , Tharbis alloit au Temple embrafïèr leurs Autels.' Je n'aurai point en vain imploré leur puiflance; Ils m'ont déjà rendu le prix de ma confiance. Je vous revois-, Seigneur, & moi-même je puis Expofer devant vous ma name & mes ennuis. L'un de l'autre écartés , combien dans mes allarmoe Vos defleins, vos périls m'ont arraché de larmes! Si c'eft par les tourmens que fê maintient la foi, Nos devoirs font remplis. Contre vous , contre moi J'ai vu par desfùccès qu'à peine on pourroit croire, S'élever l'injuftice & même la victoire. J'ai vu l'Ethyopie & fès Rois réunis , Enclaves en lecret du Fils de Thermutis, Et toujours à fon gré terminant leur querelle, N'en aïfùrer pour moi qu'une paix plus cruelle; On m'en fait la vidime; un pouvoir fouverain Comme de mes Etats difpofe de ma main. Par mon Père , Seigneur, elle vous fut promife. D'un Héros tel que lui la gloire en moi tranfraifê, Rendant d'un fang fi cher les nœuds encor plus

faims, Comme aux Arrêts des Dieux m'attache à fès def

feins: Que le fuccès en fbit favorable ou funefte, Je les fuivrai, Seigneur, & Yous charge du refte.

AMENOPHIS. Ah ! vos moindres défirs font des ordres (acres, Madame, & c'eft aflez qu'ils me foient déclarés. Ils m'ouvrent vers la gloire une route éclatante. Commandez, & je vais répondre à votre attente. Ou par un beau trépas terminant mes malheurs, Au prix de tout mon fang juftifier vos pleurs. Mais , que dis-je, à travers tant d'injuftes querelles ,' Au fang d»Sefoftris des coeurs encor fidèles , Sçauront, n'en doutez, point, féconder votre foi. Mes droits vous font connus, & Phanés eft pour

moi. Miniftre de nos Dieux, il approuve ma flâme. Vous vous rendez au Temple, il y fera, Madame, Et le peuple appelle doit l'y fuivre à grands flots. Non, que Phanés fe prête à d'injufles complots. Un plus noble motif le conduit & Pinfpire. Il s'agit du falut des Dieux & de l'Empire, De ce grand jour enfin quels que foient les apprêts..;

THARBIS. Ecoutez-moi, Seigneur, vous agirez après. Vous fuivrez les tranfports de cette illuftre haine. Dans les murs de Memphis le deftin me ramené, Tffiùs, tous vos malheurs, l'état où je vous voi Sont ks titres facrés, les garants de ma foi. La piété, l'amour, mon devoir & ma gloire, Tout parle icipourvous, & vous devez m'en croire. Mais de mon fort auflî, l'afcendant inhumain En vous donnant mon cœur lulpend encor ma main. H eft vrai que Tharbis, quoi que la paix ordonne , Ne pouvant être à vous ne doit être à perfbnne. Mais il vous faut régner, & le Trône eft l'Autel Où je puis confirmer cet amour immortel, Autorifezla foi que je vous ai donnée , l'Amour ital peut luter contre la Deftinée. W le Trône aux grands cœurs de fi beaux feux épris .

Doit en être l'objet, s'il n'en eft pas le j>rixf
Aux yeux de l'Univers lui feul me juftine:
Irois-jeen les projets troublant l'Ethyopie,
Pour fruit de tant d'efforts, vil fpeâacle aux humain?;*
Sans Sceptre & fans Etats me remettre en vos mains f
Cet Empire jaloux de fa première gloire,
Des Héros de ma race aime encor la mémoire ,
Sur fon Trône affermi par leurs bras redoutés y
Me verroit avec joye affife à vos côtés.
.Ofeztout pour fixer fon bonheur & le nôtre:
Allez, pourfiiivre l'un, je vous réponds de l'autre;
Où ce cœur par ma main percé de mille coups ,
Prononcera bien-tôt entre Ofàrphis & vous.

SCENE VIL

AMENOPHIS feul.

AH ! d'un zélé fi beau je dois du moins l'exemple.

Allons...

SCENE VIII.
AMENOPHIS, PHANE'S.

PRince, venez , & rendez-vous au Tem-
ple.
Venez, j'ai différé d'y proclamer te Roi;
Et du pied dès Autels emu d'un faint effroi,
Au Peuple qui diiTemple inonde les portiques i.
J'ai rendu les fecrets.de.nos faites antiques;
Dit que prêtai fùbir le joug d'un Etranger».

le culte d'Ofiris, l'Empire eft en danger.

Le Peuple que faifit un effroi légitime

Auffi-tot à grands cris demande la Victime, *

Dans fes vœux réunis il veut le fang d'Aron ,

Le nomme; mais, Seigneur , l'Autel tremble à ce

nom.
Du fond du Sanctuaire il fort des crfs funèbres.
Le Ciel gronde, le jour fe couvre de ténèbres.
L'air s'allume d'éclairs. Du Nil en ce moment
Les flots ont répondu par un mugiuement,
Et livrant nos efprits a des terreurs plus grandes ^
Les Dieux épouvantés rejettent les offrandes.
Pour implorer moi-même, & hâter voslecours,
Desinyitéres lacrés j'ai lufpendu le cours:
Je ne lçai; mais mon ame en lès foupçons contrainte
Doute de la Victime, & porte ailleurs fa crainte.
Dans cette incertitude où d'un peuple inégal...

AMENOPHIS.
Viens,fuis moi, profitonsdece trouble fataL

fin du fécond A8e.

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