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ACTE IIL

iii ■ ■ i .11

SCENE PREMIERE.

OSARPHIS, ASA P«.
A S A P H.

V£ Uel qne (bit le péril, Seigneur , qui le menace
Aron femble ignorer encor ce qui fe pafle.

OSARPHI S. Va-t'il venir?

A S A P H. Il vient plein d'un noble courroux. Mais s'il faut vous le .aire , il ne craint que pour

vous Et lorique pour Ces jours votre ame eft allarmée....

OSARPHIS. Il fçait que je l'attends, il fûffit. Que l'Armée Inflruite du parti qui m'ofe traverfer Aux portes de Memphis commence à s'avancer; Qu'au tour de ce Palais à mes ordres rendue Ma Garde Ifraëlite , Afàph , foit répandue; Digne de me fervir fous un Chef tel que toi Tu vois jufqu'à quel point je compte fur fa foi. Mais fbuviens-toi fur tout d'avertir la Princeflè. Je veux la voir. Tu fçais que cet entretien preflè.

SCENE II.
OSARPHIS , AARON.
OSARPHIS.

Lf Ans ces lieux où je viens à peine d'arriver
Vous voyez quel orage eft prêt à s'élever.
J'entrevois le projet qu'Amenophis médite:
Non que pourtant, Arori ,j'en craigne aucune fuitcv
Mais à ma gloire ici ce trouble injurieux
Peut furprendre Tharbis & lui blefle les yeux.
Songeons à lui fàuver ces lecrcttes allarmes.
Renfermons dans Seba (es vertus & lès charmes i
Jufqu'à ce que le Ciel ait réglé mes deftins
Et calmé de l'Etat les troubles inteftins.
Du moins c'eft la remettre au fein de Ion Em-
pire,
ît j'ai fait choix de vous , Aron, pour l'y conduire.
Vous pouvez mieux qu'un autre adoucir fes regrets.
Wta,j'ai déjà fçu par des ordres fècrsts
Muerjufques là|la retraite & la vôtre.
k fous laifle à regret éloigner l'un & l'autre.
TMW fins perdre en difcours de précieux inflans ,
k dois la difpofer....

A ARON.
Seigneur je vous entends;
«connois à ces foins ce qui peut vous contraindre.
Ce n'eft point pour Tharbis que vous avez à crain-
dre.
Pour elle dans ces lieux tout confpire à la fois.
Trop 3è prudence ici nous offcnfe tous trois.
Ce n'eft que contre moi que s'élève l'envie.

Voilà l'oracle feul qui demande ma vie.
Immolez-la. Du moins , cette fatale erreur
Va de vos ennemis détourner la fureur:
Votre propre intérêt demande qu'on l'accordev
Par là dans la naifiance étouffant la difeorde ,
Tout prétexte finit. Mon fàng va cimenter
Là puiflanec & le Thrône ou vous allez monter.

OSARPHIS.
Et quels biens à ce prix pourroient jamais me plaire?
Quel reproche à mon tour n'ai-je point à vous faire i
Qui moi f que jufques là de ma gloire jaloux
Le foin de la fàuver retombe ainfi fur vous,

Que jufques à ce jour à l'amitié fidelle
Une aveugle terreur me rende indigne d'elle?;
Je ne fçais, fans vouloir en rappeller le cours *
Quel intérêt m'anime & m'attache à vos jours,
Quel mouvement fècret & m'agite & mepreflè,,

Si j'en dois confitlter ma gloire ou ma tendreiTe;

Mais au fèul bruit du coup que l'on veut vous porter;

J'ai fenti tout mon fàng prêt à fé révolter.

•Le Ciel me charge enfin du fbin de votre vie:

Je ne fouffrirai point qu'elle vous foit ra-vie.

ïn vain vos ennemis s'arment de toutes parts.

Je vais mettre entre vous d'invincibles remparts..

Leur courroux va rentrer dansde juftes limites

Je vais vous confier à ces Ifraélites

Qui toujours fûrs de vaincre en combattant fous vous

Ont fondé fur vos jours leur defHn le plus doux.
AARON.

Quelque fbitle danger,.Seigneur, qui me regarde:

Dieu me voit, c'efi aflêz, laiffez-moi fous fa gante'

S'il faut mourir ,.ma mort importe à fes defféins.

Auffïbien que vos jours ma vie eft dans fes mains ■■

Peut-être en la perdant je fàuverai la vôtre. ■

Peut-être nos deftins font liés 1 un à l'autre

U

Et dans l'ordre éternel de fes juftes décrets

la main du Tout-puifiant forma fes nœuds (ecrets.

Dans tous les mouvemens j'adore fa iageife.

Incertain de mon fort, mais sûr de fa promefle ,

J'attendrai près de vous qu'il difpofe de moi.

Il ne veut bien fouvent qu'éprouver notre foi.

Cet Hébreu qui d'Aram jadis obtint la fille ,

Ce Chef d'un Peuple ifiii de ïâ feule famille ,

Des Princes fes voifins avoit réglé les droits,

Ilrevenoit chargé des dépouilles des Rois.

Ses jours étoient nombreux & lui couvert de gloire

Des bienfaits de fon Dieu tappelloitla mémoire,

tyiand tout-à-coup du Ciel il entendit ces cris:

leve-toi. Qu'attends-tu ? viens m'immoler ton fils ,'

Ce fils de ma faveur & l'objet & le gage.

Sans trop examiner où cet ordre l'engage,

Abraham drefie en hâte, un buchet, un Autel;

Ilàc eft à fes pieds ceint du bandeau mortel.

La nature eft muette ainfi que la victime;

Mais promt à couronner la foi quites anime,

Dieu détourna le fer qu'arme un zèle cruel ,■

Et dans un lèul enfant fauva toit Ifraël.

OSARPHIS HtVien! feachez du moins queparti je vais prendre; Tharbis que j'ai mandée en c lieu doit (è rendre j Mi Garde dans le Canap va;onduire fes pas. Ce fera là le Temple où d« mains des foldats Je prétends qu'elle & moïeceyions la couronne ," Où je lui jurerai la foi qi> je lui donne, Où nos-coeurs s'uniflant arles nœuds les plus beaux» Le fer étincellanttiendrîlieu de flambeaux; •Et c'eft là qu'à l'afpeâ c's Troupes animées J'attefteraileur gloire àe Dieu des Armées Par vous , par Jocabeinvoqué tant de fc is. Mais quelqu'un vient #llez. C'eft Tharbis quC je vois.

E

SCENE III.
THARBIS , OSARPHIS.

OSARPHIS.

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_ Adame , pardonnez fi je vous ai mandée.
On veut troubler la paix tant de fois demandée.
De la Religion le voile fpecieux
Couvre ici les complots de quelque factieux.
Je pourrois cependant, quoique Phanés ordonne,
Du pieddefes Autels vous élever au Trône.
Rejetter fur lui-même un injufte courroux ,
Et partager le Peuple entre fes Dieux & vous. _
Mais non, & dans un Camp que la foudre environne
Venez avec ma main recevoir la Couronne.
J'y veux du moins, j'y veux confier vos attraits
Et remettre en dépit le gage de la paix.

THARBIS.
Moi, Seigneur, qu^u mépris des Autels que l'on

brave,
Je forte de Memphis & ous fuive en E (clave?
Arrachée à regret dufeinJe mes Etats ,
C'eft dans l'horreur d'un (amp & parmi des foldat?
Que l'on croit m'aflurer u deftin plus tranquille?
K On me flattoit d'un Sceptroù j'ai befoin d'azile.

*' Je ne trouve à Memphis en épit des traités ,

'Que des Peuples mutins , 84es droits conteftés.
On dépouille pour moi l'heiïer légitime.
Si l'on m'offre le Trône, on.'affocie au crime;
Je n'ai pour y monter que leiébris des loix
Et les Dieux n'ofent plus fairèntendre leurs voix.
D'un Empire à ce prix , je n£âjs point avide.

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