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f atteivfrarqu'en ces murs le deftin fe décide.
Je pois me garantir contre tout autre effort
Çt ce n'eft plus à vous d'ordonner de mon fore.

OSARPHIS.
Madame à ce dilcours, je n'ai pas dû m'attendre.
Maisdumoins Ofarphis commence à vous entendre;
'£t parmi les tranfports d'un efprit combattu
Croit voir quel intérêt furprend votre vertu.
Mais pour Amenophis, foit pitié magnanime ,
Soit qu'un autre motif vous touche & vous anime ~t
Epargnez-vous le foin d'examiner fes droits.
De pareils différends font au défais desloix.
Surquoi qu'il fonde ici les plaintes éternelles ,
Ma dernière vidoire a tranché nos querelles.
De là ces grands projets & ces engagemens
Que de tant d'Alliés confirment les fèrmens.
Aujourd'hui votre main règle leur deftinée ,
C'eft peu d'être promife, elle me fut donnée.
Tout m'en repond, Madame , elle eft tout à la fois
Le lien de la paix , le prix de mes exploits.'
Dans le cœur de Tharbis trouverois-je un obflacle?
Vouiroit-elle à fon tour m'oppofer quelque oracle l
Permettez que mon cœur ofe ici s'épancher.
lleftyeu d'intérêts qui doivent vous toucher.
l'honneur de terminer les horreurs de la guerre,'
Dérégla à fon gré le deftin de la terre,
L'hommage de vingt Rois,tout un Peuple à genoux,
Voilà les feuls objets qui fbient dignes de nous.

THARBIS. Pourmagloire, pour moi trop de foin vousanime, Et ce confeil prudent marque au moins peu d'eftime. L'inftruction offenfe ; un grand cœur doit Ravoir , Seigneur , jufqu'où s'étend la loi de fon devoir. Il içait.du moins, il fçait fans qu'on l'en avertifTc Que la gloire des Rois dépend de leur juftice; Qu elle n'eft pas toujours bornée à leurs exploits.

C'eft par moi qu'on commence à violer les Ioix;
On a fait de Seba le prix de la victoire.
Sur ma propre dépouille, on établit ma gloire.
Sur les débris du mien un Trône m'eft offert,
Et je dois tenir tout de la main qui me perd.

; OSARPHIS.

Quels que fbient les ibupçons où votre ame s'abufè,
Un homme tel que moi ne cherche point d'excufe;
Et, fi dans fes devoirs il pouvoit s'oublier,
Balanceroit peut-être à le juftifier.
J'ofe en faire l'aveu; mais gardez-vous de croire
Que je prétende ufer des droits de la victoire
Et ne plaçant que là ma gloire & mon appui
Je tyrannilë un cœur qui n'eft plus même a lui.;

THARBIS.
Dites que cette main plutôt où l'onafpire,
A des droits plus facres en a remis l'Empire.
Du moins s'il faut un choix à ma gloire afforti
Quand il en fera tems, je prendrai mon parti.
Elle fort.

SCENE IV.

OSARPHIS feul.

NOn, je ne vois que trop jusqu'au fond de fort ame Lés traits encore empreints delà première flamme; Mais "à ma gloire ici qu'importe fa rigueur f L'amour ne règle point le deflin d'un grand cœur. Que de fes Alliés rejettant l'afllftance Tharbis pourfuive ici le prix de fa confiance; 'Que réglant fur lès feux tant de droits diieutés.. •'

SCENE V.

OSARPHIS,ASAPH. -f

OSARPHIS.

JVlEs ordres, cher Afaph, font-ils exécutés?

ASAPH. Seigneur, dans tous les cœurs jamais ardeur plu»

belle Ne parût s'élever contre un Parti rebelle ^ . ,■ Mais, Ciel ! dans quel terrible & fubit embarra s Lui-même...

OSARPHIS.

Achevé

ASAPH. Aron s'eft fauve de nos bras, Dans les mains -du Grand-Prêtre il vient de fe remettre: Phanés de fon trépas ofe tout fe promettre , Le peuple qui tantôt admiroit (a vertu, Hâte le fâcrifice.

OSARPHIS. O Ciel ! que me dis-tu? Quoi! Phanés dans fa crainte injufte & légitime, Phanés ne frémit pas au nom de la victime i.: "•: Envain firr fes Autels, il s'ofe repofer; ■

Moi-même de fon fang je cours les arrofèr.

ASAPH. Ah ! gardez d'expofer cette tête facrée. Quoi donc oubliez-vous quelle eft cette contrée! Peuple en effet ingrat & fuperftitieux! Je ne f$ai dans ces murs quel Oracle des Dieux , c _ x

-Sufcîtant.dc la_terrç une injufte puiffance J
De la Religion exerce la licence;
Mais tout en ï# à ciaindre; & fiutout quand Ter-
reur
Marque des mêmes traits le zélé & la fureur.
Alors du chforment qui 'femWe' légitime,
L'exemple eft dangereux encor plus que le crime;
L'ombre feule eh excite-un foudain changement,
Etla moindre étincelle un vafte embrafement.

OSARPHIS.
Dis plutôt que du Ciel je connois la juftice;
Qu'il rie permettra point un fi noir fâcrifice;
Mais que fans txop.d'égards pour ce peuple infênfé,
Je dois venger du moins mon honneur offenfé.
C'efi trop tarder. Allons...

SC E N £ V I,

JOCABEL, OSARPHIS,
I SE RIDE.

JOCABEL.

V^Uel transport vous infpiie l

Arrêtez.

OSARPHIS. <■ •'Vêtre Fils m'eftplus cher que l'Empire. Je feai dans quels périls lui-même il s'eft jette; Et le Trône a ce prix feroit trop acheté. Dans le fond de mon coeur j'ignore quel murmure,' Daiîsfes transports confus étonne la nature, J'ai peine à concevoir tout ce que je reffens.

•JOCABEL. Calmez du moihs , calmez des troubles fi prefîans. »Aron dans nos malheurs n'eft pas le plus à plaindre,

Et ce n'eft plus pour lui que nous avons à craindre,
Il n'eft plus au pouvoir de fes fiers ennemis,
Seigneur, & dans nos mains il vient d'être remis.

OSARPHIS.
Ah ! lauTez-moi du moins punir leur iniblence.'- .
M-ce à vous ...

JOCABEL.

C'eft à moi de rompre le filencc. Cet Oracle terrible, & par vous ïejetté? Cet Oracle s'accorde avec la yérité. Un Enfant d'Ifraél qui parmi nous refpire , D'un déluge de maux doit couvrir cet Empire ," Et doit avec Ton peuple en fortir triomphant. - • Phanés a dans Àron méconnu cet Enfant, Etvient d'en rejetter par-là le facrifice. Nos malheurs font comblés, s'il faut qu'il s'éclair

• ciffe; S'il faut que ce fecrét trop prompt à s'échaper, lui déligne le cœur où fa main doit frapper.

OSARPHIS. Bcpofez-vous fur moi, j'écarterai l'orage; ït quant à cet Hébreu qui caufe tant d'ombrage , Madame , c'eft un bruit conçu fans fondement Qu'un peuple trop crédule embrafle avidement. Je vais , n'en doutez point, l'arrêter dans fa courfè: Je puis fans trop ^'effort remonter à la'foirrce. Comme tin avis du Ciel cet Oracle vanté , Madame, contre moi n'eft qu'un piège inventé. Sans doute,en factions l'Egypte le partage, ■■■ On veut me difputer ce fuperbe héritage. Quedis-jefen puniflant ces premiers attentats,J'étouffe un feu tout prêt d'embrafer ces Etats. Ah! lorfque pour tenter une haute avanture, Ces Miniftres des Dieux dirigent l'impofture-, Jenefçai quel démon par de fectets refforts, De leurs projets hardis marque tous les dehors »

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