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Prête à la piété Ces cruelles maximes,
Toujours fous de beaux noms nous préfênte les cri-
mes ,
Sous un modefte front nous cache ttn coeur d'airain, »
Et parlant en Efclavc, agit en Souverain.

JOCABEL.
Seigneur, il eft trop vrai, quoi que l'on entreprenne,
L'intrigue des médians ne le perce qu'à peine:
Mais la vérité fainte étend par tout les droits ,
D'une Jbouche étrangère elle emprunte la voix ,
Du feînde l'erreur même annonce les Oracles.
Cependant, pour fon nom, Dieu prodigue en mira-
cles ,
Quelquefois nous livrant à nos propres belbins,
De la prudence humaine exige tous les (oins.

OSARPHIS. Lui-même, fon courroux plus prompt à fe rélbudre,' Souvent avant l'éclair a fait partir la foudre. A nos fiers ennemis enlevons tout elpoir , Trop de prudence ici nuiroit à mon pouvoir. Un grand coeur doit toujours garder moins de mefuies; Il trouve en fa fierté des reflources plus sûres, Et d'un projet trop lent écartant les apprêts , Il tente la fortune & délibère après.

JOCABEL.
Périffe de Phanés la (âcrilege audace;
Et toi qui vois le fang que l'Oracle menace,
O Ciel ?oublirois-tu que ton choix dans ces lieux
En fit de tes décrets l'inftrument glorieux?

OSARPHIS.
Sur qui tombent enfin ces fècrettes allarmes t

JOCABEL.
Quoi, vous me demandez la oaulè de mes larmes >
Lorfqu'ici tout vous livre à des périls certains?

OSARPHIS.
De qui fait Jocabel dépendre mes deftins?
La foi des alliés , ma naiflànce, ma gloire T
Tout avec Con efpoir ibrt-il de fa mémoire?
Hé quoi, me tiendroit-on de plus triftes difcours ,
Si dans un fàng profcrit j'avois puifé mes jours?

JOCABEL.
Ah! Seigneur , de ces jours fburce de tant de crainte,
Le falut entre nous n'admet plus de contrainte.
Dans les maux où je vois tout le peuple expofe,
Il faut rompre le fceau fur mes lèvres pofe.
Il faut... fur quels fecrets facile à me répandre ».;

OSARPHIS.
Ah ! quels qu'ils foient, Madame, ofèz me les ap-
prendre.
Quelloupçon avec moi tient vos efprits flottans?

JOCABEL.
Oui, je vais obéir. Je vois qu'il en eft tems.
Le Ciel dans cemyftére intereûe lui-même..:

SCENE VII.

OSARPRIS, JOCABEL, ISERIDE, ASAPH.

ASAPH.

ZiMenophis ,Seigneur , brigue le-rang fuprême;

Tharbis de Ces traites redemande le fruit:

Du danger de l'Etat tout un peuple eft inftruit;

tt bieû-tôt appuyé d'une injufte puiflance

Va fous l'ombre du zélé exercer la licence.

Memphis, qui mieux que vous, Seigneur, peut ett

juger.' Dans le fàng d'Ifraè'l brûle de Ce plonger -T Le traite d'ennemi du culte véritable, Du courroux de fes Dieux, le rendlui feul comptable.

Le Soldat, dit-on , même en ces troubles preflànj
Ouvre l'oreille aux cris des femmes, des enfans.
Chacun porte aux Autels un trouble légitime ,
Prêt à les arrofer du fang de la victime.
Un Prêtre qui du Prince époufe l'intérêt ,
Du Ciel en fa faveur va détourner l'arrêt;
Semble ne voir en vous dans l'effroi qui l'infpire
Que le fàng d'Abraham, l'ennemi de l'Empire;
Que l'efpoir & l'appui d'un peuple détefté.
Qu'attendez-vous ? veillez à votre sûreté.

OSARPHIS.
C'en eft fait, & j'y cours , prêt à tout entreprendre t
Oui, Madame, je fçai le parti qu'il faut prendre,
Et plus fier des périls qu'il me refte à braver, -'
Pour fçavoir mes defiins je viens vous retrouver.

* i

1 '. ■■' :-. •■ —i Fin du troijîême Afte.

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SCENE PREMIERE.

JOCABEL, ISERIDE.

JOCABEL.

DEs Enfans d'Ifraël, grand Dieu! dans fa dit-
grâce
Si jamais ta faveur doit protéger la race,
lemomênt eft venu. Prodigue ton appui;
Ce n'eft plus Ofàrphis , c'eft tout un peuple en lui.
C'eftton peuple choifi dont le péril éclatte.
Que fêroit-ce grand Dieu! fi cette Egypte ingratte
Découvrent de quel fang tient le jour Ofàrphis ■'
Qu'il eft ce même enfant qui fait frémir Memphis?
Que d'un voile pompeux couvrant fon origine ,
C'eft lui que tes décrets chargent de fa ruine,
Et de qui le pouvoir par toi-même affermi,
Cache dans un efclave un fi fier ennemi?
Jel'attens. Sans témoins il doit ici fe rendre.
Sut fes deftins fècretsil brûle de m'entendre.
De quel œil verra- t'il dans fà plus noble ardeur,
Du fang de tant de Rois s'éclipfer la fplendeur?
Daigne mettre, grand Dieu ! ta prudence en ma bou-
che ,
« fais qu'en l'éclairant ta parole le touche;

Toi ftul lui peux donner dans lès profperités
Le goût de la fagefle & de tes vérités.
Il eft tems que ta main d'unraion de lumière
A fes hautes vertus ouvre une autre carrière;
Que fauve par tes foins de tant d'écueils divers,
11 annonce ton nom, ta gloire à l'Univers;
Que confondant ces Dieux que Terreur a fait naître,
La nature en toi feul reconnoifle fbn Maître,
Au Dieu feul de Jacob déclare fbn refpecr.
Terre tremble à fa voix ! Mer fuis à fbn afpect.
Et toi Ciel ! devant lui fous fa main fbuveraine
Rentre dans le néant d'où tu ne fors qu'à peine.
Mais mon Fils vient, prends garde , & que de nos dit

cours,
Iferide , on ne puiffe interrompre le cours.

SCENE II.

JOCABEL, OS ARPH7J,

ISERIDE»

OSARPHlS.

MAdame, enfin Memphis voit l'Armée à fêi
portes.
Des fidèles Hébreux les vaillantes cohortes ,
Défendent ce palais, tout eft en sûreté.
Le Temple eft invefti, le Prince eft arrêté.
Contre tout Ifraël, m'en croirez-vous, Madame?
On alloit employer & le fer & la Mme.
Dans le fecret le coup devoit être conduit
Le jour eût révélé les horreurs de la nuit.
De nos divifîons à l'Egypte funeftes,
Lamort dAmenophis Ya diffiper lesreftesi

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