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Et fur votre naiîfcnce il n'a nulles clartés ;.
Mais du fang d'Ifraël il fçait que vousfortez.
Enfin , mon fils , enfin., quoi que le Ciel ordonne 'i,
Meinphisn'a pins pour vous oi fceptte ni couronne.
Maisceltii devantquitoutdoit s'humilier,,^
A Tes vertus auffi va vous allouer.
Et que font devant lui tous ces Dieux de la terre-,.
Ces puiflances qu'enfante & l'audace & la guerre.1
Vous même apprenez-leur à refpecter fcs loix.,
A ne plus pour vertus nous donner leurs exploits.
Qu'ils fçachent dans quel foin leur gloire les engage,
Et qu'il cft des devoirs dont le trône eft le gage.
Quelque appui cependant'qui nous puilfe flatter r
Quoi que pour vous leCieifoit prêt d'exécuter,
C'cft loin de ces climats, loin de cette contrée »
Que Jacob a marqué cette Terre facrée ,.
Canaan, qu'il promit à fa pofterité,
Lorfque d'un faint tranfport en mourant excité,
L'avenir devant lui fe laifloitvoir fans voiles.
Le fable de la mer , le nombre des étoiles
Doit à peine égalercelui de fes enfans.
Quel peuple audacieux! que de Chefs triomphans!
Juda comblé de gloire efteeint du Diadème ,
Et va porter au loin fa puilfance fuprême. ,i
Orace dé Jacob! fidèle à tes Autels,
De toi doit naître un Dieu , l'atteme.des mortels.
Dans cet efpoir , mon fils , entrez dans la car-
rière ,
Laiflez fur tous vos pas des traces de lumière.
Ceft cette même ardeur dont on vous vit brûler,
Qui déformais.,.

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SCENE III.

JOCABEL, OSARPHIS; ISER IDE.

ISERIDEJ

XlSaph demande à vous parler.
Du Confeîl affemblé l'ordre, dit-il ,1e preffe.

OSARPHIS.
Qu'il entre. Permette!, Madame ....
JOCABEL.

Je vouslaiflè; Et quoi que leConfèil, mon fils, ait ordonné, Songezfurtout , longez de qui vous êtes né..

S CENE IV.

OSARPHIS, ASAPH.
OSARPHIS.

nE'bîen,Afaphf

ASAPH.

Seigneur, de ce Prince coupable Onvient de prononcer l'Arrêt irrévocable. Mais on n'en voit eneor , qu'avec plus de fierté DefeayeWen hti briller la Majefté. C'eft-à vous^de prévoktout ce que l'on hàzarde, Et tout profcrit qu'il eft, s'il. ...

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/Efl toi que je cherche en ces lieux*
OS ARPHIS.

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Un Prince criminel doit placer fa défence y
Et qu'à l'abri du trône avec impunité
Hpourroit de fon fang fouiller la dignité?

THARBIS.
Ah.'fous quelques couleurs qu'aujourd'hui tu l'op-
primes ,
C'eftton ambition qui lui prête des crimes.
Dans tout ce qu'il a fait, que lui reproches-tu.-? i
Que n'ait autorife le fang ou la vertu.
II te faut ordonner encor d'autres fiipplices,
Et tu peux me compter au rang de lès complices».
Achevé tes projets y loin deTetenir,,
J'ai tout fait, & c'eft moi furtaut qu'il faut punk..
Tu n'as point oublié que pour notre hymenée ,
Dans ce même palais ma foi lui fut donnée;
Que ma gloire aujourd'hui m'attache à lès malheurs;
Que je lui dois mon fang, c'eft trop peu de mes

pleurs.. Et les Dieux qui tantôt l'ont offert à ma vue r Menageoient ce moment à mon ame éperdue. Je ne me préviens point de leur augufte appui ;. Mais écoute un ferment qu'il emporte avec lui: » Je n'accepterai point, quoi qu'ici l'on ordonne ,' n Ni le trône fans toi, ni'ta main fans le trône «Règne fini le peux ; régle-toi là-deffus. j> S'il fout que tes efforts , que mes vœux foient

déçus in Je fàiiverai mon nom «Tune indigne mémoire.' «La main qui t'eft promifeaura foin de ma gloire». -,) Je mourrai toute à toi; voilà de quels difeours, « Et l'amour & la gloire autorifoient le cours. J'ai mis feule en fon cœur le tranfport qui l'anime »'. C'eft à toi de juger fi j'ai part à fon crime.

OSARPHIS.
Je vois de quelle ardeur votre cœur eft épris:
De pareils fèntimens en montrent tout le prix >,
On doit quelque refpect au courroux qui Tenflame;
Mais de votre équité j'attendois plus, Madame ,
Le peuple ne voit point comme un lâche atten-
tat,
Ce que mon bras a fait pour fauver cet Etat,
C'eft à lui de juger du prix de ma victoire ...

THARBIS.

Oui, je fcai que le peuple eft tout plein de ta gloire»
Mais pour le fang des Rois l'amour a fes degrés.
L'héritier légitime a des titres facrés;
Dans le cœur des mjets, c'eft un dépôt fuprême,
Un ordre que des Dieux a gravé la main même.
Juge donc fî Memphis verra devant fes yeux
Répandre de ce fâng le relie précieux ,
Et de leur gloire antique encor accompagnées,
Prémir de tant de Rois les Ombres indignées.
Ah ! s'il eft vrai qu'un Dieu répande ici l'effroi,
On n'en doit imputer la colère qu'à toi.
C'eft par fes mains qu'il va renverfer un Empire.
Cet ennemi commun , c'eft en toi qu'il refpire.
Pourquoi l'aller chercher au milieu d'Ifraël ?.
Que pourroit dans ces murstenter déplus cruel,
Cet Enfant, quel qu'il foit, d'une odieuferace,
Ce redoutable Hébreu dont le Ciel vous menace,
A ''Egypte allarmée annoncé tant de fois?
Mais prêt à te baigner dans le fahg de tes Rois,
Peut-être ton deftin, quoi que ton parti faite ,
Avant là fin du jour va prendre une autre face*
De haine ou de faveur du Ciel a fes înftans.
Adieu. Je vais me joindre au peuple, & je t'at-
teûs.

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