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SCENE VI.

OSARPHIS fcuL

v^U'au gré de tes défirs Memphis éclatte & tonne,

Sa vaine inimitié n'eft pas ce qui m'étonne:

Mais Dieu d'Ifàc,quci eft l'état où je me voi?

II me faut décider entre un Empire & toi.

Le moment eft terrible enfemble & retpectable.

0 de l'orgueil humain puiflance redoutable!

Efpoir flatteur du trône, objet de tant de vœux,

Et vous tyrans des cœurs, préjugés dangereux,

Fiers Enfans de l'exemple, égaremens mneftes

Qui de vos droits iùr nous traînez long-teras les

reftes, Etfouvent confkcrez mille objets odieux , Défendez-vous encore & l'Egypte & fes Dieux l Et toi qui que tu fois Dieu des Ifraèlites! Dieu terrible , & par qui les nations profentes Verront devant ton nom s'abailfer leur pouvoir Seul tu peux m'arracher à mon premier efpoir. Son charme encor m'abufe & règne fîir mon ame, Daigne la pénétrer d'un rayon de ta flâme; Que la foi verfè en moi fes dons victorieux. Mais un nouveau (peâacle ici frappe mes yeux , Et les voûtes du Ciel s'ébranlent & s'entrouvent. Où fuis-je? Dieu paillant ! tes grandeurs fe découvrent; Mais quoi ! pour t'annoncer le jour pâlit d'effroi, La terre fe confond , elle fuit devant toi. De l'oeuvre de tes mains laiffe au moins quelque

trace. Comment feul avec toi foutiendrai-je ta face? Un mot feul de ta bouche appuyant ta fureur ,

Sur les ailes des vents promené la terreur.

Tu franchis d'un feul pas les limites du monde.

Mais quel jour tout à coup perce la nuit profonde?

A travers mille feux je l'entens, je le vois.

Il m'appelle, c'eft lui, le Ciel tremble àia voix;

Des morts dans le tombeau la cendre eft ranimée»

Qu'attertdons-nous ? perçons cette route enflaméc %

Redoutable lentier qu'il a mis entre nous,

Et fcrvons à fon gre fâ gloire & fon courroux^

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ACTE V

SCENE PREMIERE.
JOCABEL, AARON.

AARON.

QUoi, Madame, déjà tombe notre eïperan-' ce? Les ordres d'Ofarphis nous cachent fit prc-. "fënce; « de fes volontés moins que vous éclairci , N'ayant pu lui parler ', je viens l'attendre .ici.

JOCABEL. h quel courroux encor peut régner dans fon ame î

AARON.
Dufort d'Amenophis ce que je fçai, Madame,
C'eftque de fon fupplice on dreffe l'appareil;
Que parmi les horreurs d'un fpeftacle pareil ,
Dans fon appartement on garde la Princefle.

JOCABEL.
Pour le fauver , mon fils , du péril qui le preflè,
Au Dieu que nous fervons fuftifent les momens.
le jour annonce au jour de grands évenemens.
D'Ofarphis en fes mains ce Dieu tient l'ame al-i

tiere;
Mais il faut vous ouvrir la mienne toute entière.
Zatam vous a parlé de ces jours ténébreux,
Où Dieu fembla jurer la perte des Hébreux;
Où de ces trilles flancs qui Yous ont donn; l'être,

G

Vînt un enfant profcrit, même avant que de naître;

AARON.
Je fîjai ce que devint ee-firuit de vetre amour.

JOCABEL.
O mon fils ! il refpire , il voit.encor le jour.

AARON.
Quels climats reculés, quelle terre étrangère
A gardé le dépôt d-'une tête fi chère ?•
Pourquoi d'union g exil ne pis finir le cours f

JQCABEL, •
Ah ! fi le Ciel, mon fils, veut confirmer fes jours ,
Qu'eft-il beforn qu'au loin fa fagefle l'exile?
La Cour d'un Tyran même en deviendroit l'azile.

AARON.
Je vousentens.

JOCABEL.
Memphis va l'offrir à vos yeux.'

AARON.
Ciel! confirme un efpoir 6 doux , fi glorieux.
Non, ce n'eft point en vain que mon ame éperdue
A cet efpcir fi cher tout à coup s'eft rendue.
Ce trere m'eft connu.

JOCABEL.

N'en doutez point, mon fils,
C'eft lui, c'eft cet enfant fauve par Thermutis.
Par moi de fes deftins il a fçu le myftére ,
Et tantôt... Mais on ouvre.

~~ S C E N E 11.'

JOCABEL , O S A RP H I S, AARON. OSARPHIS.

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/mbrauez-moi mon frère. AARON. De fjuels transports divers mes fenj font eombattiwf

OSARPHIS. J'ai dû vous reconnoître à vos feules vertus. Mais les momens font chers. Ecouter Tan & l'autre. Je porte dans mes mains mon deftin & le vôtre. Le Très-Haut m'a parlé , fa redoutable voix De la nature encor trouble ou fufpend les loix. Ce n'eft point un phantôme, une ombre qui s'efface, Un longe, c'étoit lui, je l'ai vu face à face. Son alpect n'eft point fait pour les foibles humains. L'Eclair eft dans fes yeux , la foudre dans fes mains , Et j'ai vu far fon front l'Eternité terrible. C'étoit fiir le fomtnet d'un mont inaccefïible. Son Trône étoit en flame & fans fe confumer , D'un feu toujours nouveau fembloit fe r'allumer. Va , pars, & d'Ifïaël par de nouveaux miracles Confirme , il en eft tems, la foi de mes Oracles. C'eft toi que j'ai choiii pour annoncer ma loi. La terreur & la mort marcheront devant toi. Dcia de ma juftice attendant les victimes, La terre ouvre fon fein, & la mer fes abîmes. Des arides rochers voi jaillir les torrens , Et par tout devant toi les dons du Ciels s'offrans. '<. De ce peuple d'élus la gloire t'eft remile , Ouvre,lui Canaan cette terre promile > Lieux lâcrés , que déjà dévoroit fon efpoir ,' Et que Jacob mourant n'avoit fait qu'entrevoir. Il dit , & devant moi fur deux auguftes Tables , J'ai vu fe déployer ces arrêts redoutables , Ces préceptes tracés d'une immortelle main, Qu'il grava dans nos cœurs bien phis que fur l'airain s Monumens comme lui d'éternelle durée. J'ai même recueilli defa bouché fàcrée L'ordre & l'enchaînement de ces décrets divers , Formidables tréfors d'un voile afFretix couverts!

JO.CABEl. 0 combien de raifons d'efperer & de croire | • ■ '■*

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