페이지 이미지
PDF

Dieu lui-même à nos yeux vous couvre de fà gloire.'
Sa préfence s'annonce à ces traits de fplendeur,
Et parmi nous, mon fils jette une fainte horreur.

AARON.
Seigneur, car dans l'état où je vous confidere,
Il ne m'eftplus permis de vous nommer mon frère,
Entre le Ciel & nous, arbitre glorieux...

OSARPHIS. Le deffein en eft pris. J'abandonne ces lieux. Dans ce départ, Madame , où l'Eternel m'engage De fa faveur en vous je vais fauver le gage. Je vais vous délivrer d'un injufte pouvoir , Et vous rendre en des lieux plus chers à votre elpoir.

JOCABEL. Ah! c'eft de trop de foin que votre amour m'honore. Partez. Sauvez-vousfeul ,iln'eftpas temsencore, Mon fils, que Jocabel s'écarte de ces lieux; Et c'eft aflez pour moi que vos jours précieux A Dieu feul confiés , dans une autre contrée, Se trouvent à l'abri de fon aile fâcrée. Laiflez-moi des Hébreux partageant les deftins, Etre un garant pour eux de vos fècours certains, Soutenir leur efpoir parmi tant de mifères, Efclaves dans l'Egypte, & toutefois nos frères,

OSARPHIS. Du fàlut d'Ifraël fiez-vous à ma foi , Et laiflez ce fécret entre le Ciel & moi. Il eft tems qu'en ces lieux fon ordre s'accomplifle, Madame , il m'a remis le glaive & la juftice. C'çft par-là qu'en quittant les remparts deMeffi

phis , C'eft à moi d'ordonner du fort d' Amenophis, Et mettant dans l'Egypte un terme ànosdifgraces, J'y dois de ma-forae au moins laiffer des traces . Dignes de mes deftins & d'un projet fi haut, Et déjà.. i

SCENE III.

0 SARPHIS , JOCABEL,
A S A P H.

ASAPH.

A Out eft prêt, le trône & l'échafaut* Le fer brille par tout, & Memphis allarmée , Dans fes Places déjà voit les Chefs de l'Armée. Une aombreufe Garde occupe le Palais.

OSARPHIS. Non, ma juftjçe, Afaph, n'admet plus de délais * Qu'Amenophïs éprouve un fort qu'il doit attendrez Mais avant tout, je veux & le voir & l'entendre. 11 s'agit de ma gloire & des droits les plus feints.

JSfaph fort. Va le chercher , cet ordre importe à mes deflëîns..

SCENE IV.

JOCABEL, OSARPHIS;

AARON.

OSARPHIS.

NE perdons point de tems, & fous votre conduite, Aron , que cette nuit tout foit prêt pour la fuite; Que ma Garde s'affemble autour de l'étendart, tt voie fur nos pas au fignal du départ. h Içattrai vous fouftraire au tumulte des arme» » Madame, on vient. Allez.

JOCA'SELra s'en MUrtt.

Toi ! pardonne à mes larmes» OOeiï Giij

S C E M E V.

AMENOPHIS, OSARPHIS*;

ASAPH.PAMENE^ARDES,

[ocr errors]

AMENOPHIS.

'Ans ta vengeance tin babare pouvoir
Me réfervoit encor la douleur de te voir.
Ce trait, ce dernier trait le fruit de ta victoire ,
Manquoit à mon fuppliceaufli-bien qu'à ta gloire.
Prêt à fubir le. coup par toi-même ordonné ,
Tu veux voir fi je porte unvifage étonné.
Tu veux que dans l'éclat d'une pourfiute ouverte
Je puifle comparer ton triomphe & ma perte.

OSARPHIS.
Ne crois pas qu'abufant ici de mon pouvoir
C "it pour t'infùltcr que j'ai voulu te voir-
Je *" aurois affranchir d'une indigne colère y
Mcme entepunitiânt refpe&erta mifere.
Juge mieux , tu le dois, de mon inimitié.

t'. ...AMENOPHIS.
Epargne-moi ta plainte , encor plus ta pitié.
Laifle-moî fans tarder fubir ma deftinée.
De toutes les horreurs qui l'ont environnée
Celle-ci réunit tous les maux différons,
Et le plus grand fupplice eft l'afpeét des Tyrans.
J'ignore fi ma mort va t'afiurer l'Empire;
Mais ce qui me confole au moment que j'expire ,
Les Dieux n'ont point encor confirmé ton projet ,
Je mourrai ta victime & non pas ton fujet.

* Ofarpbis doit garder un milieu dans les tons qu'il doit Prendre dam cette Scène , attendit que, fon parti t'fi frit intérieurement de remettre lefcepre a Amenants.

OSARPHIS.

Je vois à ta fierté le fang qui t'a fait naître,

Mais toi-même à ton tour tu dois mieux me connoî-i

tre. Qu'on amené Tharbis.

AMENOPHIS.

Tharbis ï dans ton courroux
Barbare, tu crois donc mon fupplice trop doux?
Et que foulant aux pieds & mes droits & ma gloire y
Ma mort ne furEtpas pour fouiller ta victoire?
Sans refpeâer ni fang , ni vertu, ni beauté,
Veux-tu d'un fang plus cher nourrir ta cruauté i
Et que dans ce palais conduite en criminelle ,
Au mépris des Héros qui revivent en elle,
la Princefie .. . mais Dieux ! elle vient. La voici.

O S A R P H I S.
De fon fort & du tien tu vas être éclairci.

SCENE VI.

OS A RP HT S, AMENOPHIS, THARBIS,

PHANE-S, ISMENE, ASAPH,

GARDES.

THARBIS.

v/Uelle profane main me conduit & m'entraîne î

PHANE'S.
Barbares , arrêtez. Refpectez votre Reine.

THARBIS.
Te revois-je cher Prince? Et quels font mes mal— .

heurs, Si ta vue eft pour moi le comble des douleurs? Ençor fi dans l'état où le Ciel nous r'affemble.,,

Il ne m'offroit à toi que pour mourir enfcmble.
Et toujours entre nous partageant (es rigueurs ,
Unifient nos tournions comme il a fait nos coeurs?
Que fans donner de borne au courroux qui l'enili-

me, Le Tyran.. .

OSARPHI S. Ileft tems de vous montrer , Madame, Quel fupplicc en effet, je lui garde en ces lieux , * Prince , voilà le Trône où regnoient tes aveux. Du Fils de Sefoftris c'eû le noble héritage, Je n'en contefte plus le fuperbe avantage. C'eft à toi d'y monter, & de reprendre un rang Que l'équité des loix accordoit à ton fàng.

AMENOPHIS.
Qu'entens-je!

THARBIS.
Jufte Ciel!

OSARPHIS.

Une main immortelle, Entre nous deux , Madame , a tranché la querelle, Et remettant le Ccepae au véritable Roi, Dégage mesfefmens (a Tbmbti ) & vousrend votre

THARBIS.
Qu'il eft beau dans le cours d'une gloire fùprême ,
Quand on a tout fournis, de fe vaincre foi-même ï
De la pourpre des Rois un mortel revêtu
En-tire moins d'éclat que toi de ta vertu.
A l'exemple des Dieux arbitre des Empires.. .

AMENOPHIS..
En de tels changemens à peine tu refpires
Amèftophis'! ton coeurn'ofe encor s'y fier,.
Toi-même de ton fort tu fembles t'effrayer.

* tu ferme s ouvre (y Von voit au fond du JheMU fe fuperbe Trône des Rois d'Egyfte*

« 이전계속 »