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Mais devant vous, Seigneur, lorfque je trouve grâce. Quand on fait tout pour moi,que faut-il que je fafle ï

O S A R P H I S.
Hé bien, tu vas régner , & l'Hébreu t'eft fournis:
Promets de l'appuyer contre fes ennemis,
Et de favorifer toi-même fa retraite.
Voilà...

AMENOPHIS.
J'accomplirai ce qu'Ofârphis fôuhaite.
J'en jure par les Dieux, dont je uibis la loi,
Par celui d'Ifraël. Si je manque à ma foi
Que fon courroux s'armant de châtimens funèbres
Couvre après mille éclairs l'Egypte de ténèbres;
Que de cris effrayans retentiûent ces murs;
Que jufqu'en ce Palais des reptiles impurs ,
Mille infeâes brulans nous déclarent la guerre;
Que le Nil teint de fang n'arrofe plus la terre...

OSARPHIS.
Prince, un mot feiil fuffit dans la bouche d'un Roi,'
Et ma propre vertu me répond de ta foi.
Maître dans ce Palais, que rien ne t'y contraigne.
Avec ta liberté va s'annoncer ton règne.
Montre toi fans tarder aux peuples de Memphis ,
Et qu'au trône du père ils retrouvent le fils.
Ceux des tiens qu'à mes pas attacha la vi&oire ,
En combattant pour moi travailloient pour ta gloire.;]
Dans tes reûentimens tu dois les épargner.
Pardonne, c'eft déjà commencer a régner.

PHANE'S. Ta vertu, je l'avoue, étonne mon courage. J'ignore de quel œil il faut que j'envifage Ce concours éclatant d'évenemens divers. Un jour feul a changé l'ordre de l'Univers. Le feeptre eft un prefent de ta main triomphante. Eft-ce donc un projet qu'un Dieu lui-même enfante Et qui par toi conduit à des fuccès certains,

Des fiécles à venir prépare les deftins?

Quel pouvoir inconnu, quelle main invifible

Fait paffer dans tes traits fa Majefté terrible?

N'en es-tu point l'organe? & franchiflant Tes loix

La nature va-t'elle obéir à ta voix?

Mais d'où vient cependant qu'au milieu de ta gloire

Parmi des voeux publics & des cris de victoire,

Lorfque le Ciel en toi laiffe voir à nos yeux

Le modèle des Rois & le rival dés Dieux ,

D'un Oracle toujours s'élève la menace,

Et...

OSARPHIS. Du Dieu d'Ilraël reconnois mieux la traee. Tremble, fon règne approche, il eft tems qu'Ofarphà Pour de plus grands defleins abandonne Memphis.

AME NO PHI S. Quoi donc oubliez-vous le fang qui vous fit naître Ce que ce jour, ce.Ciel, l'Egypte vous doit être î Et qui peut balancer .de fi cher intérêts?

OSARPHIS.
Garde-toi de fonder ces auguftes fecrets.
Ne tente "point du Ciel la fureur vengerefie.

AMENOPHIS.
Vous Içavez quel péril nous menace, nous prefle,
Qu'un Enfant...

OSARPHIS.
Ce mortel qui caufe tant d'effroi,',
Qu'enfin tu veux oonhoitre . ..

AMENOPHIS.

Hé bien, queleft-il?
OSARP HIS.

Moi;
AMENOPHIS.
Vous, cet Hébreu?

THARBIS.
Grands Dieux!

PHANE'S.

Quel étrange myftére! AMENOPHIS.

le Fils de Thermutis.

OSARPHIS.

Jocabel eft ma mère."
Seul fauve par ta feur de tant d'enfans profcrits.
Le Nil, l'adoption, dans Tes bras m'ont remis ,
D'un iîis mort au berceau, je pris alors la place.
Maisn'attens pas qu'ici je te demande grâce.
Je fers un Dieu terrible & le Maître des Rois ,
Ce fecret révélé rétablit tous tes droits.
Tu règnes. C'efl à toi de pefer toutes choies.
Tu me connois. Adieu. Pourfuis moi fi tu l'ofes.

SCENE DERNIERE.

ÏÏMRB1S, AMENOPHIS, PHANE'S, IS M E N E , PAMENE , GARDES.

PHANE'S.

QU'attendez-vous Seigneur? venez dans ces mo-
mens
De l'Armée en vos mains recevoir les lermens.
AMENOPHIS.

Toi-même auparavant fonge à la foi jurée,
Et que des Rois fur tout la parole eft iacrée,
Qu'à nos engagemens le Ciel lui-même a part.
Suis moi. Viens. D'O&rphis aflurons lé départ,

* à Tharbis. Sa vertu dans ces lieux nous laifle un grand exemple. Pour notre hymen, Madame (à Tharbii) allez m'at

tendre au Temple, Allez, fi toutefois tremblans de leur côté Les Dieux qui l'habitoicnt ne l'ont point déferté.

Fin du cinquième & dernier Alt''

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APPROBATION.

'Ai lô par ordre de Monfeigneur le Gardes ^ des Sceaux, un Manufcrit qui a pour titre, Ofarphis oit Moyfe , Tragédie, & j'y ai remarqué, que les règles de la Poè'fie , auquel l'Auteur s'eft aiTujetti , ne font rien perdre a la dignité du fujet ; & que dans les endroits ou il a pu fe donner le plus de liberté > il n'avance rien dont la plus grande délicatefle en fait de Mœurs & de Religion puifle être bleflee. Fait à Paris ce 3. Mai 172g. Signe'> Couture*

LETTRE

DU REPERE R. ** JESUITE* à l'Auttw d'Ofarpbif.'.

MoKftrpR ,.

DEs affaires preffées' Se des diftracVions1 importunes n'ont pu m'empêcher de lire Ofarphis avec tout l'emprefTement qu'infpire tm ouvrage reçu de votre main ', & qui porte: vorre nom. Le plàifir que m'a donné cette lecture a égalé la curioiïté & l'impatience que jefentois delà faire.

Ofarphis eft un perfofTnage de nouvelle1 e£ çkt pour le Théâtre François ; un Héros fans amoui, un conquérant fans ambition, à qui' h /mgularité de fon caractère n'ôte rien du'mérire propre à paroître avec éclat fur la Scène.Vous avez rempheé parles fituations'vives Se'. intereflantes , par les grandes images , par les. fcntiniens fiiblimes, par la forte expreiïion de ces inftincts précieux } que la nature grave fi: avant dans les bons cœurs & dans les ames les plus élevées > par le merveilleux enfin que: fournit la Religion: vous avez 3 dis-je , remplacé par ces puiiTans refforts le jeu des palpons tendres ou cruelles s fi néceiTairé au commun des Poètes pour attacher Se émouvoir le; S£edateur..

H!

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