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SCENE IL

Philon/j«1

PHilon , quels intérêts en tes mains font remis?
Pourfuis, quoiqu'en fecret la pitiéYe condamne,
Remets à fes deftins le fils de Mariamne ,
Songe, que fes malheurs te pourroient entraîner ,
jït qu'où la faveur règne , elle a droit d'ordonner.
Qu'un vain peuple pour lui s'emprefle ou,le déplore.;

S C ENE IIL
ALEXANDRE, PHILON.
ALEXANDRE.

OlJe fait le Roi? . _^..,.. .,

PHItON. _ Seigneur, on n'entre point eflcoMi ALEXANDRE.;, iïpproehez-vous, Philon. Tandis que dans ces lietir Mon père fè dérobe encore à tous les yenxa. Puis-je m'ouvrant à vous (ans péril 8c fans crainte,' D'un moment djentretien bannir toute contrainte? Et dans le cœur d'Hérode encor mal affermi, Au milieu dé là Cour, trouverai-je un ami i

P H I L O N. Seigneur, depuis long-tems vous devez me connoîtrei Relie de ces Héros dont le Ciel vous fit naître , .L'auriez--vous oublié ; De tous les fils du Roi,

Celui de Mariamne éprouva feul ma foi.

.Combien pour vous, Seigneur, j'ai reHenti o allait

mes, Depuis le jour fatal où la Judée en larmes A vu de fbn fiipplice élever les apprêts , Et fon fâng innocent arrofer ce Palais! De vos accusateurs les complots fànguirraîreSv la haine de Salome, & celle de vos frères, leur crédit augmenté par votre éloignement i N'ont pu de mon devoir m'écarter un moment. Mais que dis-je ?• le Ciel vous rend à l'Idumée; Hérode même aux yeux de Solime charmée Par quel accueil,Seigneur, digne de votre foinî}

ALEXANDRE.
Dois-je me confier aux carefles du Roi?
Ai-je donc oublié que là haine couverte
Me conduisît à Rome , y poiirfuivit ma perte?
Ou plutôt (ans douleur puis-je m'enr fbuvenirï
Au fort de G-laphira l'hvmen m'alloit unir:?

Je l'aimois, tout fèmbloit flatter mon efperance : J
Son père Archélaiis hâtoh cette alliance.
Cependant il fallut m'écarter de ces lieux,
Et dévorer des pleurs qn'arrachoient nos adieux; l
Du Roi dans le chemin les perfides carefles
Cachèrent centre moi fes fureurs vengereflês ,
J'admirois en fecret l'excès de là bonté:
Mais de quel trouble affreux me trouvai-je agité >'..'l
Quand'du Peuple Romain obtenant audience ,.
Il arma contre moi fa funefte éloquence ,
M'imputa des forfaits dignes de là fureur?
Rome alors, cher Philon, ne put voir fans horreur
Tous les cruels effets de fbn courroux funefte;
Un Roi qui de fon fangpourfuit en moi le refte;
Un çere demandant la tête de fon fils,
Et la de fes travaux terminant tout le prix.
1^ convoi*, à-fa lxainç oppofant un refuge $,

Un bourreau dans mon père, un père dans mon-Juge?
Augufte, le Sénat, tout le Peuple à la fois,
Du (àng qu'il trahiflbit prirent en main les dirons;
Et la fureur d'Hérode excitant leur murmure ,
Pour moi dans tous les cœurs fit parler la nature.
Malgré tous leurs efforts, tous leurs fbins redoublez..
Les amis de Salome en parurent troublez.
Le Roi lui-même alors, confus de fa pourfuite, j
Retourna dans Solime en attendre la-fuite..
Dans cet état, Philon,toujours mêlé d'effroi,
Les confèils de Thirron pafferent jufqu'à moi.
Il fe rendit à Rome: à les maîtres fidèle ,
Sa tendreffe égaloit l'ardeur de votre zèle ,-
Sa douleur en tous lieux reveilla mes amis:
De Rome contre Hérode il éleva les cris.
Heureux fi fécondant le zélé qui l'anime , ■

Le Ciel me le rendoit aujourd'hui dans Solime!
Mais vous, qui d'une cour fiijette aux changemens
Avez part aux confèils, ainfi qu'aux mouvemens,
Ne me déguifez rien, Philon ; que votre bouche
Me faflè un libre aveu de tout ce qui me touche.
Le Roi, je l'avourai, m'a reçu dans Ces bras
Avec des féntimens que je n'efperois pas.
J'ai trouvé Glaphira de mon retour charmée, i
Et s'il fc peut encor plus digne d'être aimée:
Mais parmi les transports qu'elle a fait éclater ,.
Quelque trouble fecret fèmbloit l'inquiéter.
Elle le prête à peine à l'efpoir qui m'anime.
Enfin depuis huit jours de retour dans Solime ,'.
Par quels ordres, Philon, par quels motifs fecrets
Vois-je de mon hymen reculer les apprêts?
Et parmi les honneurs que la Cour me défère ,
N'ai-je pu qu'en public entretenir mon père?

PHI L O N.
Sans doute il n'a pu voir qu'avec des yeux jaloux
Ce z«le que le peuple a témoigné pour vous.

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S C E N E IV.

SAIOME; ALEXANDRE, PHILON, PH E DIME.

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SAIOME.

Rince, arrêtez, on ne voit point le Roi. ALEXANDRE. £et.ordre j quel tju'iji foit, peut-il être pour moi? ■ V &ALOME

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