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ACTE PREMIER

SCENE PREMIERE.

JONATHAS,ACHAS.

ACHAS.

Upi? Saiil, qui par tour vainqueur

desPhiiiftins, D'Ifrael abatu releva les dcftins, Qui vit à le fervir nos Tribus toujours

prêtes, D'Hevila jufqu'à Sur étendre fcs conquêtes, Brife. l'orgueil des Rois fbulevez contre lui, Attend-il qu'en fon Camp on le force aujourd'hui f Et démentant ici fà conduite ordinaire. . .'.

JONATHAS.
Et ne connois-tu pas le trouble de mon Père i

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I

Dans les divers tranfports dont il eft combattu; De fes malheurs, du moins, fépare fà vertu.

'en rougis comme toi ; mais parmi tant d'allarmes;

I faut le plaindre, Achas, & lui donner des larmes.
Tu fçai pour l'élever au fiiprême degré ,
De quel état obfcur le Ciel l'ayant tiré,
Fit monter fur un Trône où tant de fplendeur brille;
De Benjamin en lui la dernière famille.
De fa grandeur alors plus qu'un autre étonné,
Long-tems à s'y fbuftraire on ie vit obftiné.
Mais fi jamais le Ciel par d'éclatantes marques;
Juftifia le Sceptre & le choix des'Monarques ,
Si la voix aux mortels peut fe faire écouter ,
Tout Pappelloit au Trône où tu l'as vu monter;
De ce nouvel empire enfin dépofitaire,
Des Décrets du Seigneur il perçoit le myftere.
Du feu de l'Efprit famt effets prodigieux!
Le plus fombre avenir le montroit à les yeux.
Par la bouche le Ciel annonçoit fes Oracles,
Il confirmoit fon choix par de nouveaux miracles i
Et la faveur depuis fe déclarant toujours,
Par d'immortels exploits fignaloit tous les jours.
Mais depuis qu'épargnant une odieufê race,
L'ennemi du Seigneur devant lui trouva grâce,
Relie impur d'Amalec à nos coups échape ,
D'une fecrette horreur il eft toujours frapé.
David, fur-tout David, eft l'objet qui le blefle.'
Appliqué fans relâche à nourrir fa. foibleflê ,
Dans d'éternels foupçons conçus fans fondement»
Son efprit inquiet trouve fon châtiment;
Et rappellant en vain fa vertu démentie ,
Il femble que du Ciel la main appefàntie,
Cherche à vanger fiir lui le mépris de les Loix,'
Et veut par fon exemple effrayer tous les Roi*.

ACHAS.
J'ignore le fuccès que le Ciel lui deftine;

Mais l'Empîre, Seigneur, panche vers la ruine:

Prefle de tous cotez , Ifraèl aujourd'hui

Ne peut trouver qu'en vous là gloire & fon appui.

JONATHAS. Ah !iî pour détourner un fi fiinefte orage, Une falloir, Âchas,qu'écouter mon courage, Qu'au milieu des périls précipiter mes pas, Tu vois toujours en moi ce même Jonathas, Qui vingt fois à tes yeux emporté par la gloire , Des bras de tant de Rois arracha la Victoire. Mais nos Juifs qu'en tous lieux entraînoient mes exploits, N'ont plus pour moi l'ardeur qu'ils avoient autrefois. Le Ciel ajoute encor , pour comble de milere, La révolte d'un camp, au trouble de mon Père j Et parmi le Soldat tu vois quelle chaleur De David jufqu'au Ciel élevé la valeur. • L'elpoir de fon retour eft tout ce qui le flatte, Tout le camp à la fois, prefle, murmure, éclate. ;:

_ -' ''° -; 'A OH A S. D'un camp toutiplem encor de vos"faits glorieux , Le murmure , Seigneur , vous eft injurieux; Mais fongez qu'il s'agit de fauver un Empire. Quelque reflentiment qu'un noble orgueil infpire,' Ne nous écoutons plus quand l'Etat veut parler; S'il demande David, faites-le rappeller; Et par là Jonathas aflurant la victoire, Même en la partageant augmentera fa gloire.

JONATHAS. De fa gloire en ces lieux tu crois donc que jaloux j Je détourne un fecours qui les raflure tous? Non, non , mon amitié qu'un pareil foupçon bleflè^ Ne connoît point pour lui cette indigne foiblefle. Mais penfe-t'on qu'après ces cruels traitemens, A la Cour de Saiil reçus à tous momens , Ims ces pièges dreffezqiie fa valeur éviter

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