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Se hâta Rallumer le feu furies Autels.

Je crains dans ma fureur Nobé réduit en cendre ,

Le fang d'un Peuple faint que l'on a vu répandre.

Tant de vœux rebutez, tant d'impuiifans regrets ,

Nos victimes, le Ciel, nos Prophètes muets;

Tout m'épouvante, & n'offre à mon ame abbatue ,

Qu'une foale dejnaux , dont le moindre me tue.

JOMTHAS, Hé bien , de nos deftins, fans hazarder vos jours; Souffrez, Seigneur,-que feuls nous pourfuivions le

cours; D'autant plus afTurez au combat qui s'apprête, Que nous ne craindrons point pour votre augufte tête. Mais avant tout, Seigneur, daignez nous accorder, Un fècours important que j'ofe demander. Rappeliez un Héros qui chérit votre gloire , Donr par-tout la prefence enttaine la vidoire y Que de fes envieux la fureur vous ravit i Que par des nœuds fàcrez ... SAUL.

Moy , rappeller David'!
Vous voulez qu'en mon lein je recelle un perfide ,
Un rebelle , un ingrat, que dis-je ! un parricide?
D'une indigne amitié perdez le ïouvenir, «

Vous prenez fon retour, craignez de l'obtenir.
Qu'à bon droit aujourd'hui mon courroux implacable
N'impute qu'à lui feul le malheur qui m'accable;
Mais enfin fans chercher à déffiller vos yeux v
Ne vous fnlfit-il pas qu'il me foit odieux?
Ah ! le fang contre vous à peine me raflùre:
Et quand vous époufez l'intérêt d'un parjure,
Puis-je après fes forfaits, & le nœud qui vous joint- j
Parmi mes ennemis ne vous confondre point f

MICHOL
Je ne vous parle plus, Seigneur, comme à mon Perer
Hélas ! qe- nom laçré ne. yous touche plus guère ^

Mais pleine de douleur, âuffi-bien que d'effroi,' Oubliant qui je fuis, je m'adreffe à mon Roi. Je viens pour un Epoux vous demander juftice; Et s'il eu criminel ordonnez fon fùpplice. Mais de fon innocence aujourd'hui defenfêur De rimpoflure aufll confondez la noirceur. En vain j'ai recherché les crimes d'une vie Et toujours enviée , & toujours pourfuivie; De tous cotez , Seigneur, je ne vois que vertus," Que des Rois fubjuguez, des Peuples abatus> D'un ftperbe Ennemi l'audace reprimée , D'Ifraël conflerné la gloire ranimée, Et tant d'autres exploits dont votre cœur épris,' Dans mon Hymen alors lui fit trouver le prix. Errant & fugitif avec quelques Cohortes, On dit que Siceleg l'a reçu dans fes Portes; Mais que fur Amalec détournant tous lès coups, Parmi vos ennemis , il n'agit que pour vous. Qu'Achismême, trompé par fes marches couvertes, Croit tous les jours par lui s'enrichir de nos pertes, Lorfcuie le même bras qui devient notre appui, N'a pu nous épargner fans retomber fur luf. Mais fi dans ces remparts Siceleg le recelle , Que de vos mains, Seigneur , un ordre l'en rappelle Ces monftres dont l'envie attira le courroux, S'enfuiront devant lui, s'il paroit devant vous.

JONATHAS. Oui, Seigneur, écartez un foupçon qui l'outrage; De fes perfecuteurs votre haine eft l'ouvrage , Leur envie alluma ce courroux éternel, David moins vertueux feroit moins criminel. Quand l'oreille d'un Roi s'ouvre à la calomnie,' D'injuftices , de maux , quelk fuite infinie! Des plus nobles dehors le méchant revêtu, Attaque l'innocence, & pourfuit la vertu; Et jaloux d'un Sujet don; Ja gloire le gêne,

Faitfervir & l'Empire, & les Rois à fa haine.
Dût enfin rn'accabler , Seigneur , votre courroux,
Je ne ménage rien quand jeparle pour vous.
De ma Sœur en ces lieux difhpcz les allarmes,
Accordez un Epoux à fes vœux, à lès larmes;
A vous même , aux deftins dlfraël hazardez....'

. . . SAUL.

He bien, il faut vouloir ce que vous demandez.
Immolons à David votre gloire & la mienne.
Vous voulez fon retour , je confens qu'il revienne i
Qu'à fon ambition ici nos propres mains ,
D'un Trône qu'il dévore ouvrent tous les chemins:
Malgré moi, contre vous ,il vous faut fàtisfaire.
Si par tous les complots que j'attens pourfalairc
U jultifie encore un fi jufte courroux ,
Sa perfidie au moins me vengera de vous.

MIC HO L.
An ! dans mon Roi, Seigneur, je retrouve mon Père,
Ainfîle Ciel s'apprête à finir ma mifere.
Surnosfacrez Autels que d'encens va brûler!
Courrons hâter l'inftant qui doit le rappeller.
Bien-tôt vous le verrez voler pour vous deâèndre.
Mais, que vous veut Affer?

SCENE IV.

SAUL ,. JONATHAS , MICHOL , ASSER, ACHAS,

SAUL

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^Ue viens-tu nous apprendre? ASSER. M! preyencz les maux cuu menacent l'Etat.

D'un Enfant d'Ifraël apprenez l'attentat.'
De l'Empire déjà partageant la conquête ,
Le Philiftin s'avance , & David à leur tête.'
L'élite de nos Juifs par lui-même féduits ,
A paru dans leur Camp fous les Drapeaux d'Achis»
Et que fert à Sion l'appui de fes murailles ,
Lorique fes propres mains déchirent fes entrailles .
Du combat dans le Camp on a feméle bruit.
Et l'on ne doute point que le jour qui nous luit >
De vos fiers ennemis n'excite le courage ,
Et n'éclaire entre vous un horrible carnage.
MICHOL

Ah! Ciel!

JONATHAS.
Qu'entens-je?

S A U L.
Hé bien , daignez ouvrir les yeux,
Kecônnoiflez enfin ce Héros glorieux.
C'eft donc là pour fon Roi cette ardeur qui le prefie!
Où m'alloit emporter une aveugle tendrefle ? _
Mon courroux dans mon cœur étoitprêt d'expirer.
Ah \ barbare ! avec toi tout fèmble confpirer.
De tous fes attentats le Ciel même eft complice»
Allons , je vais moi feul pourfuivre fon fiipplfce.
Trahi de toutes parts, je mourrai fans effroi,
Si j'entraîne en mourant le perfide avec moi.

SCENE V. JONATHAS. MICHOL, ACHAS, ELISE

MICHOL.

DE tout ce que j'entens, grand Dieu , que dois je croire? Quoi ! jufques-Jà David auront trahi fa gloire?

Quoi

Quoi !-de Sion en pleurs le trifte Convenir,
Votre amitié J le fang n'ont pu le retenir?
Si malgré tant de nœuds , le loin de fa vengeance;
Entre un barbare Se lui remet l'intelligence,
S'il dément en ce jour tant d'exploits immortels ,
Et du Dieu d1 Abraham foule aux pieds les Autels ,
Hélas ! puis-je penfer que fidèle à là flamme ,
Quand il immole tout, il épargne fa femme?

.' JONATHAS.
Vous écoutez peut-être un injufte tranfport:
D'Eliezerau moins attendez le rapport.
Adieu , de mon côté je vais moi-même apprendre
D'où naît ce bruit fâcheux que l'on vient de répandra
L'impofture fans doute aura pu le femer.

S C £ N E VI.

MICHOL, ELISE.
MIC H O L.
H! courons fur leurs pas pour mieux m'en infor*

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mer.

Hélas ! de quels defTeins faut-il qu'on le' forp^onne? Et toi, qui vois la crainte où mon cœur s'abandonne, Daigne m'apprendre , 6 Ciel » dans un mal fi prêt

fant, Si David cft coupable , ou s'il cft innocent.

Fin du premier Acte,

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