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Vous, Pharrtômes muets qui régnez fur les Ombres,
Pâles Divinitez de ces Empires foinbres
Que ne perça jamais la clarté qui nous luit.
Lieux ou régnent la mort, le lîlence & la nuit;
Pour achever ici de terribles my Itères,
Prétez-moi le fecoure<le vos noirs miniftercs.
Oppofez au Ciel même un redoutable appui,
Exercez un pouvoir que vous tenez de lui.
Je ne viens point au jour dérobant la lumière,'
Replonger l'Univers dans la maue première.
Mais que de la Nature interrompant les loi* ,
L'Ombre de Samuelapparoufe à ma voix.
Soutenez votre gloire à la mienne enchaînée;
Autorifez la foi que je vous ai donnée , ,
Et rendez-moi le prix de cet affreux ferment,
Que l'Enfer même ouït avec frémùTement.
Mon impuiflànce ici vous feroit trop d'injure.
Juftifiez mes droits ; & je vous en conjure ,
Parlefang des enfans que pour vous j'ai verfé^
Par ce bras tant de fois aux meurtres exercé,
Par ces "cruels apprêts que ma fureur ordonne ,"
Accomplitfez.. .Mais quoi fdéja mon cœurfHflonne ï
Je fens tous mes cheveux fur mon front fe dreflêr.
Quels fpeclres devant moi viennent fè retracer?
Le Ciel de tous cotez fakgronder fon tonnerre.
Le jour perce la nuit. Je vois trembler la Terre.'
Dans fon centre entr'ouvert le préfente à mes yeu*
Un Vieillard vénérable & fêmblable à nos Dieux;
Ou du moins dans fes traits leur majefté s'eft peinte.
Moi-même.il rnefaifit &.de trouble &de crainte.
L'Ombre déjà s'ébranle, à mes fensdcffillez
S'offrent d'un fang impur fesvêtemens fouillez;
Et du meurtre d'un Roi fès mains fument encore ,
Son afpe4t fait frémir jufqu'à ceux que j'implore.
Mais que m'apprend fa voix en montant jufqu a moif
Mi> Pieux ! je fuis perdue, & yous êtes le Roi.

'.; i. 1 iii-■ Ey "....

Ma mort feule eft le prix que tant d'audace exige;
Qu'ai-je fait.' malheurculc!
SAUL.
Ah !-ne crains rien, te dis-je i
Mon malheur & ma foi garantiront tes jours.
Achevé. C'eft à moi d'implorer tes fècours.

SCENE VIIL

SAUL, JONATHAS»
LA PYTHONISSE.

JONATHAS qui trouve de larejlftance
en entrant.

TOus vos efforts font vains , & je veux voir mol
Père.

LA PYTHONISSE.
Ah ! quel audacieux vient troubler ce myftere ï

SAUL.
Ciel ! c'eft mon Fils.

• LA PYTHONISSE4 Saut.

Fuyons. Pour feavoir vos deflins j y enez, & huvez-moi dans ces antres voifîns. Elle fort Avec précipitation. JONATHAS. Où courez-vous , Seigneur? S A U L.

Et vous , quelle infolence Vous a conduit ?...

JONATHAS.

Souffrez , malgré votre défenfê, Qu'un intérêt preflânt m'amène dans ces lieux.

SAUL. Ah ! fortez ; & fur-tout que ce qu'ont vu vos yeux Demeure enfeTelrdans un profond myftere.

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SCENE PREMIERE.

SAUL /?»/.

QÛ'ai-je vii ?tout mon iang dans mes veines k
glace.
Julie Ciel ! qu'ai-je ouï ? quelle af&eufè menace!
Quelle nouvelle horreur fuccede à tant d'effroi?
Et toi, fpectre odieux, pourquoi t'enfuir fans moi l
Trop dangereux recours d'une ame criminelle,
Que ne m'entraînois-tu dans la nuit éternelle?
Pourquoi.... Mais quelqu'un vient. O mon Fils »
efl-cevousi , . ».

SCENE II.

SAUL, JONATHAS.
'. .JONATHAS.

QUel eft l'effroi, Seigneur, où vous nous jette
tous!
Quel defTein R long-tems vous cache à notre vue'
Tout un camp allarmé, votre Fille éperdue,
De vos projets =ncor David même incertain;
Quand le Ciel à vos coups livre le Philiftin ,
Saiil, loin de courir où la gloire l'appelle »
Veut-il.... !: -l

SAUL.
Je veux fçavoir fi vous m'êtesjfidele;
Si pendant qu'à l'envi tout femble me trahir,
Mon fils dans mes malheurs eft prêt à m'obéir.

JONATHAS.
Moi ? fi je fuis fidèle aux ordres de mon Père?
Commandez feulement; Seigneur, que faut-il faire l
Faut-il moi feul ici, forçant vos ennemis ,
Montrer à l'univers ce que peut votre Fils?' ■ ■'
Faut-il...

SAUL.

De Philiflins la frontière eft couverte; Et l'Empire en un mot, mon Fils ,■ court à fa perte; D'autant plus que cachant leur funefte defïèin, Nos plus grands ennemis font encor dans fon fcin. Mes malheurs aujourd'hui reveillent leur audace. Enfin Jerufàlem prête à changer de-face, S'il faut qu'ici du fort j'éprouve la rigueur , Suivra, n'en doutezpoint, le parti du vainqueur-. Par de-nouveaux avis je fçais qu'elle confpire. Partez , allez fauver les reftes de l'Empire; •., . Et par vous-même inftruit de complots trop certains Dans Sion ébranlée arrêtez les mutins. D'ailleurs, confiderez quel jufte foin nous prefle, Enlevez de ces lieux une trifte Princeffe Que le Giel vous unit par des liens fi doux; Du malheur qui l'attend fauvez-la, fauvez-vous. Tout confirme aujourd'hui ma jufte défiance'; Voilà ce que je veux de votre obéiffance.

JONA'TH AS. • .;;-. ' -,T.S: i,t Je vois tous les malheurs qui s'affemblenr fur notfs ) Mais pour me renvoyer quel terns choifilfez-YOus{ Aux yeux de l'univers une telle conduite -• • > . Ne fembleroit plutôt que déguifer ma fuite. Vous obéjr , Seigneur, ce feroic vous trahir , -n<-

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