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Et d'où part l'attentat que fK main me Confie. '*,

DAVID.
D'un pareil attentat je ne fuis point fiirpris;
De mes travaux, Seigneur, je reconnQis le prix.'
Et moi-même...

J ONATHA S.
Mon bras, prêt à tout entreprendre ,•
Loin d'attaquer vos jours , s'arme pour les défendre;
C'eft peu de condamner tous fes tranfports jaloux.:
Je vous fers contre un Père , & même contre vous.
Cependant prévenons une funefte fuite.
Partez enfin, mes foins couvriront votre fuite.

DAVID. Quoi donc, vous prétendez que je fuye un courroux Dont le funefte éclat retomberoit fur vous; Et qu'auteur d'un malheur qui comble tous les autres, Quand vous fauvez mes jours, j'aille expofer les vôtres? Des fureurs de Saiil je vois l'effet certain. Ne vous fouvient-il plus du fuperbe feftin, Ou changeant en des pleurs la pompe & 1 allegreffè: 1 our moi de votre cœur aceufant la tendreflè *aul quç tant de trouble alors n'aigriUbit pas, Uu meurtre de fon Fils alloit fouiller Con bras i Ma mort à fa valeur ouvre enfin la victoire, «du Trône des Juifs vous affure la gloire/ He quoi, toujours errant dans des climats divers: uans l'ombre des forefts, dans le fond des deferts 1 Uans les antres affreux où ma vertu s'éprouve , Je fins par-tout Saiil, & par-tout je le trouve? Je le connois, Seigneur, & fçais jufqu'àquel'point

>on courroux rallumé

JONATHAS. ,, . . r _ . Non > vous ne mourrez point: J en réponds. Je fçais trop ce que l'honneur demande. ve que mon amitié... ^

SCENE V.

JONATH A S ,D A V I D, UN ISRAELITE.

r

L'ISRAELITE.

OEigneur, le Roi vous mande; Et (on ordre fûr-tout preflant votre entretien, Porte que fans le voir vous n'entrepreniez rien.

J ONATHAS. Le'Roi, dis-tu , me mande, & fon ordre me preffe. Ah ! je le reconnois; & déjà fa tendrefle A remis dans fon cœur des fèntimens plus doux, Il vient tle révoquer l'arrêt de fon courroux , Son cœur ne garde point une haine implacable.' • Je cours pour appuyer un retour favorable; Et diffipant enfin un complot odieux , Bien-tot mon amitié vous rejoint dans ces lieux; Adieu, ne craignez tien.

SCENE VI.

D AVlDfeui. ,

A

Quoi dois-je m'attendref Et quel eft cet elpoir qu'un ami veut me rendre 3 En eft-il dont le cours puifle m'étre permis, Dans le cruel état où mon malheur m'a mis? Sans cefle.renverfant un elpoir légitime, Une fatale main creufe un nouvel abîme. ■ Saiil de mon deftin ne peut changer l'horreur. Et ce retour entraîne ou couvre fa fureur.

Trop heureux, fi du moins, au malheur qui s'apprête,
Tous fes cruels deffeins n'attaquoient que ma tête!
Quel aveugle tranfport, comblant fes attentats ,
Armoit pour me percer la main de Jonathas!
Amitié, nœuds du fang , eft-il rien qu'il refpecte?
Sans doute , cette main lui paroît trop fuipeâe.
Et loin de révoquer l'Arrêt qu'il a rendu...

SCENE VIL

DAVID, MIC H QL, ELISE, j

MICHOL

AH ! fuyez de ces lieux , ou vous êtes perdu.
'Fuyez ;.& profitez du moment que vous laifle
Le foin d'aûurer mieux leur fureur vengereffe.
De qui peut vous lâuver on écarte le Bras.
On vient, Seigneur, on vient d'arrêter Jonathas. |

D A V I D.
Courons de ces cruels détourner la colère ,
C'eft fur moi fèul.

MICHOL.
O Cielî^que prétendez-vous faire?
Venez, ce n'eftpas là, Seigneur , votre chemin.]
Pourquoi vouloir tenter un courroux inhumain; j
Et fervir contre vous des trames criminelles f
Il eft, pour vous fauver des Juifs encor fidelies.

DAVID.
Non, non, tous vos efforts font ici Superflus.
Je dois le fuivre.

MICHOL.

Et moi, je ne vous quitte plus J Cruel, prétendez-vous que leur fureur jaloufe Vienne vous arracher des bras de votre Epoufë î

Mais ayant qu'accomplir leur funefte dcflein;
Xa Fille de leur Roi va leur ouvrir fon lèin,
Qu'ils frappent ; il n'eft rien que mon ame redouté;
Le Ciel, lé jufte Ciel me foutiendra fans doute.
Père injufte & cruel ! mais plus barbare Epoux,
Pourfuivez-vous fur moi fes fureurs contre vous?

DAVID.
Hé bien, il faut partir, Madame , & vous en croire
Malgré tant de devoirs , en dépit de ma gloire.
Souillons tous ces exploits que rien n'avoit ternis.
Fuyons, venez ,marchez fur les pas des bannis.
Partagez les hazards où mon deftin me livre.
Madame, fuivez-moi.

MICHOL

Qui moi,Seigneur,Tousfuivre?

D A V I D. Pourrîez-vous balancer à (Livre votre Epoux?

MICHOL. 'Ah ! de Saiil, Seigneur, prévoyez le courroux. D'un Frère qui vous fert le feul péril m'arrête , Et c'eft à moi, Seigneur, d'en garantir la tête. A nos malheurs enfin loin de i'affocier, J'en prends fur moi le crime & je dois l'expier. Partez ,puifqu'à vos pas s'ouvre encore la fuite. Mais on entre. Que vois-je , Affer.' & quelle fuite * OCïel! n

SCENE VIII.

A S S E R , MICHOL , DAVID , ELISE; Troupe de Gardes.

A S S E R.

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E dois juger, Madame, à cet effroi,

.Que Que mon abord vous dit les volontez dn Rof.

I> A V I D.
Je vous entends. Du Roi l'ordre cruel, m'arrête.
Mais moi-même à fes pieds j'allois porter ma tête
J'y cours enfir/. Malgré les plus facrez liens ,
Qu'il immole des jours qui fauverent les fiens.

MICHOL.
Plutôt de mille morts je eeflerois de vivre.

DAVID.

Ah ! fi je vous fuis cher, gardez-vous de me fuivre,'
Son courroux me fait graçel, & je 1 refaire enfin.
Le Ciel même pour moi peut étendre la main.
Mais quel que foit mon fort, ou rtinefte, ou prof-

pere,
Madame du même oeil voyez toujours un Père ,
Vous devez féparer, jufques dans fon courroux *
De fa haine pour moi, fa tendrefle pour vqus.
Sur moi feul aujourd'hui cette haine s'épuile.
Adieu, Madame.-Allons ,Gardes, qu'on me cbifrJ

duife.

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