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Allons , il n'eft plus tems. O Ciel ! mon fils cft

mort. C'eft Achas que je vois.

SCENE DERNIERE.

S A U L , MIC HO L , DAVID, ELISE, ACHAS.

ACHAS.

w A défobéiflance ,' D'un Héros malheureux embraffoit la défenfe, Lorfque dans le combat que le Ciel a permis , Il tourne les efforts contre vos ennemis. A ce nombre de Juifs dontla terre eft couverte , Il ne fe croit que trop inftruit de votre perte. Aller même à fes yeux percé de mille coups , Ne lui laiffoit, Seigneur , aucun efpoir fur vous. Mais lui-même indigné de fes propres allarmes î llfmt âufmg, dit-il, cefi tref feu de mes larmes. De'vos Juifs auffi-tôt ralliant les débris , Il flatte leur courage, & vole aux ennemis. Bientôt par fa prelence à vaincre accoutumée , Il attire fur lui les forces de l'armée. Son bras en foutenant l'effort de toutes parts, De mourans & de morts s'étoit fait des remparts. Mais que peut la valeur, quand le nombre l'accable? II liibit de fon fort l'arrêt irrévocable; _ Et plus fier d'un péril qui les faifoit pâlir,_ Dans fon triomphe alors fe.mble s'enfevelir. SAUL Ileftwort!

A G H A S.

Accablé lui-même de là gloire ,'
Seigneur, l'ennemi doute encor de fa vicîoire.
Et moi, contre mon fein j'allois tourner mon bras ,.
Quand Jonathas mourant adreffe ici mes pas.
Ah! fi par un bonheur , m'a-t-il dit,que f'ignore ,
Si far un coup du Ciel , mon Père vit encore ,
Tu peux lui dire, A chas, que je meurs fatiifait ,-
Si monfang répandu peut laver fin forfait,
Contre lui du Seigneur appaifir la colère;
Mais quauffi de ma mort j'exige pour falaire,
Que Ôavtd , dont les vœux lui font tout ajfervis^
Tnp digne de régner , lui tienne lieu de Fils.
A ces mots. . . Ah ! Seigneur.

S AU L fi jette fur l'e'pe'e d'Achas , f>
s'en frappe.

O Juftice fèvere l

IÀvec le fang du Fils reçois celui du Père.
MICHOL.
Dieu pu iliant!

SAÏÏL.
C'en efi fait, l'Eternel efi vangé,
Ma faute efl expiée & mon cœur foulage.

( a David. ) C'eft à vous maintenant, Seigneur, que je m'adreflev Vous voyez mes malheurs , vous fçavez ma ten

drefliê. A la main qui me perd vous devez imputer Cet injufte courroux que j'ai fait éclater. Mais des dèfleins du Ciel déplorable victime , Dans mes plus grands transports vous eûtes mon

eftime. Jufquesau bout, Seigneur, il faut la mériter. Jurez-moi donc qu'au Trône où vous allez monter , Vous -ne confondrez point le crime & l'innocence, Queinon fang jouira, de la Toute-Puiflance;

Qu'avec le Sceptre enfin, Seigneur , ma Fille en

vous,
iVa retrouver un Frère, un Père , & fbnEpoux.

DAVID.
Et quel eft votre Coin dans ce moment fonefte i
Ah ! j'attefte à vos yeux la puiflance celefte ,
Que pour elle à jamais mon amour éclatant,
Que ma foi...

SAUL.
C'eft aflêz , Seigneur, je meurs content.
Recevez mes adieux, ma Fille, je vous laiflè.

( à David. ) Sous la main qui m'accable , enfin tremblez fîias

celle, Seigneur ;& profitant de cet exemple affreux, Vivez aiuTipuiflànt, & mourez plus heureux»

FIN,

HE-RODE

TRAGEDIE Tirée de l'Ecriture Sainte.

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