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SCENE II 1.

ANTIPATER feul.
Clel! que m'a-t-elle dit ? & que viens-je d'en-

?
Quel est l'affreux secret que l'on vient de m'apprendre?
Moi-même en quels soupçons je commence d'entrer?
Le Roi l'aime ! & Salome auroit pû l'ignorer?
Non, elle te trompoit, quelqu'effort que tu filles.
Ah! ne connois-tu pas ses cruels artifices?
Qu'as-tu fait malheureux ! par quels traits inhumains
Dans le sang de ton frere as-tu trempé les mains ?
Le succès, il est vrai , dans l'ardeur qui t'anime,
Pouvoit à l'Univers justifier ton crime.
Quelquefois d'un forfait naissent les plus saints droits,
Et le crime se perd dans la gloire des Rois.
Mais quel fruit reçois-tu de ton intelligence?
Du moins en me perdánt assurons ma vengeance ;
Mais avant qu'éclater je veux être éclairci.
Diffiinulons encor, on entre : la voici.

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SCENE I V.

ANTIPATER, SALOME.

ANTIPATER.
Adame, à vos efforts la fortune asservie ,
Disparu dans Solime , aussi-tôt qu'arrivé,
Thirron n'est plus à craindre, & vient d'être enlevé:
Dans les murs resserrez d'une prison obscure,
Laissons-lui de fon zéle exhaler le murmure.
Arbitre de ses jours, ...

M envie.

SALOME.

Il est entre nos înains, Prince, & peut être encore utile à nos defseins. Du Palais cependant il faut garder les portes : Prenez soin qu'Euriclés redouble ses cohortes , Et que dans la fureur un vil peuple écarté Ne trouble point ici ce que j'ai projetté. En tunulte assemblé par un ordre suprême Le Conseil... Mais on vient. C'est Hérode lui-même, Prince, allez....

ANTIPATER.

Je conçois vos defleins : il suffit. Adieu, Madame.

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HERO DE
He bien, ma fceur, on me trahit !
Reconnoissez les traits & la main d'un perfide;
Vous-méme examinez la fureur qui le guide.
Cet écrit

par Philon vient de m'être remis; Lisez.

SALOME:
Je reconnois les traits de votre fils.
ALEXANDRE A VARUS.

Je pars. Une raifon fecrette
Auprès d'Archélaüs va conduire mes pas.

Vous pouvez jusqu'en les Etats M'ouvrir parla Syrie une fure retraite.

Rome quoi qu'il puisse Avenir , Ne peut laiffer pour moi Sefaveur imparfaite :

Prenez soin de la prévenir.

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Le peuple, en quelque état mon destin me jette,
Du

fang de ses vrais Rois garde le souvenir.
De ses vrais Rois ! ô Ciel ! quelle est donc fa pensée?
Fils d'Hérode, quelle est sa fureur insensée?
Vous l'entendez, Seigneur, vous voyez quel parti...

HÉRODE. Par mes exploits Juda vient d'être annéanti. Dans le cours éclatant d'une guerre funeste De ses inaîtres Solime a vû périr le reste. Ciel! arbitre des Rois, quel injuste pouvoir Sous l'appas des grandeurs cherche à nous décevoir ? Et tenant seul le naud de tant d'intelligences, Nous remet l'ordre affreux d'exercer ses vengeances ? Forme à son gré les droits qu'en nous il réunit , Et malgré nous nous pousse aux crimes qu'il punit? J'ai fervi tes desseins: ta justice qui brille Reprend pour m'en punir des traits dans ma famille ; Et tournant contre moi tous les

coups de ma main, Contre un barbare époux arme un fils inhumain.

SALO ME. Quoi! vous croyez, Seigneur, qu’une douleur sincere Poursuive dans ces lieux le trépas de la mere? Cette feinte douleur n'est qu'un prétexte vain, Qui lui met contre vous les armes à la main, La nature bizarre en sa propre querelle L'armeroit contre vous, en l'animant pour elle? De l'intérêt du sang il pourroit s'occuper? Non, non l'éclat du Trône a pû seul le fraper ; L'ambition l'irrite , & non point la tepdresse : Mais vous ne sçavez pas le péril qui vous presse.

HERODE. Quoi donc? & quel péril ?

SALOME.

Son courroux enfame Laissoit dans sa retraiteun parti tout formé. J'ignore le secret d'une telle entreprise:

( í

Mais d'un trop juste effroi vous me voyez éprise;
Des Princes de Juda ministre impérieux,
Thirron, Seigneur , Thirron a paru dans ces lieux.
Vous sçavez pour ce fils le zéle qui l'anime.

HERODE.
Ciel! que me dites-vous ? Thirron est dans Solime!
Lui qui d'un long exil s'est imposé la loi?
Quoi, toujours la vertu s'armera contre moi?

SALOME.
De quel nom nommez-vous cette persévérance ,
A prendre contre vous une injufte défense?
De qui cherche à nourrir une fatale erreur,
La constance est revolte, & le zéle eft fureur.
Dans les flots englouti, le jeune Ariftobule
Par lui vit soulever un peuple trop crédule,
Qui sans l'appui d'Antoine alloit vous renverser
D'un Trône où mille exploits venoient de vous placet:
Bientôt pour protéger le fang de Mariamne,
Suivi dans ce Palais d'une foule profane....

HERODE.
Hé bien , Madame, allons; ménageons les momens,
Vous-même de Thirron fuivez les mouvemens.
D'un fils qui me trahit la perte esatoute prête :
Le Conseil assemblé me répond de fa téte;
C'en est fait, pour l'ingrat il n'est plus de retour :
J'ai senti dans mon cæur expirer mon amour.
Et toi , qui dans ton sein élevas son enfance,
Rome, en vain tu voudrois embrasser sa défense:
Je vais te prévenir. En de tels intérêts
Il faut exécuter ; on délibere après.
Roi, pere , maître enfin, n'en ai-je qu'un vain titre?
Rome de ses destins ne fut que trop l'arbitre.
Ah!

que sur Silléus tombe à son gré son choix,
Ton falut te devient le premier de tes droits.
Et qui sçait pour ce fils sí la faveur ouverte
Ne ya point
préparer la puissance & ma perte ?

Tout

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Tout vers son châtiment me porte avec ardeur,
Et j'ai d'Archélaüs mandé l'ambassadeur.
Loin d'accomplir ici cette union qu'il preffe,
Je vais entre les mains remettre la Princeffe ::
Mais prêt à l'éloigner de ce fatal séjour
Je puis me soulager , & révéler au jour
Un feu qui me consume , & que mon cæur condamne..
Qüi , je sens que je l'aime. Entr’elle & Marianne
Partagé tour à tour , ou plutôt déchiré,
Brûlé de nouveaux feux, de douleur pénétrégs
Agité de remords , de desirs & de crainte;
Je souffre sans espoir , & j'aime avec contrainte..
N'irritons point du Ciel l'implacable rigueur ;.
Si je vois Glaphira , je crains tout de mon cauri
Sans doute l'on diroit qu'une main vengereffe.
Affassine le fils pour ravir la maîtreffe.
Peut-être l'univers l'attend avec effroi,
Et le crime du moins en eft digne de mois.
Déjaj'ai soulevé les nations entieres.....

S G E NE V. I..

HERODE, SALOME, ACHAS.

ACHAS. Signeur, je viens sçavoir vos volontez dernières: Le Conseil les attend, tout prêt à prononcer.

HERODE Et croit-ilo

que mon coeur puisse encor balancer? Et que déliberant où le crime décide. Ma pitié dangereuse épargne un parricide ? : Non, non, les attentats ne sont que trop certainsaLe Conseil a reçu mes ordres souverains ; Contre ce fils ingrat c'est à lui de les suivre : A les aprêts sanglans ma justice le livre;

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