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OSARPHIS

O V

M O Y S E>

TRAGEDIE.

ACTE PREMIER.

SCENE PREMIERE.

4MENOPHIS, PHANE'S. A M E N O P HI S. E te cherchois,Phanés. Oui,c'eftdans

ce grand jour Que tu dois me montrer ton zélé &

ton amour. T»i fçais que Pharaon m'adonne la naiflance Y J "lu'une injufle fœur ravit à mon enfeacc

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Le Sceptre qu'après elle & l'Armée & Memphîs
Contre les droits du iang vont remettre à fon fils.
II arrive. La paix vient d'être déclarée
Et c'eft par cette paix entre vingt Rois jurée ,
Que retenant Tharbis fous un joug inhumain
D'indignes Alliés dilpofent de fa main.

P H A N F S.
Je fçai que par fon père en ces lieux amenée
Au ht d'Amenophis , Tharbis fut deftinée.
Héritière d'un Sceptre & fille de nos Rois,
Elle y portoit pour dot & leur gloire & les droits.
Tout fembloit vous promettre & l'un & l'autre Em-
pire:
Mais les tems font changés , & fî j'ofo le dite,
Les exploits d'Ofarphis ont féduitles efprits
Et du Trône en effet vous difputent le prix.

AMENOPHIS. Comblé de tous les vœux que fa victoire entraîne , La fortune entre nous peut-elle être incertaine? CMarphis triomphant va l'emporter fur moi Et le Peuple à genoux en recevra la loi; Par combien de faveurs l'une à l'autre enchaînées Le fort....

PHANE'S. Ce grand jour doit fixer fes deftinées. Ma voix même parmi des honneurs éclatans Doit le proclamer Roi : mais c'eft où. je Fattens.

AMENOPHIS. Quoi lui-même aujourd'hui trouveroit des obftacles l

P H A N E' S. Rappellez-Yous, Seigneur, cet avis des oracles Par qui de tant d'horreurs tout le peuple furpris Remplit Memphis de trouble & le Ciel de fes cris. Tremble, Egypte , un enfant va naître r De tes Rois l'ennemi fatal: Du vit fftng d'un efclavc ,on,te fufoite un maître.

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SCENE III.

JOCA3EL, ISERIDE.

JOC ABEL.

i Seride, pour nous dans ce climat barbare ,
Tu crois donc que du Ciel la faveur fe déclare:
Qu'à fes exploits brillans, je puifle me flatter1 i
Qu'au Trône de l'Egypte , Ofarphis va monter.^
Non, tu n'ignores point quel trait dans fon bas âge
D'un fort bien différent nous forma le préfage.
Le Roi dans des tranfports qu'il ne comprenoit pas
Admiroit fon enfance , il le prit dans mes bras,
Le baigna de fes pleurs , & de fa main lui-même
Sur fon front foible encor pofa le Diadème.
Sans doute de mon fils , Dieu conduifoit l'efpnt.
Tout à coup enflammé de honte & de dépit
Et tournant fes regards vers le féjour celefle,
On lui vit arracher cet ornement funefte , _
Le fouler à les pieds , & dans l'arme du Roi
Jetter lubitement & le trouble & l'effroi.
Mais toi-même tantôt n'as-tupas dû comprendre
Ce que Phanés ici m'a voulu faire entendre >
La nature & le fang promts à fe révolter^
M'apprennent qu'un orage eft tout prêt d'éclater.
De ce fils aujourd'hui toi feule as connoiflance »
C'eft toi-même....

ISERIDE.
Je fçai qu'il vous doit fa naiflance j
Que des flots en ceurroux Mo'ife préfervé
Sous le nom d'Olarphis alors fut élevé
Et que de Pharaon Ja vertueufe fille

Comme

Commeun enfant divin l'admit dans fa famille.
Tout Je favorifoit , veuve de Thermeftris,
An berceau même alors elle perdit un fils;
Et dans l'efpoir fecret d'adoucir fa difgrace
O&fubrhtuer Olârphis à fa place.
Plus éblouie encor de Ces derniers exploits
Alempbi croit voir en lui le pur fang de Tes Rois.
Aron eft de retour , vous l'avez vu , Madame ,
helt a « fils fi cher qu'il faut ouvrir votre ame.
M ^ euI en ces lieux diffiper votre effroi;
Mais furtout montrez-lui fon frère dans fon Roi.
t. JOCABEL

il n eft pas tems encor & fur fa deftinée
l'aide, le Ciel tient ma langue enchaînée.
Aron fcait feulement par des rapports confus
VuUfarplns eft Hébreu ; mais ne fçait rien de plus •

ft°r f^re fur le refte attentif à « taire
Ula lm révéler la moitié du myftere;
*aPpuya dans fa foi des motifs les plus faims!
« totam de Ton Dieu crut fervir les de/Teins
■ni ,■ ISERIDE.

l- s'il faut avec vous bannir toutes contraintes N!u« tems choififiez-vous , Madame , pour vos

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plaintes

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