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( Crispin oient avec son jusil, et Rujfine le suit qui
le retient par le bras, comme il couche enjoué. )
Sommes-nous dans un bois?
As-tu donc entrepris de mettre à bas ma porte?
Je m'en vais te parler, et de la bonne sorte.
II n'y va pas manquer.

Ha! Dieu ! que faites-vous?
Je veux exterminer le plus grand des filous:
Il trouble le repos de l'ange que j'adore.
Voyez-vous le pendart? le voyez-vous encore?
Il ne branlera pas.

C'est peut-estre qu'il dort.
Il dort donc tout debout. C'en est trop.
( // tire et thomme de paille tombe; et au bruit du
coup tiré Philipin et Lycaste viennent avec une
lanterne vers le fantosme; puis le jardinier et la
jardinière accourent. )

Je suis mort, Au secours, viste, à l'ayde, ayez soin de mon ame! Qu'avez-vous fait, grand Dieu?

De frayeur je me pâme.
Je m'enfuis par derrière.

Et je vous quitte aussi.
D'une subite peur je sens mon cœur transi.
Nous sommes tous perdus, s'il faut que la justice
Contre nous de ce meurtre ait quelque foible indice,
à Lycaste.

Il vient d'estre tué, nous sçaurons bien comment.
L'assassin n'est pas loin, cherchons-le promptement:
Autour de ce jardin allons faire la ronde.
J'entens là des archers : ma peur est sans seconde.
Nous manquons des moyens de nous les rendre amis.
bas a Lycaste.

Profitons du désordre où nous les avons mis,
Et gaguons promptement la porte de derrière;
Ruffiue doit s'y rendre avec la jardinière:
Nous enlèverons tout.

Le coup a fait éclat.
Ha! maudite arme à feu, que n'as-tu pris un rat ■!

LE FLEUR.
CRISPIN.

1 On dirait aujourd'hui raté : c'est la même ëtymologie. Prendre un rat l'employait aussi pour matiqver vn coup, en toute autre sorte d'affaires.

LA FLEUR

CRISPIN.
LA FLEUR.
CRISPIN.
LA FLEUR.
CRISPIN.
LA FLEUR.

CRISPIN.
LA FLEUR.
CRISPIN.

LA FLEUR.

Dis-moy, que ferons-nous?

Il faut fuir, et bien viste,
Et, sans plus différer, chercher un autre giste.
Encor ne sçais-je pas comment nous sortirons,
Car eus diables d'archers sont tous aux environs;
Mais à fuir promptement le péril nous convie,
Et tous ces vains regrets nous cousteroient la vie.
Fuyons puisqu'il le faut, mais.... •

Quoy, mais?

Mon ballot!
Quoy! pour de vieux papiers!...
Ha!

Ron Dieu! quel sanglot!
Quoy, ces papiers, Monsieur, sont-ils d'une impor-

[ tance?... Ouy, très-grande.

Rien moins qu'aller à la potence. J'ay de plus un coffret que je veux emporter: Viens m'aider promptement.

Allons sans consulter.

SCÈNE III.

GÉRONTE, seul.

(Il sort avec sa lanterne et son épée.) «éronte. Paris est un tonnerre, et le jour et la nuit. Lycasle et Philipin seront courus au bruit: Ny neveu, ny valet pour mov n'ont point d'oreille, J'ay beau les appeler, personne ne s'éveille. On a tué quelqu'un, et je me trompe fort Si près de chez Crispin le malheureux n'est mort. (// fait unpasen arrière de frayeur,et puis retourne l'homme de paille de costé et d'autre, et le tient debout jusqu'à la sortie de Crispin.) Le voilà; mais voyons si je le puis connoistre. Ha ! ma foy ! tout cecy doit estre un tour de mnistre. Quoy que Crispin soit fin il en est de plus fins. Et Paris est remply d'étranges pèlerins ',

1 Rons apôtres, rusés coquins : < Si lu connaissois le pèlerin, tu Irouveroi» la chose assez facile pour lui, » dit Sganarelle en parlant de don Juan, daus le Feilm de Pierre de Molière. (I, se 1.)

Il n'en faut point douter, et que quelque bon drille
N'ait joué ce tour-là pour enlever sa Allc.

SCENE IV.

CRISPIN, GÉRONTE, LA FLEUR.

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en courant comme un insensé, et allant choquer

paille, tombe avec luy par terre.)

Au voleur ! je suis mort. Saisissez-le, il s'enfuit.

Maudit soit le lourdaut et maudite la nuit!

{Crispin en se relevant fait de frayeur deux pas eu

arrière.)
Vous écrasez le mort.

Arrestez, je vous prie,
On vous a fait icy quelque supercherie;
Le mort qui vous fait peur ne fut jamais vivant:
C'est un homme de paille, un sac remply de vent.
Les objets aisément nous trompent à la lune,
Et quelque fin matois vous en a donné d'une.
Cher amy, c'en est fait, courez, je ne l'ay plus.
Voilà le chastiment d'un injuste refus:
J'adorois vostre Aile, elle vous est ravie.
Puisque j'ay tout perdu, je veux perdre la vie.
Comme il crie ! Est-il fou?

- Ouy, je cherche à mourir. Mais vostre fille enfin!

Ha! laissons-la courir,
Ce n'est pas là mon mal ; qu'elle s'en aille au diable!
Il a perdu l'esprit.

Que je suis misérable!
Vous la retrouverez.

N'es-tu point du complot?

Cent filles me sont moins, traistre, que mon ballot.

Que jusques au Japon la mienne se promène

Je veux estre pendu si je m'en mets en peine;

Mais il y faut périr ou ravoir mon trésor.

Nul ne s'empresse icy pour moy ; crions encor:

Au secours ! au secours! au meurtre, on m'assassine!

II le faudra lier.

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regarde Vun et l'autre, et fait le surpris et le rail

Qu'est-ce donc? qu'avez-vous?
A-t-on blessé quelqu'un ? Où sont-ils les filous?
Mais ne serois-tu point un des filous toy-mesme?
Tu m'as tout l'air, fripon, d'un homme à stratagème.
Ne nous déguise rien, et ne fais pas le sot.
Rends-moy, traistre, rends-moy mon coffre et mon

[ballot.
Pour ma fille, eu un mot, qui l'a prise la garde;
Mais à plus qu'il ne croit le galant se hasarde.

Enfin

Enfin, rends-moy tout ce que tu m'as pris.
Quelque démon sans doute a troublé vos esprits;
De quoy me venez-vous parler et l'un et l'autre?
Je crois que vous resvez, et je n'ay rien du vostre.
Non, non, hier tu faisois par trop l'officieux.
Tu guignois mon ballot, et le mangeois des yeux.
Ce joly marmouset, toy, Lycaste et Ruffine,
Vous avez conspiré tous quatre à ma ruine;
Confesse, ou je t'étraugle.

Ouf! c'est donc tout de bon?
C'est assez mal s'y prendre, et sur un mauvais ton:
Sçachez que Philipin est valet d'importance,
Et n'est pas d'encolure à souffrir qu'on l'offenee
Cherchez où vous pourrez fille, coffre et ballot,
Je voulois dire tout, et je ne diray mot.
Ha! mon cher Philipin, appaise ta colère,
Parle, j'oublieray tout.

Il faut encor plus faire:
Si vous voulez ravoir ce que l'on vous a pris,
D'un si rare bienfait Isabelle est le prix ■.

{Philipin les leur.)

PHILIPIN.

CR1SPIN.

OERONTE.
CRISPIN.

PHILIPIN.

CRISPIN.

PHILIPIN.

CRISPIN.

PHILIPIN.

CRISPIN.

'Molière semble aussi avoir imité ce passage. Ou retrouve dans tAvare l'équivoque entre la cassette et la fille, et Oléante stipule de même qu'on lui ac

PHILIPIN.

CRISPIN.

PHILIPIN.

CRISPIN.

PHILIPIN.

(iERONTE.

PHILIPIN.

(iERONTE.

CRISPIN.

PHILIPIN.

CRISPIN.

PHILIPIN.

Géronte à son neveu doit bien céder la place.
Le feu mal aisément s'accorde avec la glace:
Vostre lille est fort jeune et l'oncle fort âgé;
Le tout entre elle et vous doit estre partagé:
Elle aura le ballot, le coffre vous demeure;
Autrement rien du tout. Délibérez sur l'heure.
La partie est bien faite, et le tout en bon lieu;
Choisissez.

Les filous!

Vous consultez! Adieu.
Non, reviens, Philipin. Tu sçais que la justice
Contre tous les voleurs ordonne le supplice,
Et que, si je voulois, je n'aurois qu'à siffler
Pour te faire demain danser un branle en l'air.
Ce n'est pas le moyen de gagner vostre cause.
Acceptez, croyez-moi, ce que je vous propose;
Contre un maistre jamais je ne feray faux pas,
Et mille feux rangés ne m'ébranleroient pas.
Amy, je le connois : c'est une ame obstinée,
Et nous avons tous deux la mesme destinée:
Nous perdons l'un et l'autre, et, pour nous consoler,
Consentons à l'hymen, faisons-les appeler,
Faites-m'en donc tous deux serment inviolable.
J'en jure pour ma part.

Moy, je te donne au diable.
Il n'est donc rien de fait!

Va, je t'en jure aussi.
Courage, ils ne sont pas tous deux fort loin d'icy.

SCÈNE DERNIERE.

CRISPIN, GÉRONTE, LA FLEUR, LYCASTE, PHILIPIN, ISARELLE, RUFFINE, LISETTE.

Philipin. Venez, venez, Monsieur.

Crispin, voyant Ruffine. Voicy ma bonne beste.

Philipin. Venez enfin jouir d'une aimable conqueste. Isabelle est à vous, cet objet ravissant:

corde la main de Marianne (V, se 6) pour condition de la restitution de la cassette.

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