페이지 이미지
PDF
ePub

par quelques terres ou des bois, donc l'Espagne ne tiroit aucun fervice.Pendant tout ce discours M. le Cardinal paroifloit fi perfuadé de mes raisons, qu'il me promit de n'oublier rien pour tâcher de porter M. de Pigneranda à entrer dans les moyens qu'on pourroit trouver pour me fatisfaire ; & m'ayant demandé deux ou trois jours pour me faire sçavoir la disposition où il auroit trouvé M. de Pigneranda, j'appris qu'il étoit d'avis qu'on entrât tout-à-fait en conx férence avec ntoi pour enrendre mes propositions & examiner ce qu'il y auroit à faire. Aussi - tôt que je fûs voir M.de Pigneranda , je n'oubliai rien pour lui faire connoître que j'attendois tout de ses fuffrages, & que M. le Prince. lui seroit obligé de la justice qu'on voudroit lui faire. Il me dit qu'il

falloit que je continuasse à faire mes diligences & surtout auprès de M. le Marquis de la Fuente, qui avoit ére nommé pour mon Commissaire ; que je pouvois assurer M. le Prince qu'il feroit ce qui dépendroit de lui pour sa satisfaction. Sur cela j'entrai en quelque esperance, fçachant bien que M. le Marquis de Castel Rodrigues & ses amis ne me manqueroient pas au besoin ; j'appris bien-tôt par lui

que M. de Pigneranda paroisfoit mieux disposé qu'auparavant & que quand il seroit embarqué à bien faire, M. de Castel Rodrigues & deux ou trois de ses amis suivroient fes. mouvemens, sans faire paroître: cependant tropd'empressement.. Je n'ai point encore parlé de Dom Fernandez del Campo qui: étoit le Secretaire qu'ils appellent Universel, qui seul à ge.

noux fçait tout ce que Sa Majesté doit signer & ne laisse pas d'avoir fa considération dans la Junte , encore que je l'eufle vů fans avoir pû penetrer en aucune façon ses sentimens. C'étoie un petit vieillard qui avoit beaucoup d'esprit & sçavoit bien parler sans d'écouvrir ses intentions. Il m'avoit entretenu des fervices de M. le Prince , mais il ajoûtoit ausfi les besoins qu'on avoit d'argent pour des affaires très - prefiées & d'une grande conséquence. Je redoublois mcs. follicitations en general & je fis un Memoire de ce que je pourrois demander , efperant à la fin qu'on en viendroit à écouter mes propo. fitions, peu de jours après j'ap pris de la petite Marchande qu'on devoit me demander un Memoire, & ayant été voir M. le Marquis de la Fuente ,, il me

oser me

dic de lui en remettre un de mes prétentions; mais qu'il doutoit fort qu'on pût me donner de l'argent sur la flotte qu'on attendoit, parceque tout ce qui en devoit revenir étoit consommé par

avance : je lui dis que j'en sçavois allez

pour flatter qu'il ne tiendroit qu'à ces Messieurs de la Junte de m'én faire toucher une partie, en me Fassignant sur la petite flotte qu'on disoit venir au mois d'A: yril. Je donnai donc un Memoire dans lequel je commençai a écablir la dette qui montoit environ à six millions ; je demandois cinquante mille pistoles comptant,le Charolois pour cinquante mille écus, pour pareille somme de bois à prendre en la forêt de Nieppes, la Prevôté de Binche sur le pied du denier trente de ce qu'elle valoir de revenâ, & le surplus payable dans

quatre années, soit en argent, terres ou bois aux Pays - Bas. Lorsque M. le Marquis de la Fuente eut vû mon Memoire, il se recria fort sur la grandeur de mes prétentions, mais il ne laissa pas de s'en charger , me repetant encore, qu'on auroit de la peine à me donner de l'argent, & moi je lui dis que je ne pouvois me résoudre à m'en retourner si je n'avois pas une somme considerable. Quelques jours après je recommençai mes sollicitations & je trouvai dans le visage de mes Juges, (s'il m'est permis de les nommer ainsi,) un air que je n'y avois pas encore vû ; il n'y eut pas jusqu'a Dom Pedro Fernandes del Campo qui me dit , qu'on feroit enforte de me donner un million à prendre sur les PaysBas en terres ou en bois , ainsi quej'en conviendrois avec M. le

« 이전계속 »