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mortes. Il fêroit fort utile qu'un res glement portât injonction à la famille ou au Maître de la maison où l'on croit que quelqu'un est mort, d'en donner avis fur le champ à l'Officier préposé pour le quartier ; & que cette injonction fut faite sous des peines capables de fixer l'attention da public

Le reglement que M. Bruhîer avoit projette pourvoit à toutes les difficultés; & fait voir beaucoup d'avantages, L'Auteur ne s'est pas contenté de dire qu'il faut faire défense aux Menuisiers, ou autres Ouvriers , de mettre aucun corps dans le cercueil avant que l'Inspecteur ait délivré le certificat dont il donne le modèle ; que Messieurs les Curés, ne feront la levée d'aucun corps fàns avoir vu le certificat de l'Inspecteur; que ce règlement dok être lu y publiè fie affiché dans toutes les Paroi (Tes du

Royaume % Royaume, qu'il doit principalement ctre lû aux prônes, &c. Il fait des observations beaucoup plus importantes , & qui font bien connoître que rien ne lui a échappé de ce qui pouvoit assurer , de la maniére la plus parfaite, îexécurion du règlement. Les Inspecteurs ne peuvent être choisis que parmi les Médecins & les Chirurgiens, » il y auroit peut-être » des inconvéniens, dit M. Bruhïer, » à commettre pour la visite, ceux » qui ont traité les personnes réputées mortes; dans ce cas il fau,• droit au moins qu'on y joignit » l'Inspecteur d'un autre quartier. » Je crois qu'il fëroit plus décent que celui-ci fit fa visite tout seul.

Le projet de M. Bruhïer n'a été censuré que sur les points dont l'utilité est incontestable : aufïï n'a t-il pas eu de peine à résoudre les diverses objections ,qu'on lui a faites.On a dit que l'établit,

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sement qu'il propose ne peut se faire ,que dans les Villes. Mais par la raison qu'il ne pourroic pas être étendu aux Campagnes, privera-t'on les Villes de l'avantage qu'il leur procureroit 2 Et pourquoi ne pourroit-il pas s'étendre jusqu'aux plus petits Villages, si chaque Canton a plusieurs Chirurgiens ? Au cas même qu'il en manquât, ajoute M- Bruhier, le petit honoraire certain que produira l'inspection , sera que le nombre se multipliera.

Mais ou prendra-t'on dé> fonds pour payer les Inspecteurs ? Cette question n'est pas la moins bien placée de toutes celles que M. Bruhier s'est faites : il répond... que comme îl ne meurt point assez souvent du monde dans chaque famille pour que cette dépense devienne onéreuse, il ne paroît pas qu'il y ait d'inconvénient à charger les particuliers de l'honoraire des Inspecteurs, qui n'excédera jamais la dépense qu'auroient causée quelques jours de maladie de plus.

Enfin , Monsieur, la conservation des hommes est un objet assez important pour mériter qu'on donne toute lîittentio.i possible à ce que M. Bruhier a pfoposé. Il n'est pas douteux qu'on ne puisse tirer beaucoup de fruit d'un pareil règlement. Ce fera un moyen sûr pour connoître les maladies contagieuses dès leur commencement, & par conséquent pour prendre de bonne heure les mesures les plus convenables pour en arrêter les progrès. Les Inspecteurs, s'ils font d'ailleurs gens de mérite, seront à portée de faire beaucoup d'observations întéïessairtes fur les sujets qu'ils examineront; peut-être auront - ils occasion de sauver la vie à des personnes qu'on auroit enterrées fans

cette visite. De quelque côté qu'on envisage cet objet, l'on ne voit que des avantages, & nul inconvénient à faire un règlement général. Ceux qui feraient nommés d'abord aux places d'Inspecteurs, pourraient bien essuyer une petite épigramme , surtout si leurs talens étoient équivoques. Martial dans une occasion semblable en a fait une assez plaisante.

Kuptr erat At edicts, nunc efi vefpille Oùutltu: Qued vespillo f/uit. fecerat & Medicus.

Epig. Lib. I.

Vous voyez, Monsieur, en quoi consiste le bon mot. Il a été du goût de M. Boileau : voici Tépigramme qu'il a composée à l'imitation de celle de Martial.

Paul ce grand Médecin, l'effroi de sen Quartier ,

Qui causa plus de maux que la peste 8c la guerre,

Est Curé maintenants met les gens en terre. Il n'a point changé de Métier. m

Je suis très-parfaitement, &c.

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