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-'pouvant recevoir que de l'air, s'irrîtoit à l'approche de Peau, & entroit en convulsion; ce qui faisoit périr les Noyés faute d'air & de respiration. Mais cet état convulsif de la glotte ou de la trachée artére à l'approche de l'eau, ne s'accorde point avec le gonflement extraordinaire des poumons par la dilatation des bronches. L'air île peut pas les gonfler, puisque le sujet se noye dans l'eau: selon Becker l'eau n'entre point dans les poumons; d'où viendroit donc le gonflement de ce viscére * Quelle scroit d'ailleurs la cause qui retiendroic l'air que l'on suppose dans les bronches , & duquel ttneision de la trachée permet la sortie ? Cette derniere difficulté a fait impression sur l'esprit d'un sçavant Professeur étranger. Nous allons voir comment il explique des faits supposés, par une nouvelle supposition.

M. Detharding prétend que dans les Noyés l'épiglotte s'abaisse , 5c qu'elle demeure exactement collée sur la glotte *. Tel est, suivant l'opinion de ce Professeur,l'obstacle que l'air retenu dans les poumons trouve à fa sortie. Il n'appuye cette allégation sur aucun fait qui lui soit particulier; il ne dit pas que la dissection lui ait démontré ce qu'il avance sur la disposition de l'épiglotte. L'idée que l'Anatomie nous donne de la structure & de l'usage de cette partie, ne permet pas de croire qu'elle puisse remplir la fonction qu'on lui attribue ici. L'épiglotte est un cartilage élastique qui ne couvre la glotte que dans un seul cas : c'est lorsqu'on avale. Semblable à une bascule, ce cartilage se baisse lorsque les alimens passent de la bouche dans

* La glotte est l'ouverture de la trachée fKtcrc.

l'œsophage l'œsophage *. Alors la langue est tirée en arrière & en haut par l'action de plusieurs muscles , & fa racine particuliérement est renversée vers l'entrée de l'œsophage. Pour que dans les Noyés l'épiglotte couvrît exactement la glotte, il faudroit que leur langue se trouvât dans le même état où elle est dans l'instant que se fait la déglutition des alîmens. Cette situation permanente de la langue ne peut être déterminée par aucune cause; elle paroît rèpugner à la raison, & à l'expérience qui fait voir que les Noyés ont souvent la langue en dehors comme les pendus.

Le sentiment de M. Detharding confirme celui de Becker. Cet Auteur donne des faits, & il assure qu'ils font le fruit de diverses dissections qu'il a faites sur des Noyés,

* Conduit musculeux qui s'étend de fa bouche à l'estomaçh pour le passage des ali-MCM

Suivant ses observations, l'air qui gonfloit les poumons, & qui y étoit retenu , eil sorti avec impétuosité dès que la trachée artére a été ouverte. Peut-on soupçonner la vérité d'une proposition avancée auflî positivement par un habile homme, qui a traité ex proseffo la matiére dont il s'agit, & qui cite fa propre expérience 3 D'un autre côté , des raisonnemens suivis & conséquens, semblent montrer également l'impossibilité physique de ce que dit Becker, & de ce que M. Detharding a ajouté à cette opinion : le seul parti à prendre pour concilier les faits, pour demêler ce qu'ils ont de douteux, pour découvrir ce qu'il y a de vrai & de supposé dans ce que l'on a écrit au sujet des Noyés, était de faire de nouvelles épreuves. Des expériences faites avec exactitude ne pouvoient qu'être forr mt tructives, & la question me parut assez intéressante pour mériter d'être cclaircie.

Les premiers animaux que je sacrifiai à mes recherches leverent tous mes doutes sur rabaissement de l'épiglotte. M. Detharding a supposé gratuitement cette obturation de la trachée artére par l'application de l'épiglotte sur la glotte. Ce ne sot pas le seul fruit que je tirai de mes premiéres expériences. En cherchant à vérifier ce que les Auteurs ont pensé sur la cause de la mort des Noyés, j'ai remarqué, comme plusieurs l'ont déjà dit, qu'il n'entre point d'eau dans > l'estomach. J'ai trouvé la pâte alimentaire assez sèche dans l'estomach des animaux qui avoient mangé peu de tems avant que d'être submergés; & je ne me suis jamais apperçu dans la xépétition de mes expériences que

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