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» vrit le visage, de la prétendue morte, M & loin de le trouver défiguré par les » horreurs de la mort, il y trouva des n graces animées, api lui faisant oublier » la sainteté de ses vœux, & étouffant » les idées funestes qu'inspire natu» tellement la mort, l'engagerent à » prendre avec la ( prétendue ) morte » les mêmes libertés que le Sacrement » pourroit autoriser pendant la vie. Il » ne tarda point à réfléchir sur l'indi» gnité de son action, & honteux de "son crime, il partit le lendemain avec » précipitation. L'assoupissement de la » fille durant toujours, on se mit en » devoir de lui rendre les derniers » honneurs. Mais comme on.la por»toit en terre , on sentit quelque » mouvement dans la bierre* on l'où,, vrit ; on trouva la fille ressuscitée; M elle sut remise au lit, 8? guérit.

» La joie que causa au pere & à la i»fnere cet évenement inespéré nç v fut pas de longue durée. Peu d$ », tems après des simptômes trop con* i? nus pour s'y méprendre, annoncé* » rent que la relTuseitée étoit devenuo ,' mere. On l'interrogea vainement »' sur la cause de cet état ; comment » l'auroit-elle avoué puisqu'elle ne la » çonnoiffoiç pas ? Les neuf mois r, éçoujés elle donna le jour à un eiv w fant aussi beau que le Dieu qui l'a-. »• voit formé, & la fille devenue la »» fable de la Ville pù elle demeuroit, » & la honte de ses parens, sut cpnfi-. s> née dans un Couvent.

» Le Religieux qui ne s'attendoiç » pas aux suites de son caprice ou de M son libertinage amoureqx, ayanç » été obligé pour ses affaires de rçr•, passer par la même Ville, descendit i> dans la même hôtellerie. Sa fortune » avoit bien,changé de façe. U étoit w devenu fils unique & avoit perdu t> fpn pere j $ etoit fait releves de ses . *» Vceux, & jouissoit d'Un bien consi* » dérable » j &c. Il épousa la fille.

Cette histoire est rapportée d'à** près l'Auteur des Causes célébres* M. de Pitaval scroit fort embarrassé de la justifier. Si la bienséance nous permettoit de faire sur quelques cir* constances de ce récit, toutes les réflexions dont elles font susceptibles j nous pourrions eh faire soupçonne* la vérité ; quoi qu'il en soit, ce fait pouvant être reçu comme n'étant point évidemment impossible, je lui supposerai volontiers toute l'autenri*cité imaginable. Le visage de la personne loin d'être défiguré par les horreurs de la mort, avoir au contraire des graces animées ^ L'incarnat fani* moit donc la blancheur des lys, qui relevoit l'éclat des roses dont brilloient ses lévres : tel est le portrait de la beauté fait par un Auteur dont les graces conduisoient le pfa« /eeau *. Ces appas ri'indiquoient donc rien de sinistre. Le jeun* Religieux jugea, comme tout le monde l'auroit fait en pareille occasion, que cette fille n'étoit point morte. Qui fçait si elle ne lui en donna pas des signes démonstratifs dans l'épreuve .où il l'a mit ? La continuation de l'afloupi(sement de la fille & le départ précipité du jeune homme ont pu devenir ensuite une affaire de convertr tion entr'eux.

Je crois, Monsieur, vous avoir satisfait sur la premiere proposition j il s'agissoit de vous faire voir que parmi les faits rapportés par M.Bru^ Jiier, plusieurs prouvoient directejnent contre son sistême. Il me reste à vous démontrer que le grand nombre de faits qu'il a amaflés, est fans application. Je suis obligé d'insister

* Cerne gênas, rubeo reftrtmt suffufa colore LiliA, qui. labii roseos comitantur honores.

Cl. QuiitET. Calliped. L. I. far ce point, malgré tout ce que j'ai dit jusqu'ici, parce que la multiplicité dt ces faits eft le pivot sur lequel on fait tourner l'opinion de l'incertitude de* signes de la Mort.

La question n'est pas lie fçâvoif si l'on a enterré des personnes vivan-* tes fous de fausses apparences de là Jrmort. C'est un point de fiait qu'on nê peut révoquer en doute. Celse 6t Lancifi n'ignoroient pas qu'il n'y eus ptdfteurs exemples de cette Cruelle toéprise \ ces Auteurs judicieux etï fent-ils conclu l'imperfection de l'art 1 Ont-ils dit que ces exemples prouvaient l'incertitude des signes de Is Mort? II n'y a point d'histoires dans W Traité de M. Bruhier qui entre' plus dans son objet que celle cjue je vais rapporter; j'en ai été le témoin î )e me joindrai à M. Bruhier dans sei principes, mais je ne le suivrai point 4ans ses conséquences.

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