페이지 이미지
PDF
ePub

cette malheureuse avanture *. Ors jetteroit les fondemens du plus affreux pirrhonisme si l'on concluoic l'impossibilité absolue d'avoir des eonnoilfances certaines sur un objet, par les erreurs que l'on aurait commises à son égard. Il est presque impossible que les hommes ne laissent quelques marques des bornes de leur savoir ; errare humanum ejl. Le résultat des commentaires ausqueîs l'accidenc (irrivé à Vésale a donné lieu, se réduie à dire que » dans le cas même où urt » Chirurgien est requis de procéder » à l'ouverture d'un corps, il ne peut, » fans s'exposer à être homicide, lav » commencer avant que d'être sûr de

* Horre' animus meminiffe Vefctlium, tby negligentiâ sili , fuijfe perduftum , ut &c. Lancif. de subit, morttbus. Lib I. Cap. XV. Schenckius qui a rapporté , ainlî que Lancisi , ce fait d'après A. Paré, dit, de la femme qu*. Vésale a ouverte. . . . mexpiabili & errore cccifa Lib. 4. de Suflocatioue uteri, Qbs. z8?

» la mort ; c'est-à-dire, quand il y » a des signes de putréfaction, & que »• le corps exhale une odeur cada» véreuse * ». Retenez bien ces paroles : je vous prie M. d'y donner votre attention ; elles renferment complettement le système de M. Bruhier.

La postérité se rappellera, sans doute, avec des sentimens d'estime ôc de reconnoislance, le nom & les travaux des hommes illustres qui ont aggrandi l'empire des sciences, fous • le régne glorieux du Prince qui les a protégées avec le plus de bontés. Suivant le principe posé, elle ne pourrait se souvenir de M.Winslow qu'avec des sentimens d'horreur. Ce sçavant Se laborieux Anatomiste , fixé parmr nous par les bienfaits du Roi pour l'honneur de la nation, doit principalement fa grande réputation à sort

* Traité' de M. Umiiier, Tome I. féconde Edit. pug. 34>

Traité d'Anatomïe ; eet ouvrage Iiw^. naortel n'est point un simple Recueil' de ce que d'autres ont enseigné ou; éctit avant lui sur les sujets qu'itéraite.. C'est, une expositiorefidéle & éxacter des, découvertes qu'il a faites luimême par des; dissections, fréquemment & différemment répétées-. Il ne feroit donc parvenu à.déterminer lai situation des viscères avec autant de. justesse & de précision qu'il l'a fair „ qu'en s'exposant à commettre presque autant de meurtres,qu'H a ou vert de cadavres. Car. ilJ n'a pu certainement se servir pour ceci de sujets putréfiés & qui auroient exhalé une. odeur fœtide avant que d'en faire usagée.. Suivant M. Winstow l'insensibilité des su'ets lorsqu'on fait far eux des incisions, n'est pas une preuve-: certaine qu'ils, font morts. * Qui:

* Mortis incests fîg*a non winhs incerta ék Chirurgien quàm ab uRis e*£erimenUs.

garantira donc à M. Winsldw qu'if n'a pas commis nn grand nombre d'homicides ? Suivant cette idée, il auroit été plus heureux que Vélale fans être moins coupable ; Véfale nous paroîtroit autant à plaindre qu'à blâmer; & M. Window n'auroic acquis fa réputation si étendue & si bien méritée, que par un nombre d'imprudences dont une feule auroic pu, selon fà propre expression, le couvrir d'une honte éternelle.

Vous avez vu, Monsieur, que des personnes fans connoisiances en Médecine , mais attentives , ont discerné que certaines personnes qu'on croyoir mortes étoient vivantes ; je vous as rapporté plusietirs faits par lesquels il est démontré que ces fausses apparences n'ont point eu lieu à l'égard) des personnes éclairées. L'antiquité, Iâ plus, reculée nous a même fourni? les exemples les plus décisifs de la

certitude des signes de la Mort. As* cUpiade a reconnu qu'un homme cju'on portoic en terre n'étoit pas mort. Celse se sert de ce fait contre ceux qui soutenoient le sentiment de Démocrite renouvellé de nos jours. Empédock * le plus célébre des disciples de Pithagore , estimé par plusieurs cures extraordinaires qu'il a voie eu occasion de faire, fut particulierement admiré pour avoir guéri une femme que l'on croyoit morte. Si les marques de la mort étoient moins certaines pour nous que pour ces grands. hommes , est-ce à l'art qu'il faudroic s'en prendre 3 Non crimen artis,jiquod prosessons est. Ce ne fera point en l'abandonnant à de vaines spéculations , en recueillant des contes, Se en les ammoncelant, fi j'ose le dire ,

* Il iîorissoic, selon Diogene Laëice, environ la LXXXIV. Olympiade, qui commence? l'an du monde 3 Jsô. Histoire lit U Médtmev fur As. Lectern , ..; , '. -, .} •..

« 이전계속 »