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qu'on parviendra à décider quelque chose sur une matiere auûi importante. Il faut étudier la chose même sur les sujets. C'est le sentiment de Lancifi sur le point de question qui fait ici l'objet de nos recherches. * L'expérience & l'attention, quoique nécessaires, ne suffisent pas ; il faut de plus du jugement & de la sagacité: sans ces qualités, on ne peut prétendre à l'estime qu'ont méritée les Empédocles & les Asclépiades. Je suis, &c.

* Sed htc emn't* non tantttm priceptis, quantum nfit ac diligentiâ docentur. Lancil<U subit, tnortibus. Lib. I. Cap. XYI.

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TROISIEME LETTRE.

NOUS savons, Monsieur , que dans les choses physiques une feule cause est capable d'opérer une quantité d'effets entierement opposés : la même observation se présente dans les choses morales. Tous les hommes ne font pas également affectés de ce qui semble agir sur eux de la maniere la plus uniforme. Quoique la mort les frappe tous fans distinction , rien n'est si diversifié que les façons de penser qu'ils ont eues sur cet événement. Il y a même peu de nations qui n'ayent eu à ce sujet leur sistême particulier. La mort a été», du moins pour ks survivans, un suiec de joie ou de tristefle suivant le génie des dîfférens peuples. Elle a excité en< eux des sentimçns dont la bisarrerie estpresque inconcevable. Ici les corps des défunts infpiroient du respect ; là ils étoient un objet de mépris Tous les hommes , dans tous les tems Se dans tous les Pays, n'auroient-ils pas dû prendre , toutes^.: choses égales d'ailleurs . un intérlorégal à la mort d'un pere, d'une épouse, d'un ami i La voix de la nature parle-telle donc différemment dans différens climats, ic n'est-elle pas partout également intelligible ? Cependant si l'on vouloir représenter jusqu'où la varièté des opinions peut être pouslee sur un seul objet, je doute qu'on puisse mieux y réussir qu'en rappellant les coutumes qui ont été observées chez difFéxens peuples à l'occasion des sépultures. L'ignorance & la superstition font le solidement de presque tous ces anciens usages. L'erreur a accrédité bien des extravagances; mais il fSt à peine croyable que les hommes ayemr pu les,multiplier au tint quails Font fait, fur un point qui auroit d<J' feire sur enx a peu pres les meme$" impressions. Les coutumes les plus epposees ont eu egalement leurs fid,er fes obfervateurs. Permettez - rnpi, Monsieur, de vous en cker quelques ixemples. ''" < ^ Les Scythes mangeoient les mprts" four se r^galer; ils croypient leur rendre par-la les plus granils hoi\~ fieurs Les Hircaniens, moins barbares, he nourrisioient des chiens que pour leur faire devorer les cada.yres de leurs compatriotes.

Les Maffagetes, les Derbices, les Peuples d'Efie, ( ejjedones ) ègorgeoient les vieillards decrepits & inangeoient leur chair. Les Derbices tenoient a Fegajd des femmes une

* %cytht menms inter tfulas,vorare, causi honoris, cvtsutwwt. Dulphus.de •conduite différente. Ils les écran» .gloient , à la vérité , lorsqu'elle* «voient soixante-dix ans : mais ils avoient foin de les faire enterrer. *

Les Sabéens, Peuples de l'Arabie heureuse, jettoient les morts parmi les ordures. Les Egyptiens, au contraire , qui négligeoient si fort leurS

* Ces Peuples barbâtes qui tuoient les hommes & les mangeoient, devoient avoir des raisons pour n'en pas user de même à l'égard des femme?. Il est près - probable qu'Us ne : ttouvoient pas dans la chair des vieilles femmes la même faveur que dans celle des hommes. Car on n'oferoit croire qu'ils se soient .ainsi comportés envers les femmes par d'autres motifs. Suivant l'illustre & célèbre Auteur de TEsorit des Leix, Tome II. Art XV. du Divorce & de la Répudiation, c'est un des avantages des charmes de la jeunesse dans les fem3 rnes, que .dans un âge avancé un mari se porte à la bienveillance par le souvenir de ses pîai

• sirs. Si les Derbicesavoient cette vue en faisant donner la sépulture à leurs femmes; on peut

"dire que ce témoignage de la tendresse qu'ils avoient eue pour elles , étoit bien tardif; Se

• qu'ils leurs donnoient des marques bien étranjges de leur ancienne affection. Ils les étran•fcloient, fans doute, afin de les mettre à l'abti jees infirmités inséparables de l'extrême vieillesse : c'étoit une marque d'attention de leuc

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