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1606.

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Hercule prêt d'entreprendre le voyage des Enfers

vient prendre congé d'Admete, & le remercier de ses honnêtetés. Le Roy lui fait part de son affliction. Hercule le prie d'avoir bon courage, ajoutant qu'il est obligé par des raisons particulieres de visiter la nouvelle demeure d’Alceste, & qu'il compte la ramener au jour.

La Scene du quatriéme Acte est aux Enfers. On vient annoncer à Pluton, qu'Hercule a brisé les portes de son Empire, rompu les fers de Thésée : qu'il tient Cerbere enchaîné, & demande avec instance l'Ombre ďAlceste. Pluton étonné, s'emporte d'abord, & veut châtier cette infolence, mais ne voulant rien faire à l'étourdie, il demande le conseil de Radamante, & de ses autres Ministres, qui font tous d'avis d'appaiser au plus vîte le fils de Jupiter, & d'étouffer cette querelle, dont les suites pourroient avoir de trèsfâcheuses conséquences. Pluton est charmé au fond de son coeur de troilver tout le Conseil dans cette intention, mais pour conserver sa majesté, il ajoute ces réflexions.

PLUTON.
Cherif !trouve à ta honte un barathre plus bas;

)

1606.

N'accepte désormais que le titre d'esclave,
Puisqu'un entrepreneur te commande ,, te

brave.
Te prescrit une paix selon la volonté.
Du moins, fi je l'avois tefte à teste affronté,
Que le sort m'excusant des armes journa-

lieres,

Il falur du Vaincour supporter les coleres :
Mais aussi de se prendre à un qu'on sçait plus

fort,
A un désespéré, qui fait peur à la mort ,
Que l'Univers redoute , & Cous qui le ciel

tremble ,
C'est estre céinéraire, & malheureux ensem.

ble.
Donc appliquons au mal consulté l'appareil,
Celuy péche le moins qui péche par conseil.
Vous Auteurs en aurez la premiere infamie,
Et contre le poison d'une langue ennemie,
Opposez de rempart, j'attesteray toujours,
Qu'en courage abondant, je manquay de les

cours.

Hercule , & Thésée qui fait ici berucoup de rodomontades, emmenent toujours Cerbere, & la belle Alceste, qu'ils présentent à son époux aụ çin-, quiéme Acte. Adinete surpris n'ose croire qu'Alcette soit rendue à la vie,

1606.

jusqu'à ce qu'elle même lui confirme cette vérité

par

ses discours empressés.

HERCULE.
Allez du temps perdu récompenser la perte ,
Vous jetter amoureux dedans la lice ouverte
Des humides baisers des douceurs de Cypris;
Tandis j'acheveray le voyage entrepris.

La Tragédie finit par un défi amou-.
reux que la tendre Alceste fait à son
Epoux , ajoutant ce petit reproche.
Que je l'embrasseray de l'amitié forcée
Quoique de toy premier je deuffe eftre em-

braflée

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Ette Tragédie & les deux suivan

du primées sous le titre de Théatre sacré : Nous n'osons assurer qu'elles ayent parues sur ceux de Paris ; ce qui pourroit le faire présumer, c'est qu'elles sont dédiées au Roy Henry IV. Elles avoient été composées pour le fameux Amphithéatre de Doué, dont nous avons parlé au II. Volume de cette Histoire, & il se peut que les Comédiens de Paris les agent adoptées. Quoique Nancel veuille nous assurer que ces Tragédies ne sont pas le coup

d'efsai de la verye Poëtique, & qu'il étoit

déja connu, on ignore cependant aussi

1606. parfaitement les autres ouvrages qu'il peut avoir composé, que l'Histoire de la vie. Il est jule de faire précéder l'Extrait de ses Piéces, par l'Apologie qu'il en fait dans une Epitre au Lecteur favorable. Son discours paroît naïf, & rempli de vérité. Au reste, que peut-on penser du mérite des Pié ces composées à la hâte, & par un Poëte qui n'entendoit point du tout le Théatre, puisque les meilleures du tems étoient à peine supportables ?

« Je suis tellement embrouillé avec » les Muses » (c'est Nancel qui parle )

depuis quatre ans entiers, que je » comptois n’escrire jamais, lorsqu'il

plûr, je ne sç is par quelle esmotion, » à Messieurs de Doué en Anjou, de „ faire élection de moy pour relever » leur Amphitheatre, & me bouchew rent toutes les avenues & routes les „ issues de refus : & fus contraint , par » toutes les douces violences du devoir » & de la bienséance, de me laisser

aller, & de me laisser vaincre. Qui » fur cause, que cette envie surve. » nant, à la naturelle promptitude que » Dieu a donné à ma plume, je franw chis fort facilement chacune des Tra

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