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. DE PHILIPPE - AUGUSTE. 15 Après qu’un Hérault eut déclare au Duc & aux Chevaliers Tenans, que des Etrangers armez de toutes Piéces , demandoient à être introduits dans le Champ, & qu'on l'eut permis, la porte leur en fut ouverte. Alors les Quadrilles des Seigneurs Bourguignons, les Chefs à leurs têtes , pafferent devant le Duc de Bourgogne & toute fa Cour, qu'ils saluerent de la Lance , la visiere du Casque haussée. Les quatre Quadrilles des Etrangers, moins nombreuises que

les autres, mais aussi brillantes, & peut - être mises d'un goût plus fin & plus recherché, firent la même cérémonie, à cette différence près, que leurs Chacun fut enfuite prendre son

Le Comte de Rethel eut à

combattre le Baron de Beaufremont ; le Sire de Couci , le Châtelain de Fajel ; le Grand Séné chal des Barres, le Noble de Vienne ; & le Maréchal du Mez, le Preux de Vergi. On donna le signal. Aussi - côt les quatre Assaillans & les quatre Tenans, partirent au fon des Trompettes & autres Instrumens de Guerre. Ils se chocquerent fi rudement dans le milieu de la Lice, que les Lances volerent en éclats. Ils en prirent de nouvelles des mains de leurs Eculiers ; mais elles eurent le même fort. Dans l'instant que chaque Parti prenoit une demi volte pour mettre l'épée à la · main & se charger de nouveau, le Hérault leur cria, de la part du Duc, de n'aller pas plus avant, & de venir recevoir ses ordres. Ils obéirent. Les Affail

lans

nans ,

lans parurent en la présence, en relevant, avec une inclination respectueuse, la viliere de leurs Casques. Le Duc de Bourgogne leur donna des louanges très-flateuses, mais conçûës en termes bien ménagez , pour ne pas blesser la délicatesse des Te

à peu près dignes des mêmes Eloges ; après quoi Hugues, adressant à tous la parole, leur dit : Que les suites de ces Combats, où il n'entroit aucune animosité, devenoient quelquefois trop fâcheuses ; que les Dames étoient encore effraïées du péril qu'ils avoient couru ; qu'il falloit les rassurer & les divertir

par

des Jeux moins dangereux & plus agréables. L'on commença donc les exercices du Carousel. Si dans les Tournois les Seigneurs François n'avoient pas eu un avantage sensible sur les Seigneurs Tome 1.

B

de graces :

Bourguignons, dont la force & la fermeté avoient égalé la leur ; dans le Carousel , les François parurent avoir plus d'adresse &

sur tout le Sire de Couci y brilla , & remporta le prix de la course de Bagues, du Javelot , & du jeu de Cannes.

A cette journée de spectacle, en succeda une de repos. Le Duc de Bourgogne ordonna ensuite que les Troupes fortiroient du Camp tous les deux jours. C'étoit un coup d'oeil digne de la curiofité des Etrangers, que de voir ces Compagnies d'Ordonnance, fe percer , & fe rallier , pour recharger de nouveau,

tandis

que les Archers faisoient voler une quantité prodigieuse de Traits. Enfin tous les exercices militai. res, en usage dans ces tems. reculez, fe firent avec autant d'adreffe que d'expérience ; & les

Seigneurs François concurent que des Troupes fi bien exercées & d'une discipline si parfaite étoient toutes disposées à des combats plus sérieux.

Le séjour du Comte de Rethel & du Sire de. Couci à Dijon avoit donné une haute idee de leur mérite ; mais tout ce qui se passa dans le Camp y ajoûta in-finiment. Les plaisirs variez consacrez aux jours de repos , procuroient une aimable liberté ; l'on partageoit ces intervalles, entre le soin de plaire au Duc, qui ne cherchoit lui-même qu'à plaire à tous;& entre l'attention de faire la cour aux Dames, pour leur paroître digne, au moins de leurs suffrages. Le Comte de Rethel & le Sire de Couci s'attiroient l'attention générale. Certe prééminence étoit le fruit de leurs conversations, tantôt avec

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