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tée, et lorsqu'elle entrait en scène et qu'on lui demandait à quel usage la petite éponge : « C'est, répondait-elle, pour nettoyer mes u deux petites écuries!... »

CHAPELLE, .

Le Cassandre par excellence.

En 1792, Chapelle, d'épicier qu'il était, se fit comédien et débuta au Vaudeville, où la naïvelé de son jeu le rendit le meilleur Cassandre qu'on eût vu. En tout ce qu'on lui faisait de contes il les croyait avec une crédulité sans exemple.

Un jour l'arlequin Laporte lui dit qu'on avait inventé des diligences en gomme élastique qui s'élargissaient à volonté suivant le nombre des voyageurs ;-Chapelle n'en doula point el fut sc faire rire au nez en allant à l'administration pour arrêter une place dans une de ses voitures.

Voici une de ces autres naïvetés.'
Un de ses créanciers, et il en avait hcau-

coup, lui demandait son remboursement... Chapelle lui répondit : « Vous ne savez donc « pas, mon cher, la nouvelle ? - Non, « Eh bien! j'ai fait banqueroute. – Est-ce « possible? – Oui , foi d'homme d'hon« neur! »

ARLEQUIN.

Ce personnage doit son origine à un jeune acteur italien à Paris , sous le règne de Henri III. Carlin fut un ceļèbre en ce genre; il brillail par les à-propos improvisés. Dans tous les canevas italiens et français, c'est lui qui disait : « Si Adam s'était avisé d'une « charge de secrétaire du roi, nous serions « lous gentilhommes.» Il disait encore : « Au« trefois les gens de qualité savaient tout sans « avoir jamais rien appris ; mais à présent « ils apprennent lout sans rien savoir. »

Arlequin, obligé de raconter la mort de son père, dit : « Hélas! dispensez-m'en. Le « pauvre homme mourut du chagrin de se « voir pendre. »

(Un jourijl n'y avait presque personne à la Comédie-Italienne.CColombine voulait dire tout bas un secret à Arlequin : « Parlez « haut, lui dit cet acteur, car personne ne « nous entend. »

On désendit la musique aux Italiens. Un âne parut sur le théâtre et se mit à braire. « Taisez-vous , insolent, 'lui dit Arlequin; « la musique nous est défendue. »

"LE SERMON. :

Un bel-esprit se trouvant à un sermon auprès d'un abbé, celui-ci faisait des contorsions épouvantables et des grimaces de désespéré, en répétant sans cesse ces mots : « O Racine! Racine ! » Après le sermon, le bel-espril, curietix de savoir ce qui agilait si fort cet ecclésiastique, prit la liberté de le lui demander avec l'air de l'intérêt: «Eh! . a quoiy mousieur, lui dit l'abbé, vous ne sa« vez pas ce qui arriva à Racineau -sujet de « sa tragédie d'Alexandre ? il.la donna d'aabord à la troupe de Molière, et elle n'eut

« pas de succès ; mais l'ayant fait jouer eua suite à l'hôtel de Bourgogne par d'excel« lents acteurs, elle enleva tous les suffrau ges. Voilà, monsieur, une partie de ce qui a m'arrive à moi-même. C'est moi qui ai « composé le sermon que vous venez d'en« tendre; c'est, an dire des connaisseurs, « un discours parfait; je l'ai donné à débiter « à ce bourreau; voyez quel effet cela pro« duit dans sa bouche ! Mais je ferai comme « Racinc, je lui ôterai mon sermon, et je le a ferai prêcher par quelqu'un qui s'en ac« quittera mieux que lui. »

DOMINIQUE. Il eut aussi une grande célébrité dans les rôles d’Arlequin ; Louis XIV l'aimait. Cet acteur, se trouvant au souper du roi, avait les yeux fixés sur un certain plat de perdrix. Ce prince , qui s'en aperçut, dit à l'officier qui desservait : « Que l'on donne le plat à « Dominique.-- Quoi ! Sire! demanda l'ac« teur, et les perdrix aussi ? » Le roi, qui

entra dans la pensée du comédien, reprit: '«. Et les perdrix aussi.»

Louis XIV, au retour de la chasse, était venu, dans une espèce d'incognito, voir la Comédie-Italienne qui se donuait à Versail. les. Dominique y jouait, et malgré le jeu de cet excelent acteur, la pièce parut insi. pide. Le roi lui dit en sorlant: « Domini« que , voilà une mauvaise pièce... - Diles « cela lout bas, je vous prie, lui répondil le « comédien, parce que, si le roi le savail, « il me congédierait avec ma troupe, » Ceite réponse, faite sur-le-champ, fit admirer la présence d'esprit de Dominique.

LE DÉSERTEUR. En 1770, des filoux crièrent au seu , et cela interrompii la représenlation.

Quelques jours après, lorsque ce drame lyrique sut imprimé, parut l'épigramme suivante :

D'avoir hanté la comédie,
Un pénitent en bon chrétien,
S'accusait et promettait bien
De d'y retourner de sa vie.

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