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Le célèbre Baron joua dans un âge avancé le rôle de Misaël des Macchabées ; il était alors si faible par le poids de son grand âge qu'il fallut l'aider à se relever quand il se jeta aux pieds de Salmouée ; sur quoi l'on fit ces vers :

Et le vieillard Baron pour l'honneur d'Israël, .
Fait le rôle enfantin du jeune Misaël;

Et pour rendre la scène exacte, :
Il se fait raser à chaque acte.

ARMAND.

Armand, l'acteur comique du ThéâtreFrançais, entrepril, en buvant avec deux de ses camarades, de les faire pleurer avec la fable du Tarlufe, « Figurez-vous, mes bons « amis, leur disait-il, un honnête gentil. « homme qui retire chez lui un misérable, « à qui il donne sa fille avec tout son bien,

« et qui, pour le récompenser de ses bontés, .« veut séduire sa femme, le chasser de sa

« propre maison, et se charge de conduire - « un exempt pour l'arrêter.-Oh! le coquin'! .« oh! le monstre, le scélérat! » s'écriaient les convives déjà gris; et en disant cela ils fondaient en larmes. Alors Armand, continuant avec ce sang-froid qui le rendait si plaisant : « Là, là, consolez-vous, leur « dit-il, ne pleurez pas; mon gentilhomme « en fut quitte pour la peur. L'exemptlui dit: Remettez-vous , monsieur, d'une alarme si chaude.

« - Que diable! c'est le sujet de Tartufe & que tu nous débites?_Eh! oui, mes amis; « a-t-on si grand tort de dire que nombre « de comédiens ne connaissent que leurs « rôles, même dans les pièces qu'ils repré-. K sentent journellement? »

LE COMÉDIEN SEIGNEUR.

Un comédien qui venait d'acheter une terre demandait au curé les prières qu'il

avait le droit d'exiger comiño seigneur. Le curé, embarrassé d'accorder ce droit avec les lois de l'Eglise , dit dans son prône : « Mes « chers frères, prioris Dieu pour la conver« sion de Monsieur un tel, coméd ien, seio gneur de cette paroisse. »

LE PROCÈS GAGNÉ.

Les musiciens d'un Opéra de province étaient en procès avec leur directeur qui les accusait d'être des ignorants et sous ce prétexte retenait leurs appointements. La cause ayant été portée à l'audience, tous les musiciens s'y trouvèrent, et s'étant rangés derrière le barreau, le procès ne fut pas plus tôt appelé, qu'ils donnèrent aux juges une sérénade qui manifestait lcur habileté. Leur avocat n'eut pas la peine de plaider ; le président fit appeler une autre cause ei ordonna au directeur de payer les musiciens.

Racine fils disait avoir connu un apteur et une actrice de la Comédie-Italienne qui vivaient comme deux saints, et qui ne montaient jamais sur le théâtre sans avoir mis un cilice; il aurait dû les nommer.

En 1730 on inventa et exécula à Limoges, un opéra à la gloire du gouverneur. Le théâtre représentait une nuit semée d'étoiles, et le poème commençait par ce vers remaiquable, qui fut entonné avec une emphase merveilleuses

Soleil, vis-tu jamais we al belle nuit?

L'ACHILLE MENUISIER.

Un acteur qui jouait le rôle d'Achille dans la tragédie de ce nom avait été garçon meuuisier. Voulant avoir son portrait, il fit marché avec un peintre pour quarante écus, à condition qu'il serait représenté en Achille, personnage sous lequel il croyait avoir meilleur air. On avait prévenu le peintre que le comédien était mauvais payeur , et pour avoir une vengeance toute prête en cas de quelque difficulté, il fil son Achille à l'huile , excepté le bouclier, qu'il peignit en détrempe. On trouva le portrait très ressemblant; mais comme l'acteur voulait en diminuer le prix, il prélexta quelques défauts dans la peinture et n'offrit plus que vingt écus. Le peintre parul satisfait et dit au comédien que, pour rendre le tableau plus éclatant , il fallait y passer plusieurs fois une éponge imbibée de vinai. gre. L'acteur usa de la recetle; mais le vinaigre détacha la couleur en détrempe qui représentait le bouclier, et alors ce ne fut plus Achille, mais un menusier qui, au lieu d'un bouclier, tenait un rabot. '

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