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plique un soufflet sur la joue de l'orateur, et, se tournant vers le parterre avec le même feu, elle dit: Demain Ariane.

PROCÈS JUGÉ.

Les acteurs de la Comédie-Française voulaient empêcher les comédiens italiens de parler français. Cette affaire fut portée devant Louis XIV, et Baron et Dominique furent les avocats des deux troupes. Lorsque Baron eut plaidé la cause de ses camarades, le roi fit signe à Dominique de parler à son tour; cet acteur, après avoir fait quelques gestes de son caractère, dit au roi : « Quelle a langue Votre Majesté veut-elle que je « parle?-Parle comme tu voudras, lui dit « le roi. Je n'en veux pas davantage , dit « Dominique en remerciant le monarque; « ma cause est gagnée. »

Le roi rit de la surprise qu'on lui avait

faite. « La parole est lâchée, dit le roi, je .: « n'en reviendrai pas. »

Dominique, le célèbre Arlequin de la Comédie-Italienne, jouait dans une si grande perfection que, lorsqu'il mourut, ses camarades tinrent leur théâtre fermé pendant un mois pour marquer au public le regret qu'ils avaient de sa perte.

BÉJARD.

En 1668 Moļière fit représenter sa cou ! médie de l'Avare ; celte comédie a été traduite en plusieures langues et jouée princi. palement en Angleterre; voici une anecdote sur cette pièce. Béjard le comédien, qui fut camarade de Molière en province et à Paris, demeura estropié d'une blessure qu'il avait reçue au pied en séparant deux de ses amis qui se batlaient en duel. Il fut chargé du rôle de Laflèche dans l'Avare , et Harpargon dit de ce valet par allusion : « Je ne « me plais point à voir ce chien de boiteux.« là. » Ce fut un signal pour les acteurs de province. Ils se mirent tous à boiter, non

seulement dans le rôle de Laflèche, mais dans tous ceux que Béjard remplissait à Paris. On substitue aujourd'hui au mot de boiteux toute autre injure qui vient dans la tête de l'acteur.

LE BOURGEOIS-GENTILHOMME.

En 1670, à la première représentation du Bourgeois-Gentilhomme, le roi n'en dit pas un mot et tous les courtisans en parlèrent avec le dernier mépris. Le déchaînement. était si grand que Molière n'osait se montrer. Il envoyait seulement Baron à la découverte, qui lui rapporiait toujours de mauvaises nouvelles. Au bout de cinq ou six jours on joua celle pièce pour la seconde fois. Après la représentation, le roi, qui n'avait pas encore porté son jugement, dit à Molière : « Je ne vous ai point parlé de votre pièce « à la première représentation, parce que « j'ai appréhendé d'être séduit par la manière « dont elle avait été représentée; mais en

« vérité, Molière, vous n'avez encore rien « fait qui m'ait mieux diverti, et votre pièce « est excellente. » Aussitôt l'auteur fut accablé de louanges par les courtisans qui répétaient tant bien que mal ce que le roi venait de dire à l'avantage de cette pièce.

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Vers 1741, les principaux vaudevilles de la Chercheuse d'esprit, opéra-comique de

Favart, furent parodiés par un jeune belesprit qui crut que, pour donner plus de voglie à ses couplets, il devait les rendre très méchants. Il prit pour objet de ses satires toutes les actrices qui jouaient dans la pièce qu'il parodiait et les déchira cruel. lement. Ces pauvres victimes de la licence poétique convoquèrent entre elles une assemblée secrète pour méditer une vengeance d'éclat. Mlle Brillant se mit à la tête du complot, et dès le lendemain, toutes ses mesures étant prises, elle alla se placer à côté du belesprit qui se pavanait à l'amphithéâtre. Elle le comble de politesse et parle de sa chanson avec les plus grands éloges. « Vous ne « m'avez pas ménagée, lui dit-elle, mais je « suis bonne princesse ; j'entends raillerie, « et je ne saurais me fâcher quand les choK ses sont dites avec autant de finesse et « d'esprit. Il y a de mes compagnes qui font « les bégueules; je veux les désoler en leur « chantant moi-même vos couplets publi« quement. Il m'en manque quelques-uns; « faites-moi l'amitié de venir les écrire á dans ma loge, » Le jeune homme la suit

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