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M"" Contatdèbnta à la Comédie Française le 3 février 1776 par le râle d'Alalide dans B î/azet et fut reçue l'année suivante. Après avoir joué les amoureuses et s'être fait applaudir après MU" Doligny, elle remplaça Mm! Préville, dont elle était l'élève, dans les grandes coquettes, et diminua les regrets du public. Susanne du Mariage de Figaro acheva d'établir sa réputation; quoique ce rôle soit agréable et piquant, c'était moins le rôle que l'actrice que l'on était forcé d'applaudif.

M11' Contat avait le caractère qui convient pour représenter une femme du grand monde; elle~avait dans les rôles comiques cette gaîté franche qui semble partir du cœur et qui n'appartient qu'à un naturel heureux. Sa raison et son esprit chassèrent le mauvais goût, et empêchèrent qu'elle ne se livrât à ces saillies de geste ou d'inflexion qui excitent les ris du parterre, en lui faisant mépriser ce qu'il semble accueillir. Aimable comme le plaisir, M"" Contat ne le séparait point de la décence; personne ne peut se vanter de l'avoir précédée ni surpassée. Elle fui l'actrice de tous les jours et de tontes les pièces; la physionomie, la grâce et l'art eu firent une comédienne parfaite et digne d'aller de pair avec les grands sujets dont chaque siècle est avare ; eile devint sublime. M"* Contat se retira en i8og et mourut le 3? janvier I8i3. Un non moins sublime lale/Uliu a succédé, i\i"e Mars de nos jours. place des Victoires, et voulut lui faire mettre l'épée aia main. Sur son refus elle lui donna des coups de canne et lui prit sa montre et sa tabatière. Duménil s'avisa le lendemain de conter son aventure à l'Opéra , mais, comme on pense bien, tout autrement qu'elle n'était. Il se vantait de s'être défendu contre trois voleurs qui étaient tombés sur lui, et qui, malgré sa résistance, avaient emporté Sa montre et sa tabatière. « Tu as menti, it lui dit Wlle Maupin qui l'écoutait ; tu n'es « qu'un lâche et un poltron; tu n'as pas été « attaqué par plusieurs personnes; c'est moi « seule qui ai faitle coup, et pour preuve de « ce que je dis, voici ta montre et ta taba« tière que je te rends. »

Le Menteur est la plus ancienne comédie de celles qui sont restées au théâtre. Plusieurs de ses vers passèrent en proverbe dès sa nouveauté. Il n'y a pas soixante ans qu'un homme de la cour, contant à table des anecdotes fausses, l'un des convives se tourne vers le laquais du conteur, et l'appelant du nom du valet du Menteur, lui dit: u Cliton, donnez à boire à votre maître. »

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La première comédie que Piron vit à Paris fut Tartufe; son admiration allait jusqu'à l'extase; à la lin de la pièce ses transportsde joie augmentèrent encore. Ses voisins lui en demandèrent la raison : « Ah! « monsieur, s'écria-t-il, si cet ouvrage n'é« tait point fait, il ne se ferait jamais. »

FLEURY.

Fleurv débulale 7 mais 1 ^5 par Egisthe, cl pour la seconde fois le 20 mars 1778 par Sain ville du la Gouvernante, et Dannilly des Fausses Infidélités; le célèbre Molo brillait alors. Fleury fut reçu la même année, et se retira doyen de la Comédie-Française, en 1818. Fleury brilla long-temps sur la scène dans les petits maîtres; il passa au premier emploi à la mort de Mole; il y montra un beau talent. La retraite de cet acteur laissera longtemps Thalie en deuil.

LES SEPT BOSSUS.

Armand, ancien acteur comique de la Comédie-Française, élait harcelé depuis longtemps par un petit bossu qui se faisait un malin plaisir de le contrarier et qui souvent, lorsqu'il était en scène, le déconcertait par la causticité de ses réflexions. Ennuyé de cet acharnement à le poursuivre, Armand résolut de s'en venger. En conséquence, sans en prévenir le bossu, il fait louer ii loge que celui-ci occupait ordinairement, distribue séparément sept billets aux sept bossus les plus éminenls qu'il peut rencontrer, et prévient l'ouvreuse de laisser entrer, pour occuper la huitième place , le bossu qui venait d'habitude. Tous les bossus arrivent les uns après les autres, et le public de rire de cette facétieuse réunion; mais ce fui surtout à l'arrivée du bossu habitué que les ris redoublèrent; jamais .rien n'avait paru aussi bouffon sur la scène que ces huit bossus qui s'examinaient les uns les autres. Le petit bossu mystifié n'osa plus reparaître dans la loge; car, lorsqu'il essaya d'y revenir, il excita toujours un violent brouhaha. Ce fut ainsi qu'Armand eut les rieurs de son côté; ce qui n'arrive pas toujours aux plaisants de profession.

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