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rer d’Ismael fils d'Abraham & d'Agar;. Cette illustre naissance dont ils se piquent extrémement, ne leur permet pas d'exercer les Arts Mechaniques, ni de cultiver la terre ; ils ne cravaillent point du

tirent la premiere de Jectan , arriere petit-fils de Sem , dont les enfans ont peuplé la Peninsule , appellée depuis Arabie , du nom d'larab , l'un de ses fils, ou d’Arabat , nom d'une contrée qui est dans la même Peninsule. La seconde origine des Arabes est celle qu'ils tirent d'Ismael , fils d'Abraham & d’Agar, qui vint s'établir dans le même païs parmi ces premiers & anciens Arabes, & fut le pere des Arabes Ifmaëlites , dont quelques Tribus s'appliquerent au commerce & à l'agriculture, & les autres en plus grande quantité, occuperent les Deserts, &mcnerent le genre de vie qu'ils crurent convenir le mieux à leur condition & à leur origine ; cels sont les Arabes Bedouins dont il eft ici question, lesquels one succedé aux anciens Ismaëlites, habitans des de serts d'Arabie, que l'Ecriture appelle aussi Cedareniens , Agareniens, & quelquefois les Fils de l'Orient ; les mêmes enfin que les auteurs Profanes ont appellés Nomades, & Scenites , à cause de leur genre de vie , & de leur continuel canipenient sous des tentes ; M. d'Herbelot prétend que les Arabes du Desert surpassent les autres Árabes en subtilité d'esprit , ce que ceux qui ont vosagé dans le Levant auront de la peine à lui accorder. Quoiqu'il en soit, les uns & les autres font fort entêtés de la noblesse de leur extraction, singulierement ceux qui croient det

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tout, leur emploi est de monter à cheval, de nourrir leurs troupeaux, & de faire des courses sur les grands chemins : ils s'allient rarement aux Turcs , & aux Maures, ( qu'ils considerent d'ailleurs comme leurs bâtards , & comme les usurpateurs de leur heritage ,) pour ne pas déroger à la noblesse de leur extraction.

Les Arabes dont nous parlons campent ordinairement dans les

cendre d'Ismael en ligne directe, comme le prétendent nos Arabes Bedouins , qui soutiennent que c'est en leur personne que s'accomplit la prédiction faite à Agar par un Ange dans le defert, touchant Ismael son fils & Cá posterité, prédiction conforme à la promesse que Dieu fit à Abrahan , qu’Ismael seroit le pere d'un grand Peuple , &c. Pour juger fi les Arabes du desert sont bien fondés dans leur prétention , nous rapporterons ici ce que l'Ecriture nous apprend là-dessus dans le XVI. Chapitre de la Genese : Dixitque de Angelus Domini , &c. multiplicans, inquit, multiplicabo femen tuum , dor non numerabitur pre multitudine. Ac deinceps : Ecce, ait,. concepifti, og paries filium : vocabifque nomen ejus Ismael , dom hic erit ferus homo : manus ejus contra omnes , des manus omnium contra eum, do è regione univerforum fratrum fuorum figet tabernacula. Tout cela semble convenir parfaitement à nos Arabes.

deserts auprés des eaux, & des pâturages pour la commodité de leur bêtail, & n'habitent point dans les villes ni dans les lieux où ils puissent être surpris , parce que leurs voleries les rendent ennemis de toutes forces de nations. Cela n'empêche pas qu'ils ne soient hospitaliers, bons & civils à leur maniere, & qu'ils ne gardent beaucoup de fidelité aux Etrangers , qui vont à eux de bonne foi: ils vivent sans façon & sans contrainte, peu de chose leur suffit pour vivre (comme ils disent) à la Bedouine. Ce mot excuse tout, & leur tient lieu de tou les complimens, & de toutes les céremonies, ausquelles on est allujerți parmi les nations polies & ciyilisées. · Les Arabes dont nous parlons, n'ont point de Rosaumes dont ils foient absolument les maîtres ; mais ils sont gouvernés, comme j'ai dit, par des Emirs particuliers qui n'obéïllent point d'ordinaire les uns aux autres , à moins qu'ils ne soient

d'une même famille. On a cependant donné la qualité de Roi des Arabes , au Prince de ceux qui sont dans les deserts, d'entre le Mont Sinaï & la Mecque, auquel les Turcs païent un tribut annuel, crainte qu'ils ne pillent la Caravanne des Pelerins de la Mecque, parce que cet Emir commande à une plus grande quantité d'Arabes, dans un païs plus étendu, & qu'il a beaucoup plus d'autorité que ceux qui font dans la Syrie, dans la Palestine, & dans les autres païs de l'Asie & d'Afrique. Les Cheikhs obéissent aux Emirs. Ce sont comme des Seigneurs particuliers, qui commandent à une moindre quantité d'Arabes devoüés à leurs familles , qui leur tiennent lieu de soldats, de sujets & de domestiques. Ce mot Cheikh signifie Ancien, ou Vieillard ; ils donnent aussi cette qualité aux gens de Lettres , & à ceux qui ont quelque autorité sur le peuple, quelque jeunes qu'ils soient : ce qui ne s'accorderoit pas trop avec la signification propre du mot ; mais comme c'est leur coûtume de donner le gouvernement aux plus âgés, ils supposent que s'ils ne sont pas vieux par l'âge & par l'experience, ils le sont par leur noblesse, & par le droit que la naissance leur a donné de commander aux autres.

Les Arabes n'ont point d'autres armes qu'une lance , une épée, une masse de fer, & quelquefois une hache ; ils ne se servent point de pistolets, de mousquets, ni de fufils, & moins encore de canons pour faire la guerre : ils ne se mettent point en peine non plus de se fortifier dans les villes , d'attaquer ou de se deffendre dans les formes militaires ; le bruit de la poudre les épouvante; ils abhorrent les armes à feu, & ne peuvent presque comprendre qu'elles puissent tuer les hommes sans les toucher. Ils sont bien montés ordinairement , & ils n'attaquent gueres, s'ils ne sont allurés de vaincre : ils se ren

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