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tres chofes dont je parlerai dans

la fuite.

11 n'y a proprement d'Efclaves parmi les ferviteurs des Emirs que des Negres, qui naiflent dans le païs d'autres efclaves , ou ceux qu'ils achetent d'ailleurs, ou dont on leur fait prefent. Les Negres que nous appelions Maures, lont appellés des Arabes ЛлЫ, nom qui lignifie également ferviteur, & efclave dans le vulgaire: mais comme dans ce pais- là, auffi bien qu'en Efpagne Sc en Portugal, on fe fer с d'Efcfaves ; plufieurs croïem qu'on ne doit expliquer ce mot que par celui d'Efclave: ce qui ne fe doit feulement entendre que pour la fonction , parce qu'on n'a des ferviteurs & des Eiclaves que pour fervir : il feroit pourtant fort bien appliqué aux Negres, parce qu'ils naiiTent Efclaves en quelques parts qu'ils foient hors de chés eux. Ils ne parviennent à aucune autre charge qu'à celle d'Eunuque de quelque Dame de qualité: On

s choifit les plus laids & les plus difformes pour les mettre à cet ufage, tant pour relever la beauté des femmes dont ils doivent être les compagnons infèparables, que pour Ster aux moins vertueufes les fentimens fragiles qu'elles pourroient avoir'pour d'autres, qui feroient mieux faits.

Il eft vrai que ces Eunuques n'ont autre choie de l'Efclave que le nom, car d'ailleurs ils joiiiiTent d'une entiere liberté pour tout le refte, & ils ont ordinairement toute forte de credit dans la maifon de ceux qu'ils fervent j ils font traités fort doucement, pour peu qu'ils foient raifonnables , & qu'ils aient les inclinations honnêtes. Quand ils ne le font pas, on fe contente de les abandonner pour toute punition.

CHAPITRE M.

m

De l ' Emir Turabeye, Prime & principal Chef des Arabes du Mont Carmel > De fa Famille, & de fon Gouvernement.

TurabEYE eft un mot Arabe, qui fignifie Poudre, ou Pouffiere. C'eft le nom de la famille des Princes de cette Nation, qui font établis dans le Mont Carmel depuis un fort long-tems¡ elle a fuccedé à d'autres Seigneurs qui le pofledoient avant ces Arabes. On n'a jamais fçu me dire dans quel tems ils ont commencé â regner; ni combien d'années leurs predeceiTeurs ont été les maîtres de cette partie de la Galilée : c'eft pourquoi je ne fçaurois parler ici que de l'état pretent de cette famille, & de ce que j'ai remarqué dans ion Gouvernement, & dans fes manieres de vivre. Ces Emirs ou Princes étoient au nombre de dix-huit, tant freres, coufins germains, que neveux, qui gouveruoient fucceffivement le pais,par l'élection du plus ancien de la branche aînée, à la place de celui qui étoic mort. L'Emir Mehemet iucceda à l'Emir Deben, fon frtre aîné , qui mourut en l'année 1660. C'étoit un homme d'efprit, & d'un merite fingulier i mais il n'étoit pas aulîi traitable que fon cadet m'a paru l'être durant le tems que j'ai

. été chés lui.

L'Emir Mehemet étoit fort petit, & fi maigre, qu'il n'a voit pour ainiî dire que la peau & les os, il trembloit inceiTammentdetous fes membres, & ne raifonnoit quelquefois qu'à propos interrompus , quand l'operation de l'Oppium 3c du Berge le travailloit. Il en ufoit avec excés, & rie fe nourriffoic que de fruits cruds 6c de café j & tout fon entretien & fon occupation ne

. confiftoient qu'à fumer du tabac depuis le matin jufqu'au foir , & à rêver au milieu de íes Courtifans,

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