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Espagnol qui l'établit à Maëftrick, & qui fit naufrage en passant en Angleterre ; quoique te mesme Auteur parle d'une Synagogue de ces heretiiques , où il y avoit une image du Démon qui répondoit à ceux qui l'interrogeoient : cela & plusieurs choses semblables qu'il raconte , ne donnent pas lieu d'assurer , ni mesme de soupçonner, que les Novateurs dont je parle étoient un Corps de gens en commerce avec le Démon :nul des Auteurs qui ont vécu environ ce tems-là , & qui parlent d'eux , ne leur reproche jamais une fi' haute extravagance , quoi qu'on leur reproche des erreurs tres- absurdes. Dės personnes, sur tout telles qu'étoient les Comtes de Toulouse, de Cominges, & plusieurs autres , pouvoient être des Philosophes qui tenoient deux principes : mais qu'ils ayent été des Magiciens , ou quelque chose d'a: prochant, c'est ce que je ne me perfuaderai jamais , n'ayant nulle raison

fuffisante de le croire. 1234 Cependant le desordre dont je viens G de P; de parler, c'est à dire, la revolte geRoland.

nercle contre le Tribunal de l'Inquisition d'Allemagne , aprit aux Tous

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kousains ce qu'ils pouvoient faire, La rare prudence de Folgatio Evelque de Touloufe ne soûtint plus qu'avec peine l'autorité de l'Eglise ; les Catholiques ne tirerent pas mesme d'avantage de la presence d'un homme aufli extraordinaire que l'étoit : Pierre Rosini , qui fut depuis marry- : risé dans le Milanois par les Manichéens

& qui parut alors dans le : Łanguedoc un vrai Apôtre par ses Prédications , & un Taumaturge par ses Miracles. Les deux Inquisiteurs : de Touloufe, Pierre Cellary & Guillaume Arnauld , tous deux de l'Or. dre de S. Dominique , ayant fait informer contre les principaux: Habitans de la Ville ; & en ayant cité douze à leur Tribunal, on fe déchaîna contre l'Inquisition. Le Comte Ray- 12350 mond passant tout à coup d'une extrêmité à l'autre , fe déclara pour les : rebelles , & il obligea par toutes sortes de mauvais traitemens: les Domi- nicains à fortir de fes Etats ; leur di

la paix & le calme ne pouyoient y subsister avec eux.

Une telle nouvelle allarma les Evef- 1236. ques du Languedoc & de la Provence: Jean Archevesque de Vienne alla

sant que

au nom de tous prier le Pape Gre? goire IX. qui gouvernoit alors l'Eglise , de se joindre à eux, pour éteint dre de bonne heure l'incendie qui mes naçoit un fi grand nombre de Dioceses. Le Pape admira te zele du saint

Prelat , qui avoit entrepris le voyage 123 7. de Rome ayant la fievre quarte, & il

le pria de faire lui-mesme la fonction de Legat dans le Languedoc,

L'Archevefque de Vienne n'y fut pas plûtôt de retour", qu'il cint une conduite oposée à celle des anciens Inquisiteurs ; foit qu'il defaprouvão effectivement la leur", soit

qu'il crût que les Toulousains avoient besoin que l'Eglise eut une extrême bonté pour eux. Il parla comme un Juge qui vouloit

pardonner, & il demar da en grace ce qu'il eut pu commander avec juftice. Alors les plus cruels ennemis des Catholiques avoüerent que , fuposé qu'on eût à se reconcilier avec Rome, c'étoit dans un rems où · elle avoir des Miniftres qui rendoient le joug de l'obéissance aufli aimable, qu'on l'avoit rendu auparavant terrible. Les Toulousains ne se révolterent donc plus contre l'Inquisition ; ils en demanderent le rétabliffement, & le sage Legat partagea le pouvoir 12385 du Tribunal entre les Dominicains, & un Docteur de l'Ordre de S. François , dont les manieres pleines de candeur & de bonté sembloient inspirer de la confiance aux coupables ; qui n'avoient ofé jusques-là faire-un : aveu fincere de leurs fautes.

Ainsi le Legat, en paroissant affoi- 1239 blir l'autorité de l'Eglise, la rétablit effectivement , & il montra que les hommes se prennent encore plus par l'amour que par la crainte ; on acheva de gagner la confiance des Touloufains, en tirant de leur Ville le Tribunal de l'Inquisition pour le rendre ambulant. Des personnes peu

éclair Tées regardoient cette conduite comme une condescendance excessive du Legat : mais on s'aperçût bien-tôt que plusieurs Albigeois , qui n'avoient osé se convertir dans Toulouse à la vûë de leurs amis & de

le faisoient en foule dans les autres villes où ils n'é toient

pas

fi connus. L'Archevesque donna une autre preuve d'une rare sageffe ; car comme il fit reflexion que le Tribunal de l’Inquisition redevenoic odieux,

leurs parens,

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malgré les adoucissemens avec lefo . quels on y jugeoit des affaires, il pria le Pape d'en fuspendre l'exercice, sous pretexte qu'il n'étoit plus fi necessaire , au fond toutefois pour donner le tems aux esprits de fe cal

mer, 1L40..

Les bons effets que produisit la douceur prudente du faint Prelat s'étendirent mesme au delà du tems de sa Legation , & furent cause

que Raymond, qui prenoit la conduite pour une veritable : complaisance , qu'il avoit euë pour lui & les Sujets, ne voulut pas mesme , sous fon fuccesseur le Gardinal de Prenoste , entrer dans la Ligue que la pluspart des grandes Maisons du Languedoc formerent pour rendre leur fortune meilleure.

Trincavel de Béziers foûtenant impatiemment le caractere d'une perlonne privée ,-s'étoit mis à la tête des Chefs des plus illustres Famil-les, dépouillées comme lui de leurs biens pour tâcher d'y rentrer à quelque prix que ce fût. Olivier de Termes , Bernard. Dorts , Hugues de Sietongue , 'Bernard de Villeneu: ve, Hugues de Romagous & Jour

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