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Apprenons du Pere Lucas quelle eft (a Marche de marche, comment il faut apprendre à la regler par la compofition, & par . la ponctuation , quj féparent les parties qui forment le Difcours.

la voix.

La régler par la corn

Ver hm apta morce quis tempora norit? Vocaiïs menfura anima non omnibus una: JYêf modus eft celerare unus , velfifterevoctm* Qjuemque juus doceat pulmo nimiumque pn

rumque
Inttr quid pofitum juflo moderamine cédat.
TufeieJJum inler fçribeniiauc oti'a , primant
Experiens idnofct. Solet fententia in orbem
. Vtâgo dufla trahi ; nec fus, dum ducitur or bis ±
Pracipere ignavam lafiatâ voce quietem.
Quantum ergovaleat requie fine fpirïtûs ire y
Tentato pulmone proba : nec longiies ïtà ,.
. Dumfcribis. Plenamfonus indicat ïlle quietfin.
Obtento jam fine : tibi fonus indicat ille,
. Prima , fecunda via: dum pars decurritur. , &.

dum
Tantifper medio reditura. oratio gy'ro
Se torquens fifiit. Sunt heee arcana Jonorunt
Ant'etibi meditanda. Quibus nonabjbnadicam
Clariùs. Ad doEtas fententia labitur -aures
Membratim. Solet h&c oculis diftinguere mem-

bra
Orbe nigro punltum s fubtiii aut virgula duflu
Interiùs modicè contorto :fregerit arcunt
Ceu quis, & extremumfinfim tenuarit acumen*
Scriptoru.m fie ufus. hahet» Tu voce fideli
Atque anima fequête , Orator x diferimina

doSis
Confignata nous, Imprudens feriba revellat
Hac tantum aut variet ; mens ufa intetptut

yifi* . .'.... .«;.... i.. i

r»r ta ponctoatica»

-v

In falfum-ruit ,-& tenebris caligat obortis.

Non fecùs h'œc nitidxpofila intervalla loqueliz,

Quœ quanta efl rcrum inlerje dijiantia, tantum

Sufpenfus preffb methur fpiritas ore,

Dempjeris : audits rnens u/a interprete deerrat.

Ufque adeo-in parvis momentum vertitur ingens.

Fallor ? an ufus trit qua fors Mita monere ,..

Ut longis brevibujque modis tibifyllaba quan- P*t l'obfov ta efl, -vationde I*

Tanta jonet : nec fi horriiior fit littera, lenis 1u,utlt**

Mitiget accentus ; fi tenuior, afperet acer,

Verùm ijlhizc pueris fenior Ninivita recanut t

Auris judicium tantùtn vereare monebo.

Immemor acccntu peccet vel Rofcius uno , I

Metirique piger ftta ptr difcrimina verbum

Quod breve producat ,quud longum efl contra* hat: auris

Judicio rtusffl. Nec caufam dicere umpus,

Nec petere errata vtniam datur.

Pour bien prononcer, il faut fçavoir p. dichii*. k valeur des couronnes, îe vrai fon des voyelles, leur élifion , la quantité des fyllabes, placer l'accent où il faut, af- ,

pirer à propos , doubler ou radoucir certaines lettres. Pour ce qui eft d'accent en fait de prononciation, le bon eft celui où il n'en paroît aucun. Il ne fuffît pas. d'écrire correctement, decompofer avec goût & dans les régies de l'art, fi on prononce mal en appuyant fans raifort l

fur certaines fyllabes. La Langue Françoife eft la plus unie, la plus liquide^

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mais toutes fes fyllabes ne coulent point également ; elle a fes longues, fes brèves, fes accens & fes afpirations. La prononciation doit s'accorder avec les mots, en exprimer la valeur. Cette conformité donne aux chofes un nouveau degré de force & de vertu. Un même mot, felon qu'il eft prononcé différemment, indique, affirme, reproche, &c. Faut-il infpirer de l'indignation &c de l'horreur, la prononciation a pour cet effet une voix particuliére. Dans I'afJemblée dtt peuple Romain ! Un homme en place ! Un Mejlre de camp géneral de la cavalerie Romaine. J En prononçant ces paroles on allonge toutes les fyllabes » on traîne les voyelles. Nous fèntons que l'organe s'enfle & Vait effort. Cependant les paroles fuivantes demandent une, voix encore plus pleine : Sacrés tombeaux dut Aib<nnst &c.

On prononce donc diftin&cment 6c

nûmfyU*-. on donne à toutes les fyllabes le Ton

Ut. qu'elles exigent. Il y en a quelquefois

qui nouséchapcnt, parce que nous n'ap

£uyons point aflez deifus j d'autres rai fquelles nous appuyons trop. Plufieurs affectent de faire fonner IV dans tous les t.Gtkttt*. mots où elle fe rencontre. Appuyez furtout fur les derniéres fyllabes Les voyelles foibles & fermées s'y perdent aifément,

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Extrema vocabula prejfo p. lue Jnferiùs deitûtte fûno. Magis omnibus una Auribas incumbit qutt claudit fyllaba verfum, Hanc ntque tu fublime finas evadere, canlor , Vel nimihm gelidos inter torpefeere dentés. Gmnis in hoc cardo propè vertitur, ut cadat

apte LitteraqutB vocem claudit, quœ fyllaba verfum.

Un Orateur intelligent ménage fon haleine. Il en a toujours de relie pour la reprendre aux endroits cù il le peut faire fuivant les régies de la ponctuation. Quand il prévoit un membre qui ne peut être prononcé tout d'une haleine , il reprend légérement aux virgules & aux autres fra&ions du point. 11 évite ainfi d'affaiblir fa voix vers la fin , & d'en dérober les derniéres fy.llabes à l'auditeur.

Rien n'eft plus ennuyeux que la mono- £,,;«, ia ronie, quand un Prédicateur commence »«««. & continue d'un ton élevé, & comme s'd

5>arloit aux Anges, ou à des gens qui èroient fufpendus au haut de la voûte. Ceft être bien incivil, dit un Auteur, de faire aflembler tant d'honnêtes gens, & de ne leur point dire un mot. La monotonie ôte une partie du fuccès que .vous pouvez vous promettre. Ce défaut ôte la force au raifonnement, fait difparoître le brillant & l'énergie des figures & de la diction. Ce qui doit toucher 3 ne

\6\ v; VÊlocjUettce diï^Ùofpfï .*
touche plus. La nature & la raifon font
les feuls maîtres qu'il fout confulter. 'La

(iremière parle un langage différent dans
a triftetïe & dans la joie, quand elle
corrige ou qu'elle confole. Plus notre
voix s'éloigne de celle de la nature, plus
elle eft vicieufe. La raifon nous dit que
la parole qui eft l'interprète de nos pen-
fées & de nos pallions, doit leur donneur
cette modification de ton qui en fait le
caractere diftinctrf (a). Parler toujours
.fur le même ton, c'en: toucher I4 même
corde d'un inftrument : ou il n'y a point
d'accord, il n'y a point d'harmonie (h).
On connoît d'éloquents Orateurs, habiles
Théologiens, dont l'ennuyeufe monoto-
nie endort te commun de l'auditoire, Se
n'attire l'attention que d'un petit nombre
de Sçavans qui prennent fur eux de les
écouter fans dégoûtée). Il y a dans ïk
voix trois fortes de tons, l'aigu , le grave
& le mitoyen. Ce dernier eft le principe
de tous les autres. C'eft de là qu'il faut
partir, pour produire cette varièté de fons
hauts & bas qui forment l'harmonie (d).

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