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»u3!t Txp»rant, ou 1 celui qui aura droit de lui, le in tous dépens, dommages 8c intérêts : A la charge que cei 3?refentes feront euregiftrees tont-au long fur le Regiftte •de la Communaute des Imprimeurs & Libraires de Paris, dans trois mois de la date d tcelles ;que l'impteflion dudfc Ouvrage fera faite dans-nôtre Rovaurrre, 8c non ailleurs, en bon papier & beaux caracteres, confotmemeur i la feuilk imprimee attachée pour modèle fous ie conceefcel des Ptéfentcs : que l'Impétrant fe confotmera en tout «ux.Réglemens de la Librairie, & notamment à celui da 10. Avril 1715. qu'avant de l'expofer en vente, le Manuf-crit qui aura fervi de Copie à l'impreflion dudit Ouvrage , fera temis dans le même état où l'Approbation y aura ete donnee,ès mains de notre très-cher 8c feal Chevalier,Chancelier de France le Sieur De Lamoichon , & qu'iletfeta enfuire remis deux Exemplaires dans notre Bibliothèque publique, un dans celle de notte Chateau du Louvre , un dans celle de notre tres-cher & féal Chevalier , Chancelier de France le Sieur De Lamoicnon , & un dans celle de notre très-cher 8c féal Chevalier , Garde des Sceaux de France le Sieur De Machao.it, Commandeur de nos Ordres ; le rour i peine de nullite des Préfentes. Du contenu desquelles vous mandons 8c enjoignons de faire jouir l'Fxpofant, 6c fes ayans caufe, pleinement 8c paifïblement, fans foufftir qu'il leur foii taie aucun trouble ou empêchement. Voulons que la copie des Prefentes , qui fera imprimee tout-au-long au commencement ou i la fin dudit Ouvrage , foit tenue pour due'ment fignifice; & qu'aux copies collationnées par l'un de nos ames 8c féaux ConfeiHers & Secretaires, foi foit ajoûtée comme à l'Original. Commandons au premier notre Huidîer ou Sergent fur ce requis, de faire pour l'exécution d'icellcs tous actes requis 8c necefTaires , fans demander autre permiflion , 8c nonobftanc clameur de Haro , Charte Normande, & Lettres à ce contraires: Car. tel eft notre .plaifir. Do N N E' à Verfaitles le douzième jour du mois de Février , l'an de grace 1 7-1. 8c de notre Régne le ,trentefeptiéme. Parle Roi en fon Confiil. •

«AIN S ON.

Relire fur le Regiflre XII. de la Chambre Royale des libraires Ct Imprimeurs de Paris , N9 714. fol. 574. conformément aux anciens Régiemens confirmispar celui du li. Février 171). A Paris , le 18. Février 17CI.

CoisHAtp, Synfie.

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CHAPITRE PREMIER.

La nécejfué de V ABion ; fes avantages, fes qualités.

'action que Ciceron appelle l'Eloquence du corps (a), eft il néceffaire » que fans elle on ne peut mériter la qualité d'Orateur. On a vû des enfans remporter par la nobleffè de l'Action le prix de l'Eloquence fur des nommes de talens (b),

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[a) AAio quaedam eft corporis Eloquentia,famo Corporis. Ad Brut.

(.£) Infantes Actienis

dignitate primas raieront i Se diferti deformitate agendi mnlti infantes habiti fond Dt Orat. j. n. ( 6.

A

qui manquoient de cet extérieur Ci
important à tout homme qui fe produit
dans le public. Les Orateurs qu'Athènes
& Rome admirerent dans l'Etat floriffant'
de leurs Républiques , conviennent de ce
principe. Nous pouvons juger de la bonté
des préceptes qu'ils en dqnnoient dans
leurs écoles, par ceux que nous ont laillc
Ciceron& Quintilien, qui en ont parlé
d'après leur propre expérience & l'imita-
tion des grands nommes, qui étoicnt leurs
émules dans le Barreau. Les jeunes gens
qui le confacroient à la profeflîon d'Avo-
cat , fréquentoient aflidûmenrce fancluai-
re de l'Éloquence; & les modèles vivans
qu'ils avoient devant les yeux dans ces
célebres Orateurs » les formoient plus faci-
lement que toutes les régies des Rhéteurs
qu'ils médiroient dans le particulier.

La Grèce dans un climat pur & ferein nourriffoit des efprits vifs, faciles & délicats. Chez les autres hommes la nature ébauchoitles Orateurs, ils naifloient ici formés. L'Eloquence dont elle avoit, ré' pandu le germe & le goût dans Iei\r efprit comme dans leurs corps, n'attendoit que l'âge pour fe déveloper ; & la perfection de leurs talens a produit la perfection des préceptes que ces excellents Orateurs nous ont tranfmis. L'art étudia en eux la nature, &pofaces principes & ces régies qui font

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le mérite de l'aétion. Un Grec eft un homme univerfel , dit Juvenal; toute la nation eft comédienne : Comœda naùo. Cette satyr. t. expreffion, dans l'efprit de ce fiécle, marque un peuple qui fçait peindre les mœurs. Les premiers Romains d'unefprit moins ardent & moins limé, avoient auffi moins de dîfpofition pour l'Eloquence du corps; mais ils comprirent la néceflîté de la former dans la jeuneflè, dès l'âge même le plus tendre. Plufieurs d'entr'eux en propoferent les régies. Plotius, Nigidius ,. Ciceron, Pline fecond, Quintilien traiterent cette partie de l'Eloquence i ils choifirent même d'excellents Comédiens pour s'inftruire dans cet art. Les plus Quintil. grands hommes les confultoienr, & les écoutoient volontiers pour fe modèler fur leur déclamation. Ciceron prenoit confeil du fameux Comédien Rofcius ; Demofthène avoir Satyrus pour maître; Geminus conduifoit Marc-Ànronin; Efchine s'inf- juiiusC*truifoit également au théatre. Les Corné- ritoli»"s,<ie

i- i ° i , M. Antoni

diens de ces temps heureux avoient donc no Phiio.oune déclamation mâle, forte& majeftueu- pho. fe; ils ignoroient l'air mol & efféminé, les tons doucereux & languiffans, les maniéres comiques , peu propres à fervir de régie au Barreau, dont l'action doit être différente de celle que le théatre exige de fes Atteurs.

Qgintil, £. i. c. 11

l. g. 1.12.

Plat. I. de Ug.

Plutarch. 1.7.

Les Anciens attentifs à compofer l'exterieur, avoient des Académies où ils enfeignoient à régler avec bienféance la contenance & les mouvemens du corps. Dans le fiècle de Platon la 'République d'Athènes entretenoit des Chironomiftes, maîtres de mains ou de geftes, dans l'école de la Chironomie ou de l'Eloquence manuelle. L'exercice de la danfe éroit regardé comme important à ce fujet. On conduifoit les jeunes Grecs & Romains dans les affemblées de parens & d'amis, comme fur un théatre domeftique. A la table, quand les convives étoient au deffert ,ils récitoient les dialogues de Platon, pour apprendre à prononcer avec un goût exact les ouvrages qu'ils (eroient en état de produire dans un âge plus avancé. Dans le cours de leurs études, ils fui— voient les plus habiles Orateurs. Ainfï Ciceron fut - il l'auditeur de Molon de Rhodes, Augufted'Apollodore, &c fouvent même parcouroient-ils la Grèce &c l'Afie pour profiter des lumiéres de ces hommes illuftres qui enfaifbientla gloire. Ils avoient des jours reglés pour s'exercer dans la déclamation, en prefenced'un habile Rhéteur; & ce n'étoit qu'après avoir paffe plufieurs années dans cet exercice , qu'ils paroiffoient en public pour juyenii. donner des. preuves de leur capacité.

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