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Mobilis in facies fefe converteret Altor.
O utinam fcenis iteriim dent Protea noflru.
Dii quitus hcec cura ! quid enirn non vera

fatebor?
Protea non credamqui ficcis funus ocellis
Ridenti propior pullo jub fyrmate ducit.

Sans confulter ceux qui difent que le Du fiante front haut marque la parefle, le petit la légereté, le rond la colére (.<*), tel que la nature nous le donne, il faut le faire fervir à la gloire de l'action. Tout homme d'efprir & de fentiment en porte comme un certificat fur le front ( b ). C'eft ce que Quintilien appelle dans l'Orateur Trachallus,/v»fî.r autor'ttatem. Nous ne parlerons point ici de ces» fronts que l'Ecriture appelle, fronsmeretricif ; qu'Ammian trouvoit dans certains Orateurs de fon temps, qui avoientproftitutas jrontes L. je.* vilefque latratus. Ces fronts qui déshonorent l'homme , conviendroient-ils aux Miniftres ? Se rider le front pour affecter un certain ton de féverité , c'eft donner dans le ridicule. Se rétrecir les narines, c'eft indécence; fe frotter le front avec les doigts pour rappeller dans fa mémoire

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9 Sanl Ce qu'on voit peint dans l'œil , doit être écrit .' au front.

Il ne faut donc jamais que le front fe fillonne ,
S'il ne reçoit du cœur une loi qui l'ordonne ,
Et fi l'oeil ne lubit la loi tout le premier:
Un docteur fans cela déclame en écolier.
Ainfi n'ayez point l'air de ce Miflionaire,
Qui n'ayant ni le cœur ni l'œil plein de colère,
Contraint toujours fon front a fe rider pour
rien.

(a) Cùm mensâ pofi-
tâ librorum expol.uiffet
ftroera , adduâo fuperci-
llo, concra&il.que naribus
ac fronte rugatâ , duobm
digitulii conciepabat, hoc

figno ad audiendum riifcipuloi piovocans. D.Hier on. Epift. ai Rujl.

( b ) Qnod candido fjontem fudario urgerec» Quintil. I. 6. t. j.

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hac nofira aBione fecundùm vocem vultuf valet, is autcm eculisguhernatur. Ce texre de CrafTus dans Ciceron , eft l'éloge le plus parfait de cette partie de nous-mêmes. Les yeux fout donc la langue daxœur, & comme une autre bouche par où toutes les paffions parlent la voix qui leur eft propre. Ils reglent les mouvemens du vifage; ce font de vrais Protées qui prennent toutes fortes de formes; graves dans la confiance, cruels dans la fureur, ardents dans la colére, fombres & farouches dans la mélancholie , agréables dans la douceur,&c ils décelent les mœurs de l'homme (a). Le grand arr eft d'en fçavoir regler les mouvemens. Il ne faut ni les ouvrir trop ni trop peu, cligner ni clignoter (b). Les tenir ouverts & toujours fixes fur un même point , c'eft ftupidité. Avoir les yeux effeminés & pleins d'une molle langueur , c'eft ce qu'Ariftophane appelle contueri xomcè. Des yeux legers, volages, tremblans & timides font ceux de la jeunefle, qui eft toujours dans la crainte, quand elle paroît devant le public. Pluneurs ont toujours les yeux en l'air, femblables à ceux

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qui entrant dans la boutique d'un marchand , en confiderent tous les rayons , /ans pouvoir fe fixer. D'autres affectent de jetter les yeux fur certaines perfonnes, même en parlant de certains vices. OcuU noflri et fi jaciuntur in aliquem, fignntur inneminem, difoit S. Auguftin. Plufieurs EP'lfi- *•*• fe font fouvent repenti de n'avoir point' fuivi cette maxime. Il eft une forte de modulation dans les mouvemeris des yeux, qui d'accord avec les traits du vifage, & répondant à toutes les parties du difcours , forme l'harmonie la plus éloquente. Elle exclut tout regard louche," agard, vague, féroce, hardi, indécent, ;i' parce qu'elle eft l'effet du fentiment de l'ame. 3e n'examine point ici ceux qui parlent à leur auditoire comme les aveugles parlent à Dieu; c'eft fauffemodeftïe, ou foiblefTe de mémoire , & toujours incivilité. On éleve les yeux , ou on les baifle felon les chofes dont on parle, les paflîons dont on peut fe glorifier, ou celles qu'accompagnent le repentir & la honte: ils (ê promenent modeftement dans tout l'auditoire , fans s'arrêter à un lieu , ou à aucune perfonne en particulier. Si Ton P. Gaîefci** ne regarde qu'un endroit, on fait de la peine: fi l'on n'en regarde aucun , l'air dn Prédicateur eft abftrait & n'inrerefle * point. La dévotion doit fe peindre dan*'

L *

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