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pourquoi, dans une chaleur auli forte , les molécules de soufre ne sont pas sublimées , ou consumées à mesure qu'elles se forment, à moins de supposer qu'elles subissent au même instant une nouvelle combinaison.

Cette disposition de certaines substances, produit souvent des phénomènes particuliers. Par exemple si l'on veut précipiter la magnésie vitriolée, ou le muriate de mercure par l'alkali volatil , l'on obrient très-peu de précipité ; mais il en résulce un nouveau fel triple , d'une nature très-différente. En mêlant ensemble des diffolutions saturées de nitre calcaire & de nitre magnésien, il se forme un précipité auquel on ne se seroit

pas attendu. C'est un sel triple , formé des deux terres combinées ensemble à l'acide nitreux, moins soluble que chacun des sels qui le composent, & qui se précipite par cette raison : une plus grande quantité d'eau redissout ce nouveau sel. Pour abréger, je suis forcé de passer sous silence une infinité d'autres faits semblables,

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Irrégularités produites pour un excès déterminé

de l'un ou l'autre des principes prochains.

Je n'ignore pas que quelques Chymistes prétendent qu'on a tort d'allurer que les sels nettres. ou moyens , peuvent prendre un excès d'acide. Plusieurs exemples que nous allons citer ici, démontrent cependant, & d'une manière évidente, qu’un tel excès a lieu dans quelques cas , quoique çette partie furabondante d'acide tienne plus foiblement au fel, comme cela doit être , que la partie nécessaire pour la saturation. Que l'on dis.folve jusqu'à saturation dans de l'eau distillée du tartre tartarisé , parfaitement neutre , & que l'on у verse ensuite goutte à goutte du véritable acide du tartre (S.. XXIII.), il se fépare bientôt une matière spongieuse , blanche , qui gagne le fond: cette substance recueillie & examinée , se trouve être du vrai tartre. Quelle est la cause de ce lingulier changement ? Elle se trouvera facilement, li nous considérons la nature de ces substances. Le tarı tre n'est en effet que du tafsre tartatisé, combiné avec une plus grande quantité de son propre acide, qu'il n'en faut pour la faturation. Celui qui

connoît la faveur du tartre, la propriéte de faire effervescence avec les alkalis , de rougir les couleurs bleues végétales , &c. ne révoquera pas en doute cet excès d'acide ; & même jusqu'à ces derniers tems , on a toujours regardé le cartre comme un fel acide. Enlevez exactement cet excès d'acide par l'alkali fixe végétal , & vous aurez le tartre tartarisé connu ordinairement fous le nom de fel végétal. Le cartre purifié, ou crême de tartre , n'est donc que du tartre tartarisé avec un excès déterminé d'acide , & on l'obtient sur le champ lorsqu'on ajoute cet excès au tartre tårtarisé : il se précipite parce qu'il ne trouve pas assez d'eau pour être tenu en dislolution. Ainfi ces deux sels ne different

pas

l'un de l'autre

par
la nature,
mais seulement

par

les proportions de leurs principes; il en résulte cependant une différence étonnante dans la faveur, & les autres propriétés, principalement la diffolubilité : car le tartre tartarisé est si avide d'eau, tombe presqu'en déliquescence à l'air humide. Une partie de tartre au contraire demande

, pour dissoudre , cent cinquante parties d'eau, à la température moyenne; ce qui est d'autant plus surprenant, que l'acide qu'on ajoute en excès & l'alkali végéral tartarisé, sont par eux-mêmes très-solubles dans l'eau. L'excès d'acide qui produit toute cette

qu'il

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différence,

par la cryftallifacion, ni par un filtre humecté, ni par aucun autre moyen que par la saturation seule.

, ne peut être enlevé ni

Nous avons donc ici un exemple manifeste, d'où nous pouvons conclure

que

l'alkali végétal, quoique saturé, loin de refuser un excès d'acide tartareux , le prend au contraire facilement ; c'est une preuve frappante d'attraction entre un fel neutre & un acide de même nature que celui qui entre dans sa compofition. Le tartre se sépare de même en versant goutte à goutte un autre acide quelconque sur le tartre tartarisé. Pourexpliquer ce fait , on dit ordinairement que l'acide a challé le tartre par une force supérieure; mais le tartre n'est pas simplement un acide, comme on la cru pendant long-tems. Pourquoi donc l’alkali qui lui est uni, fe précipite t-il en même-tems? Si la précipitation arrive ici par une affinité supérieure , pourquoi a-t-elle également lieu en employant l'acide du tartre, & même en se fervant du vinaigre, qui est un acide beaucoup plus foible que celui du tartre (S. XXXVII)? Pour entendre clairement le jeu de cette opération, imaginons le tartre carcarisé divisé en deux parties, de telle sorte

que

la partie b contienne autant d'acide qu'il en faut à la partie a pour devenir crême de cartre ; ajoutons

alors un autre acide qui fature la base alkaline de la partie b : l'acide qui lui étoit combiné refluera fura , qui l'attiroit déjà auparavant avec tant de force, qu'il s'en faiGt bientôt , & devient tartre ; pourvu qu'il arrive la moindre circonstance capable d'ébranler un peu la cohésion des principes de la partie b.

Le fel de seignerte fe comporte de la même maniere. L'alkali volatil, diffout dans l'eau & saturé peu-à-peu d'acide du tartre , donne aussi une espèce de tartre soluble , qui se grumèle sur le champ, lorsqu'on lui ajoute un excès d'acide , & qui forme un nouveau tartre difficile à dissoudre, mais plus acide que le tartre ordinaire , à cause du peu d'adhérence de ses principes.

Le tartre n'est pas l’unique fel qui exige essentiellement un excès d'acide ; nous en connoissons depuis long-tems plusieurs autres de même nature. Le sel d'ofeille est composé d'alkali végétal & d'un acide particulier furabondant (S. XXIV). De même l'on ne peut pas faire crystalliser l'alkali végétal exactement saturé d'acide arsenical ; au lieu qu'on en obtient facilement de beaux cryftaux , si on y ajoute un excès déterminé d'acide (S. XX): On voit par-là pourquoi l'on n'a pas

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