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examiné la chose de plus près , je me crois obligé de les exclure à présent. Personne n'ignore , pour peu qu'il soit initié dans la Chymie, que ces substances sont attirées & difloutes par les acides ; mais il faut bien faire attention qu'elles ne se combinent pas avec ces menstrues , dans leur entier , & sans rien perdre , comme on la cru ; car une partie de l'acide enleve le phlogifique , tandis que l'autre s'unit au métal calciné; ainsi, puisque les métaux n'adhèrent aux différens menstrues, qu’autant qu'ils sont privés en grande partie d'un de leurs principes, & mutilés, pour ainsi-dire , on ne peut plus compter cette opération parmi les affinités simples. De même les précipitations des métaux les uns par les autres, ont été mal entendues jusqu'à présent. Lorsque j'observai pour la première fois, il y a quelques années, que l'ordre respectif des affinités des métaux étoit le même pour tous les acides , je fus très-surpris de trouver un tel accord, parce que je savois d'ailleurs qu'ils différoient entre eux à plusieurs égards , par rapport aux terres & aux alkalis ; c'est pourquoi je commençaí dèslors à soupçonner que l'ordre des précipitations métalliques ne dépendoit pas du choix de l'acide ; mais qu'elle tenoit à une toute autre cause. Je suis maintenant assuré que cette cause

que la force plus ou moins vive avec la

n'est

quelle les chaux de chaque métal-tenu en dillolution, failiffent le phlogistique du métal précipitant. J'en ai parlé ailleurs (1), & j'y reviendrai plus au long par la suite (S. XLVII.). J'ai donc eu raison de rejetter les métaux; faut-il pour cela rejetter ausli leurs chaux ? Celles-ci sont réellement dissoures , & il paroît naturel que le même acide trouve assez de différence entre seize espèces de chaux métalliques , pour en préférer quelques-unes , & s'en emparer plus avidement que des autres. Mais comme le raisonnement peut induire en erreur, s'il n'est appuyé du témoignage de l'expérience , j'ai fait des ellais avec les chaux métalliques, principalement avec celles d'argent & de cuivre : j'ai préparé d'abord une dissolution d'argent par l'acide nitreux , saturée autant qu'il est poslble; cependant je n'ai pu l'amener au point de ne pas rougir la teinture de tournesol ; il est vrai qu'on peut peine enlever cet excès d'acide sans décomposer le sel métallique. J'ai mis dans cette disolution du cuivre calciné par le feu, & j'ai fait digérer le tout à chaud pendant plusieurs jours ; & quoique la chaux de cuivre ne se soit dissoute que lentement, au point de colorer la liqueur en bleu, il ne s'est manifesté aucun signe de précipita

à

(1) Dis.de Phlogifti copia in métallis. S.. II.

tion. Une autre dissolution d'argent également saturée, se chargea de beaucoup de mercure calciné, qu'on appelle ordinairement précipité porse, & ne perdit pas sa transparence ; je mis ensuite de l'argent précipité par l’alkali caustique, dans de l'acide nitreux saturé de cuivres; mais il y eut trèspeu de dissolution , & point de précipitation. Les acides paroissent donc se combiner avec toutes les chaux métalliques indifféremment ,pourvu qu'elles aient perdu une quantité convenable de phlogistique ; car le plus ou le moins occasionnent quelquefois des diférences notables. Lorsqu'on emploie l'acide nitreux , il arrive souvent qu'une chaux calcinée au point d'être soluble dans l'acide, perd encore peu-à-peu de fon phlogistique au-delà de ce terme, & se précipite bientôt après. Il faut observer avec beaucoup d'attention de semblables phénomènes, qui dépendent de la nature particulière de certaines substances , de peur d'en tirer de faulles conséquences. J'ai déjà fait remarquer a illeurs, que les chaux métalliques s'attirent mutuellement, surtout celles de cuivre & de zinc (1). Ces combinaisons dissoutes par le inême acide , donnent sans doute des sels triples qui méritent d'être mieux examinés.

J'ai rangé les chaux métalliques suivant l'ordre

(1) Ibid. §. V.D.

qu'elles observent dans leurs précipitations, parce qu'il n'est

pas

inucile de le connoître ; mais j'ai effacé les lignes horizontales, pour montrer qu'on n'a pas encore trouvé, que les acides aient une attraction plus forte , pour les unes que pour les autres.

le

24]Je place ici l'eau , parce qu'elle dissout tous les vitriols & qu'elle les rend, par la crystallisation, tels qu'ils étoient auparavant. Je sais bien que mercure , l’étain , le bismuth & l'antimoine, sont précipités de l'acide vitriolique par le moyen de l'eau ; mais je dois observer en même tems qu'il en faut une très-grande quantité pour enlever d'abord l'excès d'acide qui est spécialement néces. faire à ces fels, & qui y tient plus foiblement , & pour attaquer ensuite la plus grande partie du reste à l'aide de la chaleur; au lieu que si on l'emploie à la duse qui convient, elle ne trouble pas solutions. L'acide vitriolique, comme on fait, ne peut pas être totalement dépouillé de son eau superflue par l'ébullition , il en retient toujours au-delà d'un cinquième de son poids; ainsi cette quantité est précisément le moins d'eau poslihle , dans les diisolutions métalliques. Au reste une suffisante qnantité d'eau pourroit peut-être décomposer, avec le tems, tous les vitriols, & dans ce cas, il faudroit lui donner une autre place, à

ces dif

moins que quelque cause ne concourût en inênetems à cette décomposition.

25 ] Le phlogistique vient enfin le dernier ; quoique la plupart des modernes lui assignent le premier rang; je ne connois cependant aucune expérience de laquelle on puisle conclure avec certitude, que le phlogistique est capable de décomposer les sels neutres & moyens , soit terreux, soit métalliques, par la voie humide & par son affinité avec l'acide qui entre dans leur composition. L'acide vitriolique l'attire fortement à la vérité comme on en peut juger par la couleur brune qu'il prend dès qu'il vient à toucher la plus petite molécule huileuse , libre, ou même intimement combinée à d'autres substances; mais une suffisante quantité d'eau peut empêcher cette altération & même la faire disparoître , quoiqu'elle existe depuis long-tems. D'ailleurs cet acide , même le plus concentré, n'attaque le principe inflammable du charbon qu'à un degré de chaleur déterminé; & fi les métaux perdent une partie de leur phlogistique en se dissolvant dans ce menstrue, cet effet n'a lieu qu'à l'aide de la chaleur , de celle du moins qui eft excitée

par

la dissolution ; & nous avons déjà observé que cette perte est nécessaire pour qu'ils se dissolvent (S. V), ce que nous confirmerons bientôt (S. XIII).

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