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Messieurs ont composées, soit separement, soit en société. Ils réuniront par-deux Illustres Amis , dont la société, le désinteresfement & la bonne-foi devroient servir de modéle à tous les Auteurs

que la gloire e l'utilité litteraire obligeront de travailler ensemble.

Les aveus que M. Palaprat a donnés au sujet des piéces de la composition de M. de Brueys , ont été extraits imprimés avant chaque piéce dans le Théatre de cet Auteur ; cela ne m'a pas paru asez considén rable pour m'engager de supprimer les difcours de M. Palaprat , qui se trouveront ici à leur place.

De. M. Palaprat pour l'édition qu'il a

donnée en 17.120*

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ERSONNE, que je sçache, ne s'est encore avisé d'écrire la moindre chose sur les Préfaces.

On ne sçauroit cependant les regarder comme des ouvrages indifférents , étant faits pour être mis à la tête des autres , pour les annoncer, les préparer, pour en relever le prix en les faisant connoître, & pour leur servir enfin ( li j'ose parler ainfi d'introduction, d'entrée , & de porte.

L'occasion de dire mon sentiment sur les Préfaces ne pouvoit, ce me semble , être jamais plus naturelle

que
dans

une Préface même. C'est ce qui m'a porté à nommer ainsi ce Discours : sans quoi j'avouë que je n'aurois jamais eu la témérité de donner ce nom spécieux à quelques pages de mauvaise Prose que je me suis crû obligé, pac les raisons qu'on verra dans la suite , de mettre à la tête de la nouvelle édition de ces vieilles Comédies.

Ce n'étoit aucunement mon intention * Le Lecteur se souviendra que cette Préface a rapport ause Piéces contenuës dans le Théatre de M. de Brueys qui étoient alors confondues avec celles qui font contenues en ce Volume.

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qu'elles eussent, étant surannées, un ornement qu'elles n'avoient jamais eu dans leur nouvelle saison ; & plûtôt que de fonger à les assortir avec un ouvrage aussi sérieux qu'une Préface , j'avois eu la pensée de faire une maniere de petite Comédie fur ces Comédies. J'en avois communiqué le dessein à quelques-uns de mes amis, qui l'avoient fort approuvé: cela m'auroit donné lieu de débiter sur ces Piéces tout ce qu'il y a de bien & de mal à en dire, & je l'aurois fait d'une maniere moins ennuyeuse & plus animée , que ne l'est souvent la monotonie d'un Auteur qui parle seul dans ces sortes de Discours , par la petite action qu'y auroit jettée la varieté du dialogue. J'y aurois introduit sept ou huit caractéres ridicules de prétendus beaux esprits du tems , de l'un & de l'autre sexe : j'y aurois mis un personnage sensé pour le contraste & pour lui faire dire des choses justes & raisonnables. Il est vrai que c'étoit beaucoup pour ce tems-ci qu'une personne sensée sur six ou sept d'impertinentes, & que ç'auroit

été peut-être l'endroit par où ma petite Comédie auroit été accusée de pécher le plus contre la vraisemblance. J'ai été empêché d'exécuter ce dessein, il pourra revenir en quelqu'autre occasion.

Pour dire donc en peu de mots mainte

nant ce qu'il y a long-tems que j'avois envie de dire sur les Préfaces, ( & ce peu de mots pourra en quelque façon servir de Préface à celle-ci) je ne sçaurois diffimuler que je trouve qu'on les traite quelquefois trop familierement , que bien des gens en abusent, & leur manquent tous les jours de respect ; & que de même qu'on fait de tems en tems, dans les Etats bien policés, des teglemens sur le luxe, op en devroit faire un pareil dans la République des Lettres sur l'usage des Préfaces , pourvû qu'il fût plus durable & mieux observé. Je voudrois donc qu'il ne fût pas permis à toute sorte de livres d'être parés du superbe ornement d'une Préface , & que la qualité , la condition, & le rang de ceux qui pourroient en avoir fussent marqués : au lieu qu'on peut reprocher aux Auteurs d'être en ce point moins retenus sur la parade qu'ils font de leur orgueil, que ne l'ont été jusqu'ici certains hommes furperbes, nés beaucoup moins opulens qu'ils ne le font devenus un peu trop-tôt, au gré du chagrin & du critique Public, toûjours de mauvaise humeur contre leur magnificence; certains hommes fiers & haïs , tant & fi souvent accusés en plein Théatre de ne garder aucunes mesures sur l'imprudent étalage de leur vanité. Cependant voyez l'injustice de ce

Public : il ne dit mot aux Auteurs qui mettent impunément à l'entrée de leurs livres toute sorte de pauvretés , ausquelles ils donnent le nom majestueux de Préface; & il ne cesse de crier contre ces pauvres gros Milords de soudaine crûë , quoi qu'ils ayent été encore assez modestes pour ne point mettre à la porte de leurs Palais un Suisse du grand air , avec un plumet, un large baudrier, une flamberge à garde antique, & une moustache retroussée. Ils ont la modération de se contenter d'un simple Portier : personne ne l'oseroit trouver mauvais, on sçait trop qu'il leur est nécessaire pour faire le prelude , & , pour ainsi dire, la préface de leurs brusqueries; c'est le domestique de confiance, chargé de leur procuration générale pour repousser tous créanciers & demandeurs avec la douceur & l'honnêteté que le métier de ceux dont ils ont procuration le comporte , & enfin avec une extrême politesse , qu'ils ne pofsédent guéres moins bien que leurs maîtres, parce que souvent ils l'ont apprise en même école.

Mais pour revenir à mon sentiment sur les Préfaces, qui sera toûjours conforme à celui des sages écrivains quand je parlerai sérieusement, j'estime que ce ne sont point des ouvrages indifférents. Les bonnes sont

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