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ô divin Esprit , de se remplir de vous ; il faut en être enyvré. Que n'aprendroit-on point fans raisonnement, sans science, si on ne consulroit plus que l'amour de Dieu qui mec la vérité du régne de Dieu dans le fond de l'ame? L'amour décide tous les cas, & ne s'y trompe point ; car il ne donne rien à l'homme porte tout à Dieu seul. C'est un feu consumant , qui embrase tout , qui dévore tout , qui anéantit tout, qui fait de sa victime le parfait holocauste. O, qu'il fait bien connoître Dieu ! car il ne laisse plus voir que lui , mais d'une vûë bien diferente de celle des hommes, qui ne le considerent que dans une froide & féche spéculation. Alors on aime tout ce qu'on voit , & c'est l'amour qui donne des yeux perçans pour le voir. Un moment de paix & de silence fait voir plus de merveilles que les profondes réféxions de tous les Sçavans. Mais encore ,

ô Amor est-ce que vous enseignez toutes chofes , vous qui n'en pouvez soufrir qu'une seule , & qui fermez les yeux tout le reste , pour les aracher immua. blement à un feul objet ? O j'entens ce

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fecrer ! dest que la vraie maniere de bien sçavoir tout le reste , pendant cette vie , est de l'ignorec par mépris. On fçait de Dieu ce qu'on en peur sçavoir en fçachant qu'il eit Tout : on sçait de la créature entiere tout ce qu'il en faut sçavoir en fçachant qu'elle n'eft rien. Voilà donc la route-science, inconnue aux sçavans du hiécle, & réservée aux pauvres d'esprit instruits par l'onction du pur amour : ils pénérrent au fond de tout ce qui est créé en ne daignant pas mêine y faire atention, ni ouvrir les yeux pour le voir. Qu'importe qu'ils ne sçachent point raisonner sur Dieu ? Ils sçavent l'aimer, c'est assez. Bienheureufe science, qui éteint toute curiosité, qui raffafie l'ame de la vérité pure , qui non-seulement lui montre roure vérité en l'ocupant de Dieu , mais qui porte certe vérité fimple & unique dans le fond de cette anne , pour n'être plus qu'une mênie chose avec elle.

Hélas, combien de grands docteurs qui ne voïent goûte , croïant tout sçavoir ! ils ne veulent rien ignorer ni sur la nature des divers êtres, ni fur leurs propriétés , ni sur l'ordre de l'Univers, ni sur l'histoire du genre humain, si

fur les ouvrages des hommes, ni sur les arts qu'ils ont inventés , ni sur leurs diverses langues, ni sur les régles de conduite qu'ils ont entr'eux. O qu'ils seroient dégoûtés de toutes ces recherches curieuses s'ils connoissoient bien . l'homme ! S'amuse-t-on à un ver de terre? & le néant même n'est-il pas encore plus indigne de nous ocuper 2 Hé, que peut-on aprendre de ce qui n'eli rien ? Il n'y a qu'une seule vérité infinie, qui absorbe tout', & qui ne laisse aucune curiosité hors d'elle. Tour le reste n'est que néant , & par conséquent menfonge. Qu'on s'instruise pour le befoin des condicions , c'eft bien fait. Mais qu'on croïe sçavoir quelque chofe quand on ne sçait que ce Rien, qu'on espere en orner fon esprit , qu’on cherche à le nourrir & à le fatisfaire en l'a. cupant de la créature vaine & creuse, ô folie ! ô ignorance de ceux qui veulent pour sçavoir !

O JESUS, je n'ai plus d'autre Doc teur que vous, plus d'autre livre

que votre

poitrine. Là j'aprens tout en ignoFant tout, & en m'anéantiflänt moi-mê me. Là je vis de la même vie dont vous vivez dans le sein de votre Pere. Je vis d'amous : l'amous fait tout en moi. Ce

n'est que pour l'amour que je fuis créé, & je ne fais ce que Dieu a prétendu que je fisse en me créant qu'autant que j'aime. Je sçai donc tour , & je ne veux plus sçavoir que vous. Taisez - vous, monde curieux & sage : j'ai trouvé sur la poitrine de Jesu s l'ignorance & la folie de la Croix, en comparaifon de laquelle tous vos talens ne font qu'ordure. Méprisez-moi autant que je vous méprise.

Pour le jour de la Circoncision.

M

On Dieu, je viens vous adorer,

& me tenir à vos pieds comine Marie seur de Marthe. O que votre présence est douce ! Heureux qui goûte certe manne ! Elle raslasie mon cæur. Je crois, Seigneur , j'aime , j'atens ; faites en moi felon vos defleins. O bon Efprit! venez, ôtez-moi le mien.

O JESUS ! je vous adore sous le couteau de la Circoncision. Que je vous aime dans cette abjection & dans cette foiblesse ! Je vous vois tout couvert de honte , mis au rang des pécheurs , afsujéti à une loi humiliante, foufrant de vives douleurs , & répandant déją dès les premiers jours de votre enfance

les prémices de ce Sang qui sera fur la Croix le prix du monde entier.

Vous n'entrez donc dans le monde que pour soufrir. Vous y prenez d'abord le nom de Jesus, qui signifie SAUVEUR; & c'est pour sauver les pécheurs que vous vous mettez au nombre des pécheurs soufrans. Avec quel. le consolation , Ô enfant Jesus, voisje couler vos larmes & votre Sang ! C'est ici le commencement du Mystere de Douleur & d'Ignominie. O précieufe Victime ! Vous croîtrez ; mais vous ne croîtrez que pour faire croître avec vous les marques de votre Amour. Vous ne retardez votre Sacrifice , que pour le rendre plus grand & plus rigoureux.

Mais hélas , ô J E sus ! que vois-je dans vos douleurs ? Est-ce un objet qui devoic exciter en moi une compassion tendre ? Non, car c'est sur moi, & non sur vous , que je dois pleurer. Je ne puis considérer vos humiliations , & vos foufrances fans apercevoir aussi-tôt que vous ne vous humiliez & ne soufrez que pour mes besoins. C'est pier mes péchés d'orgueil & de moleffe, c'est pour m'enseigner à soufrir & à porter la confusion que je mérite. La nature vaine & lâche frémir à la vûë

pour ex

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