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donner à celle-ci les avantages particuliers des deux autres.

Il m'est tombé entre les mains des en Notes de Pierre Bonnet-Bourdelot sur cette Bibliothéque Choisie; on a trouvé encore après lui quelques Remarques à faire , & M. de la Monnoye, avant que la République des Lettres l'eût perdu, prit le soin de revoir ces Notes , & d'y joindre les fiennes. Toutes ces Observations de différentes mains composent unCommentaire dont le Texte de Colomies sembloit avoir besoin.

Paul Colomies nâquit en 1638. à la Rochelle , où ses Ancêtres s'é. toient établis , & vivoient dans la Religion Protestante. Sa Famille étoit originaire de Bearn. Il étoit fils de Jean Colomies Docteur en Médecine , & petit fils d'un Ministre. Il fit ses premieres études fous les yeux de son pére qui étoit habile. A l'âge de 16. ans, on l'envoya à Saumur faire fa Philosophie, & la Théologie.

Il y apprit l'Hebreu sous Louis Cappel. En 1664. il vint à Paris , où il contracta avec Ifaac Voffius une liaifon qui dura toute sa vie. Vossius l'emmena en Hollande , d'où il re. vint en France un an après. Il y demeura jusqu'en 1681. qu'il passa en Angleterre, où Vossius le reçut encore chez lui. Il ne fut pas long. tems à Londres fans y prendre du dégoût pour le parti Presbyterien ; il le marqua dans son Theologorum Presbyterianorum Icon , qui lui fit bien des ennemis. Il panchoir davantage vers la Communion Episcopale , 83 il fut Lecteur d'une Eglise Françoise qu'on érigea à Londres selon le Rit des Episcopaux.

Colomies demeura deux ans à Londres avec Voffius , ensuite il alla à Lambeth en qualité de Bibliothécaire de l'Archevêque de Cantorbéry Guillaume Sancroft. Ce Prélat s'é- 5 tant atriré la disgrace de la Cour fut dépouillé de son temporel en 1691,

& Colomies perdit son emploi. Il en tomba malade de chagrin , & depuis il ne fit plus que languir. Dans ce tems-là on parla de lui faire avoir la direction de la belle Bibliothéque de Gottorp, qui est dans le Palais du Duc d'Holfein ; mais il mourut à Londres le 13. Janvier 1692. âgé de 54. ans. On sçût après la mort qu'il avoit contracté à Lambeth un mariage de conscience avec une fille de basse condition, à qui il laissa un legs de 30. liv. fterlin. Ses Livres & ses Manuscrits passerent dans les mains de son cousin germain & son heritier M. Hamelot.

La Religion de ses ancêtres, que professoitColomiés, l'avoit jetté dans l'étude de la Theologie, & son inclination dans celle de la Critique & des Belles - Lettres. Il possedoit toutes les connoissances du Bibliothécaire, l'Histoire Littéraire avec ses dépendances. Son principal foin dans ses lectures étoit de recueillir les anec

voit regner

dotes concernant la Vie & les Ouvra ges des Sçavans. Toûjours judicieux, il ne puisoit que dans les bonnes sources : C'est de là qu'il tira les traits & les passages singuliers dont la plûpart de ses Ouvrages sont composez. Ce ne sont pas à la verité des Traitez d'une grande étenduë , mais ils sont remplis d'une érudition curieuse, & finement recherchée ; & ce qui est plus estiinable encore, c'est qu'on y

l'air d'un honnêie-homme qui fait justice à chacun sans avoir égard à la difference des Religions.

L'intégrité de ses mæurs ne le mit pas

à l'abri des injures. L'Auteur de l'Esprit de M, Arnauld traita Colomiés de parasite & d'homme aux gages de Vossius. Le Theologorum Presbyterianorum Icon lui attira certe insulte de la part de Jurieu. Il étoit audessus d'un pareil reproche par la situation de ses affaires, & plus encore par sa maniere de penser: C'étoit un vrai Philosophe. La douceur

* Vigneul - Marville Tome I.

de son esprit l'empêcha de répondre aux invectives du violent Jurieu qui se trouvent pleinement réfutées par Bayle dans son Dictionnaire à l'article de Colomies.

On a de Colomiés quantité d'Ouvrages publiés séparément. Le docte M. Fabricius a pris soin de les recueil. lir , & d'en faire un corps qu'il a donné en 1709. à Hambourg in 4o. Colomies a laissé quelques Manuscrits, entr’autres l'Italie & l'Espagne Orien. tale , que le sçavant M. Volfius a publié depuis peu dans la même Ville. Il y a encore des additions & corrections fur plusieurs de ses Ouvrages, qu'il avoit publiez , comme sur la Gaule Orientale , & sur la Vie du P. Sirmond. On a lieu de regretter un petit Ouvrage qu'il avoit intitulé Clef de quelques endroits de Balzac. La collection que M. Fabricius a faite des Ouvrages de Colomies n'étant pas complette , il seroit à souhaiter qu'on donnât un supplément tant de

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