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fie, l'autre à Caffa dans la Cherionefe, un troifiéme à Saltance en Ferle, & le quatriéme à Nafçhivan. Ce dernier eft le feul aujourd hui qui fubfifte, & qui por£ te titre d'Archevêché. Cette Province de Nafchivan a le bon

heur de pofTéder les dignes fuceeiïeurs des Freres Unis, ou de i Union, qui furent en 135-5. incorporés à l'Ordre de faint Dominique. On doit à la fainteté de leur vie & à leurs foins Evangeliques, ce que nous avons déja dit de la fervente piété, & de

inebranlable attachement des Chretiens de la Province de Nafchivan à l'Eglife Romaine.

Pendant que Dieu leur donne leurs propres compatriotes pour, les maintenir dans leur Foi il envoie dans les autres Provinces

ddArmenje& de la Periodes MiUionnaires François, pour cul

Tome III. Q

tiver les Fidéles qu'il s'y efl: réfervés, & pour ramener au feirj de l'Eglife, ceux qui ont eu termineur d'en être éloignés pac leur naiflance, ou qui s'en font volontairement féparés par la corruption de leur efprit 6c de leur cœur. Il faudroit être fur les lieux, pour jouir avec nous de la confolation que nous avons de voir ce troupeau de JefusChrift, tout perféeuté qu'il efl: de tems à autre , s'augmenter en nombre, & croître en piété , & dans l'exafcte obfervance de leurs faintes pratiques , bien plus févères ici qu'en Europe.

Ceux qui vivent au - delà de nos mers, beaucoup plus occupés de leurs grandeurs & des biens du fiécle que de leur falut , feront peu touchés de l'exemple des Catholiques du Levant, & prendront peu de part aux travaux des Millionnaires: nous les plaignons autant que nous avons de reconnoiflance pour ceux qui entrent dans les deffeins de Dieu, "par l'ordre duquel nous avons quitté la France, & qui veulent bien partager avec nous les fruits de nos bonnes œuvres.

C HAP I.TRE VL

Du Rit des Arméniens
Schifmatiques.

LE Rit de cette Nation confifle particulierement dans la Liturgie, dans lesSacremens, dans les Fêtes, dans les jeûnes, dans le Chant, & dans les prieres publiques. J'en ferai autant d'articles.

Article Premier.
De la Liturgie,

Dans les Eglifes, le pavé eft couvert- de nattes pu de tapis; la coutume eft de quitter par refpect fes fouliers lorfqu'on y entre. Les Autels font de pierre, fans Reliques; fimples, étroits , & faits de maniere qu'on peut air fément tourner tout autour. Le Crucifix eft peint, ou lait de nacre de perles , enchaînées dans du bois. Le Calice & la paténe reflemblent aux nôtres. On les couvre d'un voile de crefpon, fans pâle. Le fan&uaire eft féparé de l'Eglife , par un grand rideau , qufon tire pendant le myftère de la fainte Meffe. Il eft rare qu'on dife deux Mefies en un jour dans la même Eglife ; mais on n'en dit jamais qu'une fur chaque Autel,

Le Prêtre qui la dojt dire, couche dans PEglife pendant la femaine. Ori^'y célébre que des Mettes hautes, & toujours à la

fointe du jour; mais la veille de Epiphanie, & la veille de Pâques , les Mefles fe difent le foir.

Le Célébrant porte un bonnet rond, dont la pointe fe termine en croix; fon Aube eft étroite & courte; il a fur chaque bras un manipule, qui eft une efpécc de manche, qui ne monte que jufqu'au coude : fon Etole eft ornée de croix; les extrémités en font étroites. L'Amiâ: du Prêtre eft comme un collier de Moine, d'argent ou d'or, d'où pend une toile fur les épaules; il eft enfuitc revêtu d'une Chape. Les Prêtres affiftans n'ont Amplement qu'une Chape fur leurs habits. Les Diacres ont une Aube>

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