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de 2000. accoururent pour nous voir paffer. A l'entrée du Gouvernement de Kaskar, où nous allions, nous trouvâmes une troupe de Cavaliers que le Kan y avoir envoyés pour nous attendre, ôc pour faire efcorte à M. l'Ambafladeur. Etant arrivés à une portée de canon de la Ville > nous fîmes alte pour attendre que le Kan en fut averti. Quelques heures après , notre Mémondar & celui du Kan nous vinrent prendre, & nous conduifirent à une très-belle maifon, où après avoir pris quelque rafraîchifTement, deux jeunes Seigneurs , accompagnés de leurs Gouverneurs , vinrent complimenter l'AmbaiTadeur de la part du Kan.

Kaskar ne mérite guère le nom de Ville. Il eft divifé endeux parties par la riviere.. Celle par où nous arrivâmes , confifte à une centaine de boutiques de chaque côté, & à deux Caravaféras.

Les maifons qui ont le plus d'apparence , font au-delà de la riviere: celle du Kan eft de ce nombre. Le lieu eft d'un grand abord, & d'un grand commerce. Les mardis il y a un marché célébre , qui y attire un monde prodigieux: le pays eft très-peuplé , & rempli de villages.

Le 3-1. notre gîte étoit marqué fur le rôle de notre Mémondar, à une maifon de campagne ; mais les Payfans pour s'exempter de fournir de l'orge & de la paille , avec les autres chofes néceffaires , avoient rompu & embarraffé le chemin, ôc nous fûmes contraints de camper, 6cde coucher à la belle étoile : nous eûmes toutes les peines du monde à obtenir des maifons voifines, notre nourriture & celle de nos chameaux.'

Le premier Novembre, nous fortunes au plus vite 'd'un 0 mauvais gîte; je me trouvai alors fi incommodé & G foible j qu'il falloit qu'un valet fài derriere moi en croupe pour me : foutenir fur mon cheval. Nous ne fîmes que trois lieues, qui me parurent bien-longues, ôc nous arrivâmes à un jardin du Roi, à un demi-quart de lieue de Rafcht. Le Palais eft grand, & capable de loger commodément un Roi, avec toute fa Cour. Il eft environné de jardins & d'une grofle riviere qui les ferme. On voit lin fi grand peuple dans les rues de la Ville, qu'il n'eft pas aifé de marcher dans celles ou font les boutiques; car du refte les maifons font écartées & difper

fées dans les bois. Il s'y fait un très - riche commerce des Foies du Guilan , qu'on eftime être les plus belles du monde.

Un vieux Marchand, nommé Aurakiel , qui revenoit d'Amfierdam 3 & qui avoit pour Hifpaham plufieurs ballots de marchandifeSj m'aflura que tous les ans il fe tiroit des foies du Guilan pour plus de cinq millions. Comme je n'étois pas le feul incommodé, ôc que prefque toute la fuite de l'Ambafladeur l'étoit auffi ; pour nous donner le tems de nous rétablir, nous demeurâmes trois jours dans ce beau Palais ; mais le mauvais air qu'on refpire dans le Guilan , mettoit grande oppolîtion à notre rétabliffement. Cette Province , qui fournit fi abondamment à la nourriture de fes habitans, les tue par fon air emppfté. Ce qui produit fa fertilité & fa richefle , caufe la corruption de l'air. Cette incroyable quantité d'eau , qui rend la terre féconde, produit des vapeurs, que les forêts arrêtent & empêchent de fe diCfiper; celles fur-tout qui s'élèvent des marais, où l'on fait croître le ris, font très-pernicieufes. La foie même qu'on y prépare , contribue encore à l'infection: d'ailleurs le terrein eft bas, & ferré à l'Occident par une fuite de montagnes , plus hautes que les nues. La chaleur pendant l'Eté , qui s'y concentre , épuife les corps , & caufe mille maladies. Ainfi l'on n'y voit que des vifages pâles , défaits & comme de moribonds. Pour furcroît d'incommodité , pendant les tems pluvieux , il n'eft prefque pas poffible de s'arracher des boues. C'eft auffi ce que fignifie le nom

de

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