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taine de familles Arméniennes , qui ont une petite Chapelle placée fur le toît d'un caravanfcra, ôf deffervie par quatre Prêtres qui n'ont pas grande pratique. Ils s'en confo 1er oient, s'ils avoiënt de quoi fubfifter ; mais ils me dirent qu'ils ne vivoient que de quelques gratifications de caravannes qui vont & viennent, & de quelques aumônes des femmes Mahométanes, pour réciter des prieres fur elles & fur leurs enfans. Pendant que j'étoisà Cafbin , fix Cordonniers apoftafietent, à caufe de la défenfe qui fut faite aux Mahométans d'acheter des marchandifes des Artifans Chrétiens , & de les prendre à leur fervice. Ceft ainfi que le Chriftianifme fe perdroit peu à

fieu dans ces Royaumes bridées , fi la Providence n'envoyoit des Millionnaires pour fortifier les Chrétiens dans leur Foi.

En parlant de Cafbin, je ne ferai pas difficulté de dire qu'Oléarius n'a pas eû raifon de croire que la ville de Cafbin fût dans la Médie, & à une journée des Portes Cafpiennes. Cafbin étoit dans la Parthie , dont la capitale fe nommoit Hécatonpylos, c'eft-àdire, Ville à cent portes, qui étoit, felon Pline, à cent trentetrois mille pas au-delà des Portes Cafpiennes , & felon Strabon , à mille deux cens foixante ftades. Ces deux manieres de mefurer di£ ferent peu entr'elles , 6c revienr lient à quarante lieues.

Les environs de la Ville font plantés de piftachiers qui viennent fort gros. II y a auffi quantité de vignes qu'on Jaiffe aller fans appui, & qui produifent un jraifin d'une douceur admirable,. Qn les couvre de terre pendant L'hyver, pour les préferver du froid & des neiges.

Nous eûmes deux jours de repos à Cafbin. Comme cette Ville eft le rendez-vous des caravannes d'Ardebil, de Tauris & d'Erivan pour Hifpaha-m, & que les relations des Voyageurs ont déja fait connoître cette route ; j'irai plus vite dans la defcription que j'en vais faire.

Nous partîmes le 19. affez tard, pour aller coucher à Monkam , gros Village dont les maifons font terminées en pointe , parce que cette figure leur paroît plus propre pour les défendre contre le froid qui eft long & âpre , & pour les mettre plus à couvert des neiges qui font très-abondantes. Au refte, cette mode de bâtir n'eft pas nouvelle en ce Pays.

Quinte-Cutce a remarqué qu'elle y étoit en ufage du tems d'Alexandre. A quelque diftance de Monkam nous rencontrâmes le beau pavé que la Reine Mere de Cha-Uflain fit faire, quand ce jeune Prince alla à Cafbin, felon ia coutume des Rois de Perfe qui alloient s'y faire ceindre de l'épée Royale. Le pavé a plus de deux lieues de longueur , & traverfe une agréable plaine ; nos Voyageurs admirent cet ouvrage. La Reine qui le fit faire , fit auffi conftruire plufieurs ponts qui tombent aujourd'hui en ruine. J'ai déja remarqué ailleurs que le génie du Pays n'eft pas de réparer les ouvrages détruits. Chacun ne fonge qu'à foi, &.qu'à faire fubfifter fa maifon pour lq tems de fa vie. Un Perfan & un Arménien abandonne pour l'ordinaire la maifon de fon pere y ou l'abat pour s'en bâtie

une une autre. Il eft aifé de conjecturer que ce ne font pas des édifices fondes ni magnifiques.

Notas nous préfentâmes à un gros Bourg pour y loger; mais foie que les habitans fuflent exempts de logemens d'Ambafladeurs, ou qu'ils enflent traité fecrettement d'une fomme d'argent pour s'en exempter , ils prétexterent l'abfence de leur Calenther, maître des Cérémonies, & nous congédierent honnêtement j en nous offrant cependant des rafraîchiffemens. Ainfi il fallut aller chercher à nous loger dans un autre Bourg nommé Arafang, où nous fumes reçus dans une maifon belle autrefois , mais à préfent à demi ruinée. Nous marchâmes tout le jour 21. du mois dans une grande campagne, où nous ne trouvâmes qu'un caravanfçra qu'on Tome llh V

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