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Dans le bonheur qu'il envisage, .

Vous charme tant qu'il vous engage A changer pour jamais & d'état & d'humeur. Vous renoncés enfin aux honneurs de la

guerre; ' Et toute la splendeur du plus beau Cime

.. terre
N'a plus pour vous aucun appas :
Ma foy vous ne vous trompés pas,
Mars ne vaut point, à le bien prendre,

Le plus grand bien qu'il fait attendre , N'est qu'un vain bruit, qui n'a que le vent

pour apuy, Et qu'on paye demain, si ce n'est aujourd'huy. L'amoyr ne conçoit pas ces vanitez étranges: .. Il' n'offre que des biens réels; · Et quoy que courts , li naturels,

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Et pour bouclier que des draps, -Votre adversaire alors, cherchant son avan

tage, Et voulant profiter de ce foible équipage,

Pourra souvent vous mettre à bas.
Pensez-y bien, cette infortune
N'est dans l'himen que trop commune :

Veuille le Ciel vous en garder.
Cette grace, Tircis , aussi rare qu'extrême,
Ent le seul bien pour vous qu'on peut luy de-

mander; Tous les autres il vient de vous les accorder ; Vous aimés une Epouse , une Epouse vous

aime.

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Ces vers ne déplurent point . au mari ni à la femme; au con

traire, ils en témoignerent leur remerciment à l'Auteur, par une lettre fort obligeante qu'ils luy écriyirent sur ce fujet. Qui auroit crû qu'une Perdrix auroit été la cause d'une avanture fi belle , qui a été fi bien conduite, & fi honorablement terminée ? Cela nous fait bien voir qu'il ne faut jamais rien negliger ; que de petites choses en produisent souvent de grandes ; & qu'en amour comme en guerre, le succès dépend presque toujours du commencement:car par l'échantillon on juge de la piéce.

Quoy que la nouvelle que nous

allons dire n'ait pas beaucoup de raport à celle que nous venons de raconter, nous ne laisserons pourtant pas d'en faire icy mention, à caule des évenemens curieux dont elle est remplie.

Un jour qu'il faisoit un brouil. lard propre pour la chasse des Becasses , le Baron de la Tour qui aimoit extrêmement cette chaffe, ne manqua point d'y aller; il avoit déja tué deux ou trois Becasses lorsque le brouillard auga menta, & qu'on entendit, sans pouvoir rien discerner, un bruit confus d'Oyseaux, mais si grand, que tous les habitans des envi. rons sortirent de chez eux pour voir ce que c'étoit. Ils furent fort surpris d'appercevoir quantie té d'Oyseaux qui tomboient de tems en tems à terre , dont les uns étoient morts, & les autres expirans. Quand le brouillard fut

entierement dissipé, le soleil fe trouva obscurci durant plus d'une heure par une infinité d'Oyseaux qui formoient en l'air un ombre qui contenoit plus d'une lieue d'étendue. Ces Oyleaux compo. soient deux grands corps d’armées qui étoient rangées en bataille , & qui escadronoient avec ordre les uns contre les autres, Quand ils avoient combattù quelque tems ils reprenoient leur poste , pour laisser combattre les autres à leur tour. Lorsqu'ils se trouvoient rompus, ou accablez par un plus grand nombre , ils se ralioient derriere ceux qui étoient le moins engagés dans la bataille , & aussi- tôt ils tetournoient à la charge avec plus d'ardeur que jamais. Cela dura quelque temps de cette maniere, lorsque tout d'un coup les deux armées se mêlerent avec un bruit

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