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épouvantable qui fit fremir les spectateurs. On voyoit quelquefois des oyseaux si fort acharnez les uns contre les autres., que pour mieux combattre, ils se dégageoient de la mêlée., & fe devoroient en l'air ; d'autres qui ne. pouvant plus soutenir l'effort de leurs ennemis , feignoient de s'enfuir pour prendre haleine ; & ensuite se partageant par pelotons, les attaquoient en tête, en queue & en flanc. Ceux qui tomboient à demi morts, sembloient vouloir encore combattre , en donnant contre terre des coups d'aî·les, de pates & de bec ; & les cris

& les écumes qu'ils jettoient ne marquoient que trop la rage & le desespoir de leur défaite. En fin ce combat fut si rude & fi opiniâtré, qu'on trouva dans la plainie plus de deux mille Oyfeaux tant morts que mourans.

On a remarqué que les vaincus étoient presque tous étrangers ; qu'il y avoit parmi eux des Corbeaux blancs, des Cicognes & des Orfrayes; que les vainqueurs étoient des Oyseaux du pays qui, après leur victoire , vinrent fe reposer sur les Eglises & sur les maisons voisines ; où par leur ramage ils chanterent leur triom.

phe d'une maniere agreable , tan- dis que les autres sans rien dire,

precipiterent leur retraite du côté du Nort. :

Voilà de quelle maniere cette bataille se passa , elle est fort surprenante ; & je ne doute pas que les incredules ne la traitent de fiction ; mais qu'ils lisent les Hiftoriens Greques & Romaines, ils verront des évenemens semblables arrivez presque dans tous les siecles, & les jugemens heureux ou ma heureux que les peuples en faisoient.

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de cet animal, qu'elle croyoit être - le Phenix des Oyseaux, ou le Roy

de la bataille. Comme le Baron étoit naturellement genereux, & qu'il connut que cette aimable Demoiselle, auroit bien voulu avoir cet Oyseau , il le luy offrit; elle n'osa d'abord l'accepter, mais il l'en preffa avec tant d'instance, & de si bonne grace , qu'elle l'accepta. Le Baron accompagna la Demoiselle jusques chez elle, qui n'étoit qu'à cent pas du lieu où ils étoient. C'étoit une maison fort belle, & très - proprement meublée. Elle a partenoit à une Tante. chez qui la Demoiselle :: demeuroit. Cette Tante demeurée. veuve sans aucuns enfans, ayant toujours aimé le monde, étoit ravie qu'une jolie Niéce luy attirât une grotte cour, La Belle: tiroir tous les ans de fon Tuteur, une somme allez confiderable

qu'elle employoit en ajustemens de mode ; & la Tante qui la regardoit comme sa fille , contribuoit de sa part à luy fournir toute la parure , qui touche si fort les jeunes personnes. Ainfi elle changeoit souvent d'habits ; & comme elle avoit les traits delicats & le teint fort vif , il n'y en avoit aucun qui ne luy donnât quelque éclat nouveau. C'étoient par là tous les jours de nouveaux sujets de l'admirer pour tous ceux qui l'aprochoient.

Le Baron qui avoit envie de fe marier, s'attacha auprès de la Demoiselle, qui par sa conduite toujours 'eguliere, s'étoit acquise une estime generale : Il parla , il fut écouté ; & les foins qu'il luy rendit luy faisant connoître que fon cæur étoit touché, eurent le fuccès qu'il en avoit attendu. Enfin la Demoiselle se montra sen

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